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06/02/2023 19:58
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POLITIQUE : «Ce sont d'abord les femmes qui vont bénéficier de l'augmentation de la retraite minimale», déclare Aurore Bergé

«Les écarts de rémunération entre les hommes et les femmes ont réduit pendant le précédent quinquennat», a assuré la présidente du groupe Renaissance à l'Assemblée nationale, ce vendredi 3 février, à Dijon.
Soutien d'Emmanuel Macron, Aurore Bergé participait, ce vendredi 3 février 2023, à Dijon, à une table-ronde sur l'emploi des femmes, l'égalité salariale entre les hommes et les femmes ainsi que l'emploi des seniors (lire notre article).

À l'issue des échanges, la présidente du groupe Renaissance à l'Assemblée nationale a expliqué l'articulation de sa démarche en parallèle de la réforme du système de retraite.

«Arriver tout au long de la vie professionnelle, à corriger les inégalités»



Pourquoi ce déplacement ?

«L'idée est, au-delà de cette réforme est de nous projeter sur ce qui doit être fait tout au long de la vie.»

« L'acte II de la réforme, c'est d'arriver tout au long de la vie professionnelle, à corriger les inégalités : inégalité salariale entre les hommes et les femmes, mobilité professionnelle – ce qui est une vraie difficulté en France, les Français ont trop peu de mobilité professionnelle ou géographique et donc de mobilité sociale – et la question de l'emploi des seniors.»

«En plus, on corrige mieux dans la réforme des retraites»


Pourquoi ne pas d'abord travailler sur l'égalité salariale femmes-hommes plutôt que d'augmenter l'âge de départ à la retraite ?

«Il faut faire les deux. On a un système de retraite qui est déficitaire dès cette année. On peut mentir aux Français et dire que, finalement, le déficit supplémentaire – donc de la dette supplémentaire et de l'impôt supplémentaire – ce n'est pas grave ou alors on dit la vérité.»

«La vérité, c'est de dire que l'on doit travailler un peu plus pour ceux qui le peuvent. Ceux qui sont dans des métiers pénibles, ceux qui, évidemment, ont eu des freins dans leur vie – handicap, inaptitude –, ceux qui ont commencé à travailler tôt, évidemment, ne sont pas concernés de la même manière.»

«On a l'honnêteté de faire une réforme qui est indispensable, qui est nécessaire, qui n'est pas facile à mettre en œuvre et, qu'en même temps, on ne doit pas juste corriger à la toute fin vie professionnelle des femmes, quand elles ont 62 ou 64 ans, les inégalités mais qu'on doit les corriger à la racine.»

«Ce qu'on a fait ! On a vu que les écarts de rémunération entre les hommes et les femmes ont réduit pendant le précédent quinquennat. On doit évidemment continuer à le mettre en œuvre.»

«En plus, on corrige mieux dans la réforme des retraites. Aujourd'hui, les femmes ont, en moyenne, 41% en moins à la retraite que les hommes. Qu'est-ce qu'on fait ? On met en place la retraite minimale : 85% du SMIC non seulement pour les futurs retraités mais aussi pour les retraités actuels. C'était une demande très forte de notre groupe parlementaire. Pour 60%, ce sont des femmes qui son allocataires minimales donc ça veut dire, concrètement, que ce sont d'abord les femmes qui vont bénéficier de l'augmentation de la retraite minimale.»

«Si demain, il faut assortir l'index senior de sanction, on est prêt à le faire»


Que retenir de la table-ronde ?

«On a des freins culturels donc ça veut dire lutter dès le plus jeune âge. Tout ce que l'on fait sur les stéréotypes de genre par exemple, qui a souvent été beaucoup caricaturé, alors que c'est, quand même, là que ça commence les représentations culturelles.»

«Faire confiance à des initiatives locales : il y a beaucoup de démonstrations qui ont été faites sur, concrètement, du mentoring, sur l'alternance, sur des modes de fonctionnement d'accompagnement entre des seniors et des plus jeunes, y compris des femmes, croisés.»

«Il faut qu'en tant que parlementaire, on prenne tout notre rôle sur ces questions-là. Je pense notamment à la question de l'emploi des seniors. Nous, on l'a introduit par amendement. J'espère que ce sera adopté.»

