
Le récent incendie à
Reims qui a causé le décès quatre personnes dans un immeuble, pointe du doigt l’embrassement
d’une trottinette. Comment en est-on arrivé à un tel drame ? Comment les
éviter ? Pour Infos Dijon, Alexandre Durier de Trotti + donne des
explications.
Alexandre Durier, 23 ans, diplômé en système d’information
numérique, passionné d’informatique et d’électronique, a, au début de cette
année 2025 ouvert sa boutique de réparation de trottinettes électriques rue
Jean Jacques Rousseau à Dijon. Son nom : Trotti +. Sa démarche vise avant tout à réparer pour
prolonger la durée de vie des trottinettes et ainsi réduire le gaspillage, plutôt
que de remplacer immédiatement les pièces défectueuses.
Annecy, Angers ou encore récemment Reims, les incendies
mettant en cause des trottinettes se multiplient. Souvent liés à une mauvaise
recharge, le spécialiste dijonnais Alexandre Durier responsable de Trotti + fait le point
et se veut rassurant.
«Il faut savoir que ces
moyens de transports qui ne sont pas des jouets, contiennent des batteries au
lithium. Et comme les téléphones, les hoverboards, ou tout autre produit, ce sont des articles dotés de
technologie très réactifs, c’est pour cette raison qu’ils restituent de l’énergie.
Si le matériel est de mauvaise qualité et mal conçu, l’énergie va se décharger
de mauvaise façon. C’est ce que l’on peu appeler un emballement thermique avec un
risque d’incendie au niveau des batteries, qui peuvent aussi se gonfler et se
percer. Voilà pourquoi, certaines, je dis bien certaines trottinettes prennent
feu, comme peut brûler un téléphone ou un ordinateur»
«Je suis inquiet pour
les vieux téléphones»
Alexandre Durier :
«Pour les téléphones, on a tous en mémoire certains Samsung qui explosaient il y a quelques années, ou
encore les hoverboards interdits de transport en avion. En fait tout ce qui
contient des batteries au lithium, sont des produits qui peuvent potentiellement
prendre feu. Mais moi je suis beaucoup plus inquiet pour le téléphones portables qui ne servent plus et que l’on laisse négligemment trainer au
fond d’un tiroir pendant des années. Ils se déchargent progressivement et atteignent
des niveaux de tension très aléatoire»
Le choix d’une bonne
batterie
«Je voudrai rassurer
un peu tout le monde. Les batteries sont conçues pour pouvoir délivrer de la
puissance, à condition de ne pas les acheter n’importe sous prétexte qu’elles
sont moins onéreuses sur tels ou tels sites. Il y a beaucoup de paramètres à
mettre en ligne de compte, comme la qualité d’assemblage, la qualité des
accu’ à l’intérieur, mais aussi le lieu ou vous l’achetez. Il faut aussi savoir
si elles ont été conçues avec des cellules de qualité, des cellules Eve ou
chinoise. Certains n’auront aucun scrupule à vous vendre une batterie avec du
vécu et qui auront, par exemple, à l'intérieur des séries déjà déchargées. Ce
sont autant de potentiels problèmes qui peuvent mener à une cassure ou à des
cas plus graves comme des emballements thermiques et à l’embrasement des
batteries»
Comment reconnaitre une
bonne batterie ?
«Je reconnais que c’est
difficile. De l’extérieur il n’y a pas de possibilité de savoir si la batterie
est fiable. Elle le sera si vous achetez votre matériel chez un professionnel
ayant pignon sur rue. Moi je connais bien les batteries, donc sur demande je
peux checker le matériel pour vous rassurer. Pour ce qui est du sigle, CE, qui
matérialise l’engagement du fabricant du produit sur sa conformité fixées par la
réglementation communautaire, il est assez facile de l’apposer soi-même et donc
par n’importe quel pays. Donc prudence. Encore une fois une batterie de
trottinette à 20 ou 30 euros, ça n’existe pas. Ces batteries-là, sont faites
avec des assemblages de très mauvaises qualités, fabriquées avec des cellules
récupérées sur plusieurs ordinateurs. Donc, là, il y a un vrai danger»
«Il faut savoir
entretenir la batterie de sa trottinette»
«Une batterie au lithium
a une réaction chimique. Il faut donc en prendre soin, en la protégeant des
trop fortes chaleurs et surtout des grands froids. On ne stationne pas sa
trottinette l’hiver dans un garage par des températures excessivement basses.
Il faut que votre batterie soit dans un environnement tempéré et sec. Concernant
l’eau, sur un court instant, comme rouler sous la pluie, ce n’est pas forcément un problème. Il faut juste veiller à ce que l’eau s’évacue avant
de recharger votre batterie pour éviter un court-circuit. Le rechargement, lui,
se veut de préférence long, à faible intensité, pour éviter un emballement
thermique»
Les bons conseils
«Si vous avez un
doute, un souci sur votre batterie, allez voir un vrai professionnel. Un soupçon
de panne pris très en amont peut vous éviter la création de problèmes
supplémentaires. Si par exemple, un matin en hiver, votre trottinette
galère à démarrer, vous avez potentiellement une série d’accu’ dans vos bacs de
batteries qui baissent en tension. Et avant que votre système de gestion de
batteries ne coupe complètement, je peux essayer de la recharger pour prévenir
un problème plus grave. Une petite expertise, un démontage, on regarde ce qui
se passe, même pour un petit bruit suspect. C’est le bon plan plutôt que de
continuer à rouler et risquer d’engendrer de graves problèmes comme des incendies»
Norbert Banchet
Photos : N.Banchet
Infos pratiques
Trotti + : 91 rue Jean Jacques
Rousseau – Dijon
Téléphone : 03 80 35 45 20
Site : trottiplus.com SÉCURITÉ ROUTIÈRE : Quand la trottinette tente de se faire une place au cœur des centres-villes


