Recherche
> Vie locale > Vie locale
13/02/2020 17:25

MUNICIPALES À DIJON : Les faux «PV» de Damien Cantin pourraient se retourner contre lui

L'élu du Rassemblement National en tête de la liste Rassemblement dijonnais pour les municipales a voulu faire le buzz par un tract très proche d'un «PV» de Divia. Une fois passé le temps de l'action de campagne, Keolis Dijon Mobilités se réserve la possibilité d'agir en justice.
La nuit est tombée depuis quelques heures déjà ce mardi 11 février 2020 quand une dizaine de personnes se retrouvent place du Trente-Octobre à Dijon. Elles s'échangent des liasses de papiers avant de se répartir les quartiers de la ville. Il s'agit de l'équipe de campagne du Rassemblement dijonnais qui se préparer à tracter. Aux municipales, la liste est soutenue par le Rassemblement National et la Droite populaire.

Protester contre le stationnement payant


Damien Cantin explique alors la démarche : protester contre le «racket» que subiraient les automobilistes dijonnais du fait des emplacements de stationnement payants. Le tract peut faire penser à un «PV» de Divia. Tout comme les forfaits post-stationnement (FPS) à payer quand on dépasse le temps imparti, il sera glissé sous un essuie-glace.

Côté face, un logo évoque le nom du candidat puis donne des indications sur l'émetteur du document, en l’occurrence le «RN», ainsi que sur l'objet : «propositions stationnement». Une proposition détaillée un peu plus bas : «gratuité le samedi et la 1ère heure offerte en semaine». Bien entendu, les montants à payer de ce faux FPS sont à zéro. Le tract précise aussi quels jours aller voter et tacle la «majorité socialiste».  Côté pile, les portraits de Damien Cantin et de Marine Le Pen sont accompagnés du message «Stoppons le racket».

Damien Cantin explique vouloir faire le buzz avec un document qui serait plus efficace qu'un tract distribué sur le marché par exemple. L'idée et la réalisation viennent du candidat, il ne s'agit donc pas d'une initiative nationale. La mise en page a été réalisée de façon artisanale et les documents tirés à 5.000 exemplaires. L'objectif est que les conducteurs prennent le temps de consulter le tract et le candidat compte sur un effet de «soulagement» en constatant qu'il n'y a rien à payer. Reste à savoir si cela suffit pour adhérer au message.

Les agents Divia interviennent pour éviter «les confusions»


Dès le matin suivant, le 12 février 2020, les réseaux sociaux s'emparent de la polémique. Qui applaudit, qui proteste. Divia est même interpellée pour en savoir plus. Les agents de Divia Park sont alertés pour être à même de répondre aux automobilistes et éviter «les confusions».

Néanmoins, l'action de campagne de Damien Cantin pourrait se retourner contre lui. Par un communiqué du 13 février 2020, Keolis Dijon Mobilités, exploitant des services de stationnement DiviaPark, «déplore le détournement et l’utilisation abusive de la marque déposée DIVIA». Pour le délégataire de service public, «l’imitation de la marque DIVIA et du FPS jette un discrédit et engendre un risque de confusion sur des documents officiels, établis par des agents assermentés». Un confusion «préjudiciable à la bonne exécution du service public de mobilités».

Keolis Dijon Mobilités rappelle que la marque DIVIA est une marque déposée, dès lors protégée par le Code de la Propriété Intellectuelle qui punit notamment le fait «d'imiter» une marque. L'entreprise dit se réserver «la possibilité de saisir la juridiction compétente, et plus généralement, d’envisager tout recours utile, pour qu’il soit mis un terme immédiat à ce type de pratique qu’elle ne peut tolérer».

Jean-Christophe Tardivon