
L'ancienne ministre s'engage dans la campagne électorale avec le soutien de Gabriel Attal. «Je suis venue très jeune à Dijon, juste après le bac», a-t-elle indiqué, ce mardi 18 novembre, «pour moi, c'est la ville qui rime avec la liberté».
Passée de copilote à tête de liste (
lire le communiqué), Fadila Khattabi (REN) se lance dans la campagne pour l'élection municipale dijonnaise sous la bannière Dijon au cœur. L'ancienne ministre dans les gouvernements d’Élisabeth Borne et de Gabriel Attal – avec le portefeuille des Personnes handicapées d'abord, ensuite élargi aux Personnes âgées – est chargée par Renaissance de développer l'implantation territoriale du parti fondé par Emmanuel Macron.
Ce mardi 18 novembre 2025, à Dijon, en marge d'une réunion publique sur le thème «Réseaux sociaux et santé mentale des jeunes» (
lire notre article), la nouvelle tête de liste a réagi à son investiture pour laquelle elle était seule en lice.
Fadila Khattabi remercie Gabriel Attal
Que représente pour vous cette investiture à Dijon ?«Je me réjouis de porter aujourd'hui les couleurs de Renaissance. Je remercie le président de la commission nationale d'investiture, ses membres et Gabriel Attal pour leur confiance. Pour moi, c'était très important de pouvoir être présent dans le cadre de ces élections municipales.»
«En tant que jeune parti, il nous faut pouvoir assurer un ancrage territorial, ce qui nous a fait défaut, ces dernières années. On l'a ressenti notamment sur le plan de la communication, sur ce que nous avions fait à l'Assemblée nationale, sur les projets de loi, etc. C'est très important d'ancrer le parti dans les territoires et d'être présent sur Dijon.»
«Dijon, j'ai eu un coup de cœur»
«J'ai été quand même conseillère régionale [de Bourgogne], vice-présidente de Région, députée, présidente de commission, ministre. J'ai acquis une certaine expérience de ce que c'est la vie politique locale et nationale. En plus, maintenant, j'ai acquis quand même une certaine maturité, peut-être une certaine sagesse. J'ai envie de mettre toute cette expérience au service de Dijon, une ville qui a beaucoup compté pour moi, qui m'a beaucoup apporté, tant sur le plan personnel que sur le plan professionnel, y compris sur le plan politique, bien sûr.»
«Je suis venue très jeune à Dijon, juste après le bac. Dijon, j'ai eu un coup de cœur. Pour moi, c'est la ville qui rime avec la liberté, c'est là où j'ai pris mon premier café à une terrasse, c'est là où je suis allée au cinéma pour la première fois. Mon premier restaurant. Quand j'ai quitté la région de Montbéliard, quand je me suis retrouvée à Dijon, c'était un moment de bonheur et un vrai coup de cœur.»
Fin des discussions avec François-Xavier Dugourd
Où en sont vos discussions avec les autres formations politiques ?«J'avais été contactée par les partenaires voilà plus d'un an parce qu'ils voulaient qu'on puisse travailler ensemble, discuter, se mettre d'accord sur un projet. Il n'était pas question pour moi de partir pour partir. Il faut véritablement se retrouver sur le fond, sur un programme.»
«On a fait plusieurs réunions effectivement. On pensait que ça allait aboutir et puis, in fine, François-Xavier Dugourd [NDLR : président de la fédération de la Côte-d'Or des Républicains et initiateur du Printemps dijonnais] – qui a été le premier à m'avoir contactée – s'est retiré. Il a ses raisons personnelles. Aujourd'hui, les choses sont au point mort. Moi, je reste. De toutes façons, on est au travail avec l'équipe.»
«On représente le centre»
«On n'est pas sectaire, on reste ouvert, et toutes celles et ceux qui se reconnaîtront dans le cadre de notre programme, de nos idées, pourront effectivement nous rejoindre dès lors qu'ils respectent les valeurs républicaines.»
«On représente aujourd'hui le centre qui est constitué d'hommes et de femmes venant de différentes sensibilités. Un centre qui a prouvé qu'on pouvait travailler ensemble, malgré, ici ou là, quelques différences et différentes sensibilités. Aujourd'hui, c'est encore plus vrai que jamais, notamment avec la montée aussi des extrêmes et de l'extrême-droite.»
«On discute avec Horizons et l'UDI»
Y a-t-il des représentants du socle commun à Dijon avec lesquels vous continuez de discuter ?«On discute avec Horizons et l'UDI. Les Républicains, on reste en contact.»
«[NDLR : Emmanuel Bichot, Laurent Bourguignat et Axel Sibert ont sollicité l'investiture du parti désormais présidé par Bruno Retailleau. Ces candidatures ont été examinées, ce mardi 18 novembre, par la commission nationale d'investiture dont la décision est attendue dans les prochains jours.]
La sécurité parmi les priorités
Comment allez-vous mener les prochaines étapes de la campagne ?«J'ai déjà une équipe autour de moi. On a commencé à brainstormer sur le fond, sur le programme, sur quelques idées importantes, par exemple sur la sécurité. Bien des Dijonnaises et Dijonnais se disent se sentir de moins en moins en sécurité.»
«On sait qu'il y a beaucoup de vulnérabilités, des problématiques d'accessibilité, des problèmes de développement économique, d'aménagement du territoire. On est en train de travailler là-dessus.»
«Je compte continuer à labourer le terrain, à aller au contact des habitants, par exemple par le biais de différentes réunions, de les entendre et de faire le programme bien sûr aussi avec les habitants.»
«On a eu deux adhésions hier»
«Dans cette équipe, il y a les militants Renaissance, des membres de la société civile et également des gens qui adhèrent. On a eu deux adhésions hier.»
«Je ne suis pas à ma première campagne. Je la veux dynamique, joyeuse, respectueuse, y compris bien sûr des oppositions, mais, en tous les cas, on a des choses à dire dans le cadre de cette campagne et on les dira.»
Propos recueillis par
Jean-Christophe Tardivon