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06/08/2025 20:16
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PACIFISME : 80 ans après Hiroshima, «l'espoir d'un avenir libéré de la menace nucléaire»

«La paix dépend de notre vigilance collective», a déclaré l'élue dijonnaise Nadjoua Belhadef, ce mercredi 6 août, invitée par le Collectif Bourgogne-Franche-Comté pour l’abolition des armes nucléaires à participer à la commémoration des bombardements atomiques visant le Japon.
L'ensemble de l'arsenal nucléaire mondial actuel représente l'équivalent de 300.000 fois Hiroshima. 80 ans après les bombardements atomiques à Hiroshima, le 6 août 1945, puis à Nagasaki, le 9 août suivant, par les États-Unis qui visaient le Japon en guerre, des militants pacifistes ont exprimé leur souhait de voir la planète débarrassée des armes nucléaires.

En particulier, le Collectif Bourgogne-Franche-Comté pour l’abolition des armes nucléaires avait prévu une série d'actions, ces 6, 7 et 8 août 2025 (lire le communiqué), dont, ce mercredi, un die-in, au centre-ville de Dijon, en présence d'une trentaine de personnes.

Autour des manifestants, étaient étalés sur les pavés de la place François-Rude les drapeaux des neuf puissances nucléaires : États- Unis, Russie, Chine, France, Grande-Bretagne, Inde, Pakistan, Corée du Sud et Israël. Au-dessus d'eux, un ballon en forme de bombe flottait dans les airs comme pour rappeler une menace qui plane.

Les pacifistes demandent l'interdiction des armes nucléaires, la France opte pour la non-prolifération


La guerre entre la Russie et l'Ukraine puis l'élection de Donald Trump aux États-Unis créent un contexte qui ravive les craintes d'un recours aux armes atomiques. Ainsi, dès ses premiers mots, Étienne Godinot, porte-parole du collectif, a conspué les chefs d'État américain et russe, considérés comme des «dirigeants paranoïaques».

Face à cela, le collectif demande que la France adhère au Traité d'interdiction des armes nucléaires (TIAN). Après dix ans de sensibilisation, la Campagne internationale pour l'abolition des armes nucléaires (dont l'acronyme anglais est ICAN) a conduit à la signature de ce traité devant l'assemblée générale des Nations unies, en 2017, ce qui a valu a cette ONG de se voir remettre le Prix Nobel de la paix cette même année.

Si cinquante États ont ratifié le traité, permettant son entrée en vigueur en 2021, aucune puissance nucléaire ne figure parmi ceux-ci.

Historiquement, les gouvernements français ont encouragé la non-prolifération mais se sont refusés à interdire les armes nucléaires. Ainsi, la France a adhéré en 1992 au Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires, signé à ce jour par 191 parties prenantes. 

Toutefois, les membres du collectif considèrent que la France «viole l'esprit et la lettre» de l'article 6 qui évoque un horizon de désarmement nucléaire.

Le CEA Valduc entretient les ogives nucléaires françaises


Au nom de l'Association pour le désarmement nucléaire unilatéral de la France (ADN), André Bouaral a rappelé qu'une première action similaire a été conduite le matin même devant le Commissariat à l'énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA) Valduc. Selon les témoignages de participants, elle s'est déroulée dans le calme avec une présence importante de différentes forces de sécurité intérieure.

«Nous condamnons fermement toute fabrication, toute utilisation de l’arme nucléaire, des bombes atomiques. Ce site entretient et perfectionne les 290 ogives nucléaires de la France. Chacune d’elle a une puissance de destruction égale à 10 fois Hiroshima», a déclaré le militant. «Hiroshima et Nagasaki n’ont pas troublé la conscience de nos gouvernants. Il nous importe à nous, ici présents, de protester contre les dépenses militaires affectées à l’armement nucléaire, à la prétendue dissuasion nucléaire.»

«Ce n’est pas avec des armes et des menaces d’anéantissement que l’on construit la paix», a-t-il insisté. «Vivre ensemble dans la paix est l’idéal de tous les peuples.»

