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22/02/2020 03:13

MUNICIPALES À DIJON : Damien Cantin reçoit le soutien de La droite populaire et accueille Jean-Paul Garraud

Le député européen Jean-Paul Garraud, ex-LR ayant fondé le mouvement de La droite populaire, est venu ce vendredi à Dijon soutenir la liste Rassemblement dijonnais menée par Damien Cantin. Il incite à créer des alliances avec «des patriotes de droite, de gauche»
Actuellement en tournée en France pour soutenir des candidats aux municipales, Jean-Paul Garraud a fait étape ce vendredi 21 février 2020 pour conforter Damien Cantin et sa liste Rassemblement dijonnais. Secrétaire général du mouvement de La droite populaire, Jean-Paul Garraud apporte ainsi la caution d'un rapprochement à l'élu du Rassemblement National.

Ancien magistrat, membre de l'UMP puis des Républicains de 2002 à 2019, député de la Gironde de 2002 à 2012, Jean-Paul Garraud siège à présent au Parlement européen. Il fait partie des seize députés européens élus avec Jordan Bardella en juin 2019 sur la liste du Rassemblement National.

«Un mouvement associé au Rassemblement National»


Interrogé par Infos-Dijon sur son positionnement, Jean-Paul Garraud définit lui-même La droite populaire comme «un mouvement associé au Rassemblement National». L'association politique a été créée le 14 juillet 2010 au sein de l'UMP par une cinquantaine de députés, dont Thierry Mariani, pour «pousser Nicolas Sarkozy à faire les réformes qu'ils avaient annoncées lors de second programme présidentiel de 2007».

Ayant quitté les Républicains et s'étant rapproché de Marine Le Pen, Jean-Paul Garraud assure qu'il n'a «pas changé d'idées» ; «j'ai une fibre RPR, UMP bien sûr, beaucoup gaulliste, bonapartiste, quelque chose qui est très présent dans le cœur de très nombreux Français». Ses propos lors des élections législatives de 2012 avaient fait polémique quand il avait déclaré avoir «des valeurs communes avec les électeurs du Front National» ; le Girondin Alain Juppé lui avait retiré son soutien localement.

«Il ne faut pas s'interdire des alliances électorales»


Comme dans 160 villes, Jean-Paul Garraud apporte le label «Droite populaire» à la liste du Rassemblement dijonnais pour «tout simplement faire sauter les digues, franchir les lignes rouges, briser le plafond de verre». Le «cordon sanitaire» républicain autour du Front National puis du Rassemblement National est vu par le député européen comme un dispositif pour «faire perdre la droite au sens large du terme et faire gagner des partis politiques qui ne sont pas majoritaires». «Il ne faut pas s'interdire des alliances électorales, (…) la gauche le fait, pourquoi pas la droite» lance le député européen.

«Évidemment, nous ne sommes pas des extrémistes» insiste-t-il, refusant l'étiquette d'extrême-droite. Il vient encourager à Dijon une liste «ouverte» où il y a des colistiers qui ne sont pas apparentés à un parti politique (retrouver notre article sur la liste). À ses yeux, le «sens de l'histoire» va vers une rupture des «digues» en question et la possibilité d'alliances autour du Rassemblement National. Jean-Paul Garraud est admiratif de «la passion de la France» de Marine Le Pen et lui trouve «beaucoup de courage».

S'il n'a pas changé, les préoccupations des Français n'auraient pas changé non plus : «on a un problème numéro un qui est la sécurité et ensuite un second sujet qui est la perte d'identité de notre pays. Nos concitoyens ne sont pas racistes, au Rassemblement National, on n'est pas raciste non plus mais on ne veut pas perdre cette identité. On est prêt à accueillir tous les gens qui respectent les lois de la République».

Concernant l'Europe, «on est pour l'Europe mais pas l'Europe actuelle de Bruxelles» signale-t-il. «Il faut faire en sorte que l'Europe soit ouverte à condition de protéger nos concitoyens en matière économique, sociétale, sociale, régalienne... Le principe de souveraineté !»

Interrogé sur un rapprochement qui arrive opportunément alors que l'alliance avec Debout La France a fait long feu au niveau national, Jean-Paul Garraud s'inscrit en faux et cite la liste de Saint-Hilaire-de-Riez (Vendée) où des militants de Debout La France seraient présents sur la liste du Rassemblement National.

