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10/06/2020 13:54

JUSTICE : «Toutes les vies comptent» déclare le procureur de la République de Dijon

Dans «un contexte délétère», Éric Mathais a livré ce mercredi 10 juin son point de vue sur des situations en France et aux États-Unis «bien différentes». «La police et la justice travaillent pour la sécurité de tous, quelque soit l'origine et la couleur de peau» a-t-il tenu à indiquer.
L'affaire de l'enlèvement du fait d'un règlement de comptes après une escroquerie sur fond de trafic de stupéfiant qui a permis de retrouver un jeune homme prisonnier dans un coffre de voiture donne matière à réflexion sur un plan sociologique pour le procureur de la République de Dijon.

Pour Éric Mathais, la situation résolue en quelques heures avec d'importants moyens policiers apparaît comme «une illustration de ce que la police travaille au profit de tout le monde, de tous les citoyens qui viennent déposer plainte quelque soit leur histoire personnelle juridique – est-ce qu'il ont déjà été condamnés ou pas ? - quelque soit leur couleur de peau».

«Aucun amalgame à faire entre l'affaire George Floyd et les affaires françaises»


Au lendemain d'une manifestation «en hommage aux victimes du racisme» ayant eu lieu ce mardi 9 juin à Dijon où certains participants ont souhaité faire le lien avec les «violences policières» et la situation ayant conduit au décès d'Adama Traoré en 2016, Éric Mathais constate «un climat délétère» (lire notre article).

La manifestation de Dijon a été prolongée par des heurts entre quelques participants et les forces de l'ordre rue de la Préfecture et en marge d'une manifestation à Metz samedi 6 juin dernier, un procureur de la République a été hospitalisé après une blessure du fait d'un jet de pierre.

«Pendant que les manifestants de Dijon essaient d'en découdre avec les forces de sécurité intérieure et qui prétendent que la police est raciste et violente, d'autres, en faisant bien leur travail, démontrent que la police et la justice travaillent pour la sécurité de tous, quelque soit l'origine et la couleur de peau. Pour nous, toutes les vies comptent dans une acception républicaine» lance le procureur de la République de Dijon. «La situation est bien différente en France, de mon point de vue, de celle des États-Unis d'Amérique. Il n'y a absolument aucun amalgame à faire entre l'affaire George Floyd et les affaires françaises».

«Une police républicaine et égalitaire»


Pour Magali Caillat, directeur régional Bourgogne-Franche-Comté de la police judiciaire, cette situation d'enlèvement est «une affaire exceptionnelle sur lequel le terrain on évolue». Elle fait écho «l'ensemble des actions qui, au quotidien, nous conduisent à accompagner des victimes quelque soit évidemment leur milieu socio-professionnel ou territorial». Ce qui est révélateur «d'une police républicaine et égalitaire».

Dans ce contexte, «avancer du racisme systémique dans les rangs de la Police nationale est particulièrement mal vécu. En tant que chef de police, je n'accepte pas ce discours ambiant tout en laissant de côté des agissements qui, s'ils existent, doivent être punis».

Jean-Christophe Tardivon

Un jeune homme enlevé pour un règlement de comptes et libéré par la BRI de Dijon