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21/06/2024 17:54

LÉGISLATIVES : Marie-Guite Dufay en campagne aux côtés des candidats investis par le PS

Après Nicolas Soret dans l'Yonne et avant Cécile Untermaier dans la Saône-et-Loire, la présidente de la Région Bourgogne-Franche-Comté a fait étape à Dijon, ce vendredi 21 juin, pour soutenir Océane Godard.
Le Parti socialiste mène deux batailles durant ces élections législatives anticipées. Un premier combat vise à barrer la route au Rassemblement national. Un second engagement cherche à limiter l'influence de La France insoumise au sein du Nouveau Front populaire.

Pour participer à ces batailles, Marie-Guite Dufay (PS), présidente du conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté, a prévu de participer à plusieurs actions militantes pour soutenir des candidats investis par le PS et Place publique dans le cadre de l'accord électoral du Nouveau Front Populaire : Nicolas Soret (PS), dans la troisième circonscription de l'Yonne, Éric Houlley (PS), dans la deuxième circonscription de la Haute-Saône, Cécile Untermaier (PS), députée sortante de la quatrième circonscription de la Saône-et-Loire, et Océane Godard (PS), dans la première circonscription de la Côte-d'Or.


Ce vendredi 21 juin 2024, Océane Godard, élue dijonnaise à la Ville ainsi qu'à la Métropole et vice-présidente de la Région Bourgogne-Franche-Comté, avec son suppléant Stéphane Woynaroski (PS), conseiller municipal de Talant, président de l'Agence régionale de la biodiversité et conseiller délégué de la Région, ont accueilli Marie-Guite Dufay le temps de tracter autour des halles centrales dijonnaises.

Une action militante en compagnie de Jeunes socialistes, de Verts et de communistes


«On est uni sur l'essentiel !» Tout en distribuant des tracts, Marie-Guite Dufay insiste auprès des citoyens sur les «valeurs» portées par les socialistes au sein du Nouveau Front populaire. «Face à la menace du Rassemblement national, c'est important de montrer ce que l'on veut faire», c'est le message qu'elle souhaite faire passer quand les échanges sont relativement brefs.

Reconnue par des sympathisants socialistes ou tout simplement par des citoyens au fait de l'actualité politique régionale, Marie-Guite Dufay répond volontiers aux sollicitations. Des conversations s'engagent alors pendant plusieurs minutes. «C'est l'occasion de parler à la présidente de la Région», glisse ainsi un acteur culturel dijonnais.

Autour d'elle, la candidate et son suppléant, ainsi que des Jeunes socialistes, conduits par Guillaume Girault, leur animateur en Côte-d'Or, et des élues locales des composantes du Nouveau Front populaire comme Marie-Odile Chollet (PS), Aurore Lagneau (EELV-Les Écologistes) ou encore Marie Poinsel (PCF).

L'accueil réservé par les passants est courtois, les habitués du marché savent qu'en période électorale les tractages se multiplient.

«Mon camp, c'est celui de la gauche», assure Marie-Guite Dufay


«C'est extraordinaire qu'en quatre jours, les gauches aient pu s'unir», commente Marie-Guite Dufay, «il y a encore des choses qui seraient à travailler». «L'essentiel nous unit, la défense des valeurs de liberté, d'égalité, de fraternité. Nous voulons une France qui reste ouverte, ouverte aux autres, ouverte aux étrangers, où la haine et le racisme soient bannis. Le Rassemblement national nous annonce tout le contraire donc le péril est immense. (…) Nous avons pris nos responsabilités pour la France !»

«Mon camp, c'est celui de la gauche», revendique Marie-Guite Dufay qui regrette implicitement «les positionnements à géométrie variable» de certains élus au regard du soutien ou de l'opposition à Emmanuel Macron : «je pense qu'on alimente le procès contre les politiques». «Les Français ne croient plus à la politique, il faut être fier de ses convictions, droit dans bottes et s'y tenir.»

«Grâce à la campagne de Raphaël Glucksmann, nous remontons la pente»


Marie-Guite Dufay souligne les évolutions par rapport à la Nouvelle Union populaire écologique et sociale (NUPES) de 2022 : «le Parti socialiste est nettement plus important, il était laminé, il y a deux ans». «Grâce à la campagne de Raphaël Glucksmann, nous remontons la pente.»

Lors des élections législatives consécutives à la présidentielle où Jean-Luc Mélenchon (LFI) avait récolté 21,95% des suffrages quand Anne Hidalgo (PS)  atteignait péniblement 1,74%, La France insoumise et ses partis apparentés s'étaient vus attribuer des investitures dans 326 circonscriptions contre 70 pour le PS.

À la suite des dernières élections européennes où la liste menée par Manon Aubry (LFI) a recensé 9,89% et celle conduit par Raphaël Glucksmann (PP) 13,83%, l'accord électoral du Nouveau Front populaire a traduit ce rééquilibrage : 229 circonscriptions pour LFI, 175 pour le PS et Place publique.

Malgré cette centaine d'investitures supplémentaires, les socialistes les plus critiques à l'égard des Insoumis craignent que ces derniers se soient réservés les territoires les plus gagnables.

