
Plusieurs tonnes de fruits et légumes bio seront produits dans les prochaines années pour alimenter des collèges, des maisons de retraite ainsi que des centres des Restos du cœur. Ce jeudi 21 mai, le président du Département a revendiqué «un concept global», composé de plusieurs éléments complémentaires.

Le pôle de maraîchage biologique du conseil départemental de la Côte-d'Or est entré en fonctionnement. C'est l'aboutissement d'un projet lancé il y a dix ans pour lequel le conseil départemental a investi 3,3 millions d'euros.
Son inauguration s'est déroulée, ce jeudi 21 mai 2026, à Perrigny-lès-Dijon, en présence d'Alexandre Heddar (sans étiquette), maire de la commune, de François Sauvadet (UDI), président du Département, de plusieurs conseillers départementaux ainsi que de représentants des partenaire du projet.
«La Côte-d'Or est une terre qui a une longue tradition de production maraîchère»
«La question de la souveraineté alimentaire, dans un monde en plein désordre, est absolument prioritaire», a revendiqué François Sauvadet, «la production agricole est au cœur des défis de toutes les sociétés».
«[La Côte-d'Or] est une terre qui a une longue tradition de production maraîchère», a développé le président du Département, «il était indispensable de mettre ait un outil qui fasse coïncider toute notre volonté : une alimentation saine, bio, pour nos collégiens par l'insertion». «Dans le plan alimentaire territorial, nous avons créé un pôle de maraîchage qui est assez inédit dans sa conception».
«Un concept global» dans le cadre du plan alimentaire territorial
En 2017, en lien avec la Société d'aménagement foncier et d'établissement rural (SAFER), le conseil départemental a acquis 20 hectares de terres agricoles sur la commune de Perrigny-lès-Dijon, à proximité du péage de l'A311.
Après une période de conversion à l'agriculture biologique de trois ans, les terrains ont été mis à disposition de la Croix-Rouge et des Restos du cœur qui ont installé des chantiers d'insertion professionnelle pour produire des fruits et légumes bio respectivement destinés aux cantines de collèges ainsi qu'à des EHPAD et aux personnes en situation de précarité.
Par ailleurs, un appel à manifestation d'intérêt a été lancé pour installer un maraîcher professionnel sur 9 hectares.
Un bâtiment de 600 m² a été construit à proximité de la D931. Il abrite des bureaux, deux chambres froides et un espace de travail. Il est équipé de panneaux solaires photovoltaïques en toiture d'une puissance de 95 kWc.
Dans le cadre de son investissement de 3,3 millions d'euros, le Département a bénéficié de cofinancements de l’État de 412.000 euros, de l'agence de l'eau Rhône-Méditerranée-Corse de 100.000 euros et de la Région Bourgogne-Franche-Comté de 6.800 euros.
L'objectif de l'ensemble est de «maintenir en Côte-d'Or la production maraîchère» à laquelle François Sauvadet se dit «très attaché». «C'est un concept global», a résumé le centriste, «avec un nouveau bassin d'irrigation respectueux de l'environnement».
Les précipitations font plus que compenser l'évaporation de l'eau du bassin d'irrigation
Au lancement du projet, tous les droits à tirer de l'eau sur le secteur étaient déjà attribués. Le Département a donc reçu de l’État l'autorisation d'implanter un bassin d'irrigation de 25.000 mètres cubes, rempli avec l'eau de la nappe phréatique, s'étendant sur 2,9 hectares.
Selon les services de la collectivité, depuis la mise en eau en 2021, «pas un litre n'a été pompé dans la nappe». Pourtant, le niveau du bassin est passé à 27.000 m3, les précipitations compensant l'évaporation et l'irrigation.
Des déchets alimentaires des collèges jusqu'au compost pour la production maraîchère
La production de compost a été confiée à Alfacy environnement, à partir de déchets alimentaires issus de douze collèges et de quatre établissements médico-sociaux. L'objectif est d'atteindre 200 tonnes de compost annuellement.
Un pré-compost ayant été réalisé dans les établissements, l'équipe d'Alfacy environnement est chargé de finaliser en bout de champ, de façon mécanique, sur 0,5 hectare, la matière destinée à amender les sols en préparant des andains de 2 mètres de hauteur et 50 mètres de longueur.
L'«approche intégrée» de la Croix-Rouge pour l'insertion professionnelle
La Croix-Rouge insertion a reçu une subvention des services décentrés de l’État de 180.000 euros sur trois ans, de 2025 à 2027, pour développer sa «plateforme d'alimentation durable et solidaire» sur le site du Département, ainsi qu'une subvention de 83.000 euros pour «soutenir l'emploi».
«Nos activités agricole et logistique sont des supports d'insertion permettant à chacun de retrouver confiance, de se former et de se projeter vers et dans un nouvel emploi durable», a rappelé Hélène Dufour, secrétaire du conseil d'administration de Croix-Rouge insertion, filiale de la Croix-Rouge française.
«Ancrés localement, les établissements développent une approche intégrée articulant parcours d'accompagnement, transition écologique et accès à une alimentation de qualité», a-t-elle ajouté.
Des légumes pour les bénéficiaires des Restos du cœur
«L'intégralité de notre production de légumes, en certification bio, est destinée exclusivement aux personnes accueillies», a souligné André-Paul Poussardin, président des Restos du cœur de Côte-d'Or.
Après avoir salué l'engagement du Département, Jacques de Loisy, président de la chambre d'agriculture de la Côte-d'Or, a défendu le principe de soutenir «des agricultures rentables» et a appelé les services déconcentrés de l’État à «accélérer un certain nombre de processus, notamment dans le cadre de la gestion de l'eau».
«Un projet structurant»
«Ce projet rempli pleinement les obligations de l'Egalim», a constaté Marie Kientz , cheffe de service économie agricole et environnement des exploitations de la direction départementale des territoires qui représentait la préfète de la Côte-d'Or.
«C'est un projet structurant pour le territoire. On appelle de nos vœux qu'il puisse essaimer et inspirer pour que d'autres territoires plus ruraux puissent aussi s'investir dans l'alimentation locale», a-t-elle glissé.
La production maraîchère a «de l'avenir»
«Je souhaite que cela devienne un pôle d'expérimentation maraîchère, mis à disposition de nos services de recherche, des professionnels. C'est assez unique en France qu'une collectivité s'engage dans un soutien dans une filière maraîchère avec l'insertion parce qu'il y a des métiers dans lesquels il y aura toujours de l'avenir, les métiers de la production pour parvenir à la souveraineté alimentaire», a anticipé François Sauvadet.
Dans ce contexte, l'exécutif départemental vise d'atteindre 80 % de produits bio et locaux dans les repas des collèges publics d'ici la fin de la mandature.
De façon à constituer «un circuit interne, vertueux, de production légumière», ce pôle sera prochainement complété par une légumerie, implantée à Auxonne, qui pourra traiter annuellement 200 tonnes de fruits et légumes destinés, là encore, à la restauration scolaire.
Jean-Christophe Tardivon











































