
La présidente d'Identité-Libertés est venue soutenir Thierry Coudert à l'occasion d'une séance de dédicaces, ce jeudi 19 mars, à Dijon. «Quand les candidats LR vous parlent de bonne gestion des finances publiques au niveau local, ils votent des budgets socialistes au niveau national», a critiqué la députée européenne d'extrême-droite.
Le Rassemblement dijonnais a reçu un soutien venant d'une figure politique à la notoriété nationale, ce jeudi 19 mars 2026. Au gré d'une séance de dédicaces, Marion Maréchal, députée européenne et présidente du parti d'extrême-droite Identité-Libertés a encouragé son référent régional Antoine Camus (IDL) et le candidat Thierry Coudert (UDR).
Alors que l'équipe de campagne revendiquait 200 inscrits, une centaine de personnes étaient installées dans la file d'attente devant un restaurant dijonnais – la plupart arrivées bien avant l'heure d'ouverture des portes – pour échanger avec Marion Maréchal et faire signer, durant 2 heures 30, le livre «Si tu te sens Le Pen», une autobiographie publiée aux éditions Fayard, en janvier dernier.
En dehors du débat télévisé entre les trois finalistes (
retrouver la vidéo), le seul temps fort de cet entre-deux-tours atypique – sans meeting pour remobiliser les troupes – est donc à mettre au crédit de Thierry Coudert.
Du RN à Reconquête puis à Identité-Libertés
Longtemps adhérente du Front national – cofondé par son grand-père Jean-Marie Le Pen –, puis du Rassemblement national – alors dirigé par sa tante Marine Le Pen –, Marion Maréchal a rallié Éric Zemmour en 2022 – un mois avant le premier tour de la présidentielle – et rejoint le parti identitaire et souverainiste Reconquête.
Au lendemain de son élection au Parlement européen, en juillet 2024, Marion Maréchal a rompu avec Éric Zemmour pour rejoindre le Mouvement conservateur – héritier de la lutte contre la loi ouvrant le mariage aux personnes de même sexe – et changer le nom en Identité-Libertés.
Plus libéral économiquement que le Rassemblement national, plus inspiré par le catholicisme que Reconquête, le parti entend participer à sa façon à une forme d'«union des droites» centrée autour du Rassemblement national.
Identité-Libertés soutient Le Rassemblement dijonnais
En Bourgogne-Franche-Comté, une quinzaine d'adhérents d'Identité-Libertés étaient engagés sur des listes RN-UDR lors de ces municipales et déjà six ont été élus au premier tour.
Selon Antoine Camus (ex-REC, désormais IDL), référent en Bourgogne-Franche-Comté, Identité-Libertés compterait une centaine d'adhérents en Côte-d'Or.
Bien qu'au niveau national Identité-Libertés n'ait pas conclu d'accord avec le Rassemblement national en vue de ses élections municipales, le parti d'extrême-droite soutient le Rassemblement dijonnais, mené par Thierry Coudert, arrivé troisième, au premier tour, avec 12,70 % des voix, derrière Emmanuel Bichot (LR) avec 25,83 % et Nathalie Koenders (PS) avec 39,13 %.
«Quand les candidats LR vous parlent de bonne gestion des finances publiques au niveau local, ils votent des budgets socialistes au niveau national»
Avant la séance de dédicaces proprement dite, Marion Maréchal a répondu aux questions des journalistes au pied de l'église Notre-Dame, au centre-ville, en présence de René Lioret (RN), député de la Côte-d'Or, conseiller régional d'opposition et délégué départemental du Rassemblement national, Mélanie Fortier (RN), conseillère régionale d'opposition et colistière, Thierry Coudert, Antoine Camus et quelques autres colistiers du Rassemblement dijonnais.
«Thierry [Coudert] a, bien légitimement, tendu la main au candidat LR macronisé, main tendue qui a été refusée», a déploré d'emblée Marion Maréchal, en référence à Emmanuel Bichot, candidat d'Agir pour Dijon, investit par Les Républicains, qui avait fermé la porte à toute alliance, dès le 17 janvier dernier. «Ce candidat de la droite macroniste prend ainsi le risque de reconduite la gauche et de donner l'opportunité de livrer de nouveau cette ville aux problèmes socialistes.»