L'Assemblée nationale sortante comptait 131 membres de l'intergroupe de la NUPES dont 75 Insoumis et 31 socialistes.

«Aux États-Unis, le programme de Joe Biden, c'est un peu celui du Front populaire»


Ce même jour, les représentants du Nouveau Front populaire ont présenté les grandes lignes de leur programme économique : SMIC à 1.600 euros net mensuel à la charge des entreprises avec des aides pour les TPE, abrogation de la réforme des retraites et de la nouvelle réforme de l'assurance-chômage, 10% du hausse du point d'indice des fonctionnaires, 10% d'augmentation des APL, gratuité des frais de cantine, du périscolaire et des transports pour les élèves.

Le levier de la fiscalité serait activé pour financer ces mesures : impôt sur la fortune, imposition des superprofits, taxes sur les actions d'entreprise, suppression de niches fiscales, hausse de l'impôt sur le patrimoine, nouvelle répartition des tranches d'impôt sur le revenu, impôt sur le chiffre d'affaires des multinationales et taxe sur les transactions immobilières (retrouver l'article du Parisien).

«Face aux dépenses supplémentaires, il peut y avoir d'autres types de recettes», analyse Marie-Guite Dufay, «aujourd'hui, la baisse des impôts, donc le manque de recettes pour l’État, a concerné des catégories qui aurait pu payer des impôts supplémentaires donc on s'est privé de recettes.» «L'idée est d'aller chercher des recettes là où il y a de l'argent. (…) Nous défendons un programme de rupture . (…) On revient à un clivage qui est démocratique. On ne défend pas la même chose que la droite. On n'est pas sur des politiques ultra-libérales. On est sur des politiques de redistribution, des politiques keynésiennes. C'est ce qui se passe aux États-Unis, le programme de [Joe] Biden, c'est un peu – en beaucoup plus grand – celui du Front populaire. C'est redonner du pouvoir d'achat pour relancer la machine grâce à une répartition plus égalitaire.»

Aux États-Unis, depuis 2021, l'administration Biden suit une politique en partie  d'inspiration keynésienne consistant à stimuler la création d'usines par des emprunts massifs avec l'objectif de générer une croissance importante.

Cette accentuation de la dette publique est possible en raison de la position géopolitique des États-Unis au regard des prêteurs. Elle est serait envisageable à l'échelle de l'Union européenne – qui a produit en 2023 un Plan industriel vert considéré comme bien timide à l'aune des investissement américains – plutôt qu'en France.

De plus, les Bidenonomics s'appuient sur l'innovation et la production, il s'agit d'une politique de l'offre quand le Nouveau Front populaire veut revenir à une politique de soutien de la demande comme l'avait fait François Hollande.

«Aujourd'hui, dans notre pays, que des gens qui travaillent ne puissent pas s'en sortir, ça doit nous amener à autre chose», alerte la socialiste, «on propose des ruptures, quelque chose de différent». «Ce n'est pas possible que continuer sur ce type de société».

«L'essence du Rassemblement national, c'est l'antisémitisme»


Alors que le Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF) a appelé le PS à rejeter une alliance avec La France insoumise (lire le communiqué), Marie-Guite Dufay se dit «effarée par ces prises de position où l'histoire est niée». «L'essence du Rassemblement national, c'est l'antisémitisme, c'est le racisme, c'est la lutte contre les juifs.»

«On a perdu tout lien avec l'histoire», déplore la socialiste. «On ne peut pas mettre sur le même terme des propos sûrement excessifs qui ont été exprimés par des membres de LFI qui ne sont pas antisémites. Parce qu'ils défendent le peuple palestinien, ils sont catalogués antisémites. On peut défendre le peuple palestinien et, à côté, être pour le peuple juif. Par contre, on est contre le gouvernement Netanyahou. Ce n'est pas pour ça qu'on est antisémite.»

Marie-Guite Dufay cible Julien Odoul


Dans ce contexte historique, Marie-Guite Dufay cible tout particulièrement Julien Odoul (RN). Tout à la fois conseiller régional d'opposition, député de l'Yonne et porte-parole du Rassemblement national, Julien Odoul est considéré comme ministrable dans un éventuel gouvernement Bardella mais aussi comme un chef de file potentiel aux régionales de 2028. Le député sortant de la troisième circonscription de l'Yonne affronte donc Nicolas Soret ainsi que Michèle Crouzet (Modem).

«Nous connaissons ses outrances idéologiques et son calme, son habileté verbale depuis quelques temps», déclare Marie-Guite Dufay, «nous savons que, derrière ce calme, se cachent des choses que nous ne pouvons absolument pas cautionner sur le rejet de l'autre, sur les rejet des immigrés, sur la haine qui s'exprime régulièrement vis à vis de ceux qui sont différents».

En cas d'élection à la députation des candidats soutenus, assurant des fonctions exécutives à la Région, la présidente de la collectivité aurait à reconfigurer les attributions en raison de la règle du non-cumul des mandats.

Jean-Christophe Tardivon

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