Recherche
POUR JOINDRE INFOS-DIJON
redaction.infosdijon@gmail.com (à privilégier)
SMS et MMS au 07 86 17 77 12
> Vie locale > Vie locale
19/10/2020 19:47

PAUVRETÉ : Équité sociale et justice environnementale pour lutter contre la misère

Ce samedi 17 octobre, des associations ont interpellé les passants de la place de la République à Dijon pour dire leur refus de la misère. Pour aider les femmes en situation de précarité, Antoine Hoareau, adjoint au maire de Dijon, a annoncé un plan d'achat de protections hygiéniques.

Plusieurs associations dijonnaises se sont regroupées place de la République à Dijon, le samedi 17 octobre 2020, au mot d'ordre «Ensemble pour la justice sociale et environnementale pour toutes et tous» : ATD Quart Monde, les Amis de la Terre Côte-d'Or, Oxfam, Adefo, Action contre la Faim, la Fresque du climat ainsi que l’École des Parents et des Éducateurs.

Cette journée est due à une initiative d'ATD Quart Monde. L'origine remonte au 17 octobre 1987 quand, à l'appel du père Joseph Wresinski, 100.000 personnes se sont rassemblées à Paris pour dire leur refus de la misère. Par la suite, en 1992, l'ONU a décidé que la date marquerait la Journée internationale pour l'élimination de la pauvreté.

«La grande pauvreté et le destin de l'environnement sont liés»


Bénévole d'Agir Tous pour la Dignité (ATD Quart Monde), Jean-Christophe Pisson rappelle son engagement à lutter contre la pauvreté : «la misère est quelque chose qui doit disparaître de notre paysage collectif à l'échelle du monde». Le militant associatif s'inquiète des effets de la crise sanitaire : «la destruction du lien social, c'est quelque chose qui a un impact direct sur la grande pauvreté, on le voit bien à notre échelle avec la crise du Covid ici en Occident mais c'est encore pire dans d'autres pays qui ont moins de solidités structurelles».
Jean-Christophe Pisson fait aussi le lien avec les problématiques environnementales en montrant un vélo décoré et parsemé d'aphorismes : «1% de la population des plus riches du monde aujourd'hui détruisent plus l'environnement que la moitié de la population mondiale en termes d'impact environnemental».

Prenant appui sur la Fresque du Climat, le bénévole ajoute : «les bouleversements climatiques sont en marche et les plus pauvres vont être les premiers impactés, c'est déjà le cas, il faut absolument que l'on se mobilise sur la dimension des équités sociales et la dimension de la justice environnementale». «La grande pauvreté et le destin de l'environnement sont liés» insiste le militant. Lors des prises de parole, au nom d'ATD Quart Monde, Jean-Christophe Pisson demande à ce que «les propositions de la convention citoyenne pour le climat soient entendus et mises en œuvre».

«D'ici à 2080, 600 millions de personnes supplémentaires souffriront de la faim»


Louis Octobon, délégué d'Action contre la Faim Côte-d'Or, souligne que «les phénomènes météorologiques extrêmes augmentent l'exposition à la faim, à la malnutrition et à l'insécurité alimentaire, principalement pour les personnes déjà vulnérables en les privant de moyens de production et d'accès à la nourriture». Alors que la faim dans le monde a diminué de 2005 à 2014, les évolutions climatiques laissent craindre une augmentation du nombre de personnes en situation d'insécurité alimentaire : «d'ici à 2080, 600 millions de personnes supplémentaires souffriront de la faim» annonce Louis Octobon en reprenant les données des experts du GIEC.

Pour l’École des Parents et des Éducateurs, Pierre Durand constate localement «qu'une partie des familles est en grande précarité» avec des difficultés accentuées par le confinement.

Pour l'Adefo, Claude Avisse signale que 40% de potentiels bénéficiaires du RSA ne le réclament pas. Un centre de vacances à Grancey-le-Château accueille des parents, parfois très jeunes, pour «un moment de paix». L'Adefo gère deux centres d'hébergement et de réinsertion sociale à Dijon : Blanqui et Sadi-Carnot.

Pour les Amis de la Terre Côte-d'Or, Stéphane Dupas déplore «les dérèglements climatiques, les atteintes à la biodiversité, les pollutions de tout ordre, la dégradations de l'eau et des sols, l'épuisement des ressources naturelles» et met en cause «le modèle économique actuel, capitaliste et productiviste, basé sur la compétition et la croissance» qui ne bénéficie qu'«à une minorité dont le mode de vie, basé sur l'hyperconsommation, ne persiste qu'à la condition du maintien de la majorité dans la pauvreté». Le militant écologiste demande l'expérimentation des moyens permettant de parvenir à des «sociétés soutenables».

Pour Oxfam Dijon, Emmanuel Soncourt demande à la France de respecter ses engagements issus de l'Accord de Paris en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre et de cesser d'investir dans les énergies fossiles.

Un plan d'achat de produits d'hygiène féminine


À son tour, Antoine Hoareau, adjoint au maire de Dijon en charge de la lutte contre la pauvreté, remercie les organisateurs de l'action et salue les conseillères municipales présentes, Marie-Odile Chollet (PS) et Catherine Hervieu (EELV). L'élu socialiste choisit de parler de «justice fiscale» qui permet de mettre en œuvre la redistribution. «Il est inadmissible qu'il n'y ait plus d'impôt sur la fortune en France» déclare l'adjoint de François Rebsamen. Antoine Hoareau poursuit en évoquant le soutien de la Ville de Dijon aux associations d'aide alimentaire, notamment sur la structuration et la mutualisation de moyens.

L'adjoint au maire annonce que la Ville de Dijon achètera des protections hygiéniques du fait d'«une vraie inégalité entre les hommes et les femmes dans ce pays et énormément de femmes ont de grandes difficultés à avoir accès à ces produits d'hygiène du quotidien». Le CCAS devrait prochainement mettre en place un plan pour aborder cette problématique.

À noter que, du 23 octobre au 16 novembre, Oxfam Dijon présentera sur les grilles du jardin Darcy une exposition pour «mettre des visages sur les réalités du changement climatique». Dans ce cadre, une conférence débat aura lieu le 23 octobre à 18 heures à l'hôtel Despringles, rue Monge.

Jean-Christophe Tardivon