Pour sa part, Damien Cantin met en avant «le rassemblement de ces patriotes de droite, de gauche, de n'importe quelle famille politique qui nous rejoignent aujourd'hui» en citant le cas de l'ex-Insoumis Andrea Kotarac. Selon le candidat aux municipales, «les militants des Républicains pensent à 95% comme nous mais n'osent pas sauter le pas».

«Dijon, c'est quand même compliqué pour nous»


La réunion commençant, le député européen est accueilli par Sylvie Beaulieu (déléguée départementale du Rassemblement National pour la Côte-d'Or) qui lui explique avoir besoin de soutiens car «Dijon, c'est quand même compliqué pour nous».

Devant une trentaine de sympathisants invités à cette rencontre avec le député européen, dont quelques colistiers, Damien Cantin motive ses troupes : «la bataille ne fait que commencer, on va faire le maximum pour aller les 15, voire les 18%, et peser dans ce conseil municipal et Dijon métropole».

Le candidat cite d'emblée le point «sécurité» de son programme en évoquant vouloir 100 policiers municipaux «à très court terme» pour arriver «en fin de mandat» à 150 policiers municipaux, soit un ratio de 1 pour 1.000 habitants. Sur le point «écologie», Damien Cantin se contenterait de 6.000 plantations d'arbre durant le mandat. Il préfère développer le point du «localisme» en imposant «50% minimum de circuits courts dans tous les restaurants scolaires de la Ville» sans viande «issue d'abattage rituel».

À Dijon, «des gens un peu bobo-gaucho-écolo»


Prenant la parole, Jean-Paul Garraud remonte dans le temps et revient sur son expérience de parlementaire à l'Assemblée nationale. Il explique comment il profitait de votes très tard dans la nuit pour mobiliser ses proches et faire passer des lois qui allaient au-delà de ce que voulait le gouvernement pourtant de la même majorité.

Après différentes anecdotes et commentaires de l'actualité politique, le député européen fait maintenant part de son expérience à Bruxelles et Strasbourg. Il participe au groupe Identité et démocratie qui se revendique «premier groupe d'opposition» et, en additionnant le groupe des Conservateurs et réformistes européens, il arrive à «200 députés souverainistes» [NDLR : parmi 705 parlementaires européens]. Compte-tenu de ce poids politique, Jean-Paul Garraud déplore que ses colistiers aient été écartés de «tous postes à responsabilité» au sein du Parlement.

Mobilisant son passé de magistrat, Jean-Paul Garraud développe la thématique de la sécurité en critiquant le principe du «traitement social de la délinquance» visant à aider à la réinsertion. Il fustige «une perversion dus système» aboutissant au «paradoxe» de gens «honnêtes» qui ne seraient pas aidés et de délinquants qui seraient accompagnés. Il voit là «un sens par rapport à la révolte des gilets jaunes : toujours l'injustice».

De la même façon, il s'insurge devant le retour «des gens qui reviennent de Syrie, d'Irak et d'ailleurs», ce qui serait un «non sens juridique» : «on met tout en place pour réinsérer dans la société des gens qui détestent la société». «Puisqu'on déclare la 'guerre au terrorisme', il faut désigner l'ennemi, avoir les moyens matériels et mettre en place des moyens légaux (…) donc mettre en place une législation 'de guerre', un régime spécial» assène-t-il.

Revenant sur la question des élections municipales, Jean-Paul Garraud trouve des similitudes entre Bordeaux et Dijon au-delà des questions vinicoles. Pour lui, il s'agit de populations électorales comparables, avec «des gens encore un peu protégés, un peu bobo-gaucho-écolo». Il ajoute «pas forcément très courageux» en pensant aux jeunes Républicains qui «ont peur de perdre leur place alors qu'ils pensent exactement la même chose que nous».

Le député européen annonce la prochaine sortie, le 26 février, d'un livre blanc sur les questions de sécurité. D'autres suivront afin de constituer les fondations d'un programme présidentiel pour 2022, rappelant ce que Damien Cantin avait déjà assumé, que les élections municipales ne sont qu'un jalon dans la course à l’Élysée.

Jean-Christophe Tardivon