«Ces candidats LR portent des sujets qui sont assez proches de nous», a considéré l'élue souverainiste, évacuant ce qui différencie Les Républicains des partis eurosceptiques notamment. «Dans les campagnes électorales, ils portant des sujets qui sont proches du camp national mais, précisément, au niveau national, ils sont alliés avec les macronistes, ils sont alliés avec les socialistes». «Quand ils vous parlent de bonne gestion des finances publiques au niveau local, ils votent des budgets socialistes au niveau national.»
Dans les métropoles, «une implantation de la gauche radicale qui est de plus en plus forte»
«Aujourd'hui, les circonstances et la radicalisation de la gauche, les accointances multiples, partout en France, entre les socialistes, les Verts radicaux et les soutiens directs ou indirects des LF-istes devraient appeler l'ensemble de la droite à une responsabilités», a développé l'élue souverainiste. «Je ne peux qu'appeler tous les électeurs de droite sincères à donner un maximum de force à la liste de Thierry Coudert pour, peut-être, on peut l'imaginer, créer la surprise au second tour ou bien, à défaut, faire en sorte d'avoir l'opposition la plus déterminée, la plus forte possible pour défendre les idées de droite qui sont les nôtres au sein du conseil municipal et, ainsi, influer le plus positivement possible sur la vie des Dijonnais.»
«Il y a, malheureusement, c'est indéniable, dans les grandes villes, un différentiel avec la ruralité et les villes moyennes, avec, dans les grandes villes, une implantation de la gauche radicale qui est de plus en plus forte et qui tient à une évolution sociologique voulue d'ailleurs par la gauche et qui consiste à implanter de plus en plus de logements sociaux, logements sociaux dont on sait que, malheureusement, bien souvent, ils concentrent des votes de plus en plus communautarisés sur lesquels s'appuie cette gauche sans scrupule et qui, bien sûr, [la] favorise sur le plan électoral», a analysée la député européenne. «Cela ne nous empêche pas de progresser sur le reste du territoire.»
Cap sur la présidentielle et les législatives
«Identité-Libertés est une des composantes de la grande coalition du camp national», a revendiqué la cheffe de parti, «c'est cette coalition qui va aborder les grandes échéances de 2027, qu'elles soient présidentielle ou législatives, et qui a le plus de chance de l'emporter, si l'on en croit les sondages».
«L'alternance ne commence pas en 2027, elle commence, aujourd'hui et maintenant, au niveau local, à l'occasion des élections municipales, en commençant à porter aux affaires les équipes qui, localement, incarnent cette future alternance qui, demain, je l'espère, pourra gouverner la France».
«C'est un encouragement pour le deuxième tour mais aussi pour la suite», a glissé effectivement Thierry Coudert qui vise les prochaines élections législatives.
Marion Maréchal condamne «l'intimidation des antifas d'extrême-gauche»
Apprenant l'organisation de la séance de dédicaces à Dijon, le collectif Solidarité et autodéfense populaire (SAP) a appelé à un «rassemblement antifasciste» pour porter la contestation à l'idéologie d'Identité-Libertés.
Selon Marion Maréchal, le gérant d'un restaurant initialement choisi, situé dans un faubourg, a subi «l'intimidation des antifas d'extrême-gauche» d'où un repli dans un autre établissement, aux abords du parc des expositions.
Là, un important dispositif policier a sécurisé l'événement, contesté par plusieurs dizaines de manifestants clament des slogans antifascistes. Plusieurs rues ont été temporairement coupées à la circulation autour du parc des expositions et du palais des congrès.
«C'est une entrave qui est faite au débat démocratique», a protesté Marion Maréchal, «je le condamne fermement et je regrette que ce ne soit pas toujours le cas des élus en place, d'où qu'ils viennent».
Jean-Christophe Tardivon