«La paix dépend de notre vigilance collective», déclare Nadjoua Belhadef


Représentant la maire de Dijon, Nadjoua Belhadef (PS, FP) a salué «l'engagement pour la paix» des membres du collectif tandis que Patrice Chateau (GE) adressait ses «amitiés» aux manifestants par la voix du porte-parole du collectif.

Pour l'élue dijonnaise, les «cataclysmes» d'Hiroshima et de Nagasaki ont constitué «une tragédie humaine, un basculement historique dont les répercussions profondes se font jour encore maintenant et plus que jamais». «Hiroshima est un symbole, celui des ravages absolus que l'humanité peut s'infliger à elle-même.»

Nadjoua Belhadef a rendu hommage aux victimes de ces bombardements atomiques et a lancé «un appel solennel à la paix» alors que «la menace nucléaire demeure» avec «la multiplication des discours d'intimidation». «La paix dépend de notre vigilance collective.»

La Ville de Dijon approuve la démarche mais ne s'engage pas auprès de l'ICAN


La Ville de Dijon est membre du réseau international Mayors for Peace (NDLR : Maires pour la paix) – pour «appeler à un désarmement progressif, universel et vérifiable» – mais, à ce jour, n'a pas signé l’Appel des villes et collectivités de l’ICAN. 

Pourtant, Nadjoua Belhadef a estimé que «[le] traité sur l'interdiction des armes nucléaires est une étape importante vers un monde plus sûr». La socialiste a mis en avant «la diplomatie des territoires» pour «porter l'exigence de paix au plus près des citoyens».

«La paix ne se décrète pas, elle se construit pas à pas, par l'éducation, la solidarité et la coopération entre les peuples», a-t-elle conclu. «Ensemble, portons l'espoir d'un avenir libéré de la menace nucléaire. (…) Il est important de se rappeler que nous sommes tous des citoyens du monde, tous des êtres humains.»

«Le bouclier nucléaire ne protège qu'un seul protagoniste, l'agresseur»


Les membres du collectif contestent le principe même de la dissuasion nucléaire. Considérant que l'arme atomique est «inefficace, illégale, dangereuse, antidémocratique, démobilisatrice, immorale et ruineuse», Claude et Marie se sont attachés à relever les «vices» de la dissuasion nucléaire.

En particulier, les deux militants pacifistes se sont appuyés sur les conflits ayant émergé depuis 1945 dont celui opposant l'Ukraine à la Russie, voyant dans la possession de l'arme atomique le fait de «prohiber toute intervention de forces alliées pour venir en aide à la victime», citant ainsi Léonidas Kalogeropoulos. «Le bouclier nucléaire ne protège qu'un seul protagoniste, l'agresseur.»

«Les citoyens abandonnent leur destin à la seule décision du président de la République», ont-ils déclaré, oubliant que les lois de programmation militaire, votées par les parlementaires, ont une valeur constitutionnelle.

«L’existence même de l’arme nucléaire consacre l’échec de toutes les morales»


Sur le plan moral, Claude et Marie ont analysé que «l’existence même de l’arme nucléaire consacre l’échec de toutes les morales, de toutes les philosophies, de toutes les spiritualités, de toutes les sagesses, de toutes les religions». Cette fois, l'argument souligne à quel point la mise au point de la bombe atomique a marqué un changement d'ère.

Enfin, les militants pacifistes ont remis en cause les budgets publics mobilisés pour élaborer, produire, entretenir et perfectionner les armes nucléaires. Le collectif estime à plus de 228 milliards d'euros le coût de l’arsenal nucléaire français de 1945 à 2010 et à environ 25 milliards d'euros sur la période 2019-2023.

Die-in place du Bareuzai


Les prises de parole ont été entrecoupées par un die-in, les manifestants s'allongeant sur les pavés pour symboliser les vies fauchées par les bombardements atomiques et les conséquences sanitaires des essais nucléaires.

Après une série de citations de portée philosophique, les membres du collectif ont faire retentir «We shall overcome» [NDLR : «Nous triompherons»] – hymne du Mouvement pour les droits civiques aux États-Unis – dans les rues de Dijon pour clore la manifestation.

Jean-Christophe Tardivon





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