«On avait une situation absurde aujourd'hui où une entreprise qui gardait une personne jusqu'à l'âge de la retraite, cela lui coûtait plus cher que de s'en séparer plus tôt en rupture conventionnelle.»

«On va mettre un index senior pour mesurer leur taux d'emploi et leur accès à la formation. Il n'y a pas de raison que quelqu'un qui a plus de 55 ans n'ait plus accès à la formation du jour au lendemain comme s'il n'était plus mobile, comme s'il ne pouvait pas changer dans sa vie professionnelle. On va venir le mesurer dès 50 salariés et, si ce n'est pas respecté, une autre proposition par amendement qu'on formule, c'est l'obligation qu'il y ait un plan annuel qui soit mis en place dans l'entreprise. (…) Si demain, il faut l'assortir de sanction, on est prêt à le faire.»

«Un fond d'un milliard d'euros de prévention pour adapter les postes de travail»


Plusieurs personnes voient apparaître la perspective d'un petit boulot à plus de 55 ans. Comprenez-vous que s'imaginer travailleur pauvre et senior ne fasse pas rêver une partie des Français ?

«Je comprends les inquiétudes qui s'expriment. (…) Ce n'est pas notre modèle le modèle allemand. On ne veut pas changer le modèle, on veut le sauver.»

«Ce n'est pas les petits jobs qui sont rémunérés à un euro ou ce genre de chose. Ce n'est pas comme qu'on travaille. C'est mettre plus de contrainte sur les entreprises pour qu'elles maintiennent dans l'emploi les seniors. C'est mettre un fond d'un milliard d'euros de prévention pour adapter les postes de travail.»

«On l'a vu ici. Il y a à la fois un caractère artisanal de l'entreprise qui doit continuer à exister, ce qui fait sa réputation, mais tout ce qui a pu être automatisé pour faire en sorte que les métiers soient moins pénibles et, donc, que les gens puissent rester plus longtemps dans l'emploi, ça a été mis en place.»

Le compte personnel de formation est «une réforme de liberté»


Quel accompagnement pour l'emploi des seniors ?

«On a mis en place le CPF (NDLR : compte personnel de formation] pour faire en sorte que la formation soit directement associée à la personne et que la personne ait le droit de choisir. Parfois, cela peut créer des contraintes pour l'entreprise (…) mais cela élargit les compétences et ça permet aux gens de changer de métier.»

«Cela veut dire que le droit à la formation est individuel et qu'on ne peut pas vous empêcher de vous former. C'est une réforme de liberté qui est absolument essentielle et que l'on a conduite.»

«Je pense qu'il faut qu'on aille plus loin. De la même manière qu'on va mettre en place des bilans de prévention en termes de santé, je pense qu'il faut qu'on mettre en place des bilans de compétences.»

«Aujourd'hui, on a des gens qui, par plein de freins culturels ou géographiques, ne se projettent plus à partir d'un certain âge. (…) Je pense qu'à 45 ans, il faut sans doute obliger à ce qu'il y ait des bilans de compétences qui soient réalisés pour que les gens réalisent l'éventail de compétences qui est souvent bien plus large que celui auquel ils pensent.»

«Je donne un exemple : les caissières. On sait que c'est un métier qui va évoluer parce que les gens passent sur des caisses automatiques, etc. (…) Elles ont souvent été formées pour devenir chauffeurs de bus parce qu'elles savent tenir un public, faire en sorte que les gens entrent, sortent, etc. (…) [Une caissière] en a la compétence.»

«Ce sont des reconversions professionnelles qui sont possible, qui permettent d'avoir moins de pénibilité, de travailler plus longtemps dans un vrai confort de travail qui est beaucoup plus important mais il faut qu'il y ait ce bilan de compétences et que les gens se disent 'j'ai le droit de changer de métier, j'ai la capacité à changer de métier et je suis accompagné financièrement pour le faire si j'ai besoin de me faire former'.»

«Il y a vraiment ce qui se passe au moment de votre retraite et comment on fait en sorte pour que la réforme soit la plus juste possible mais il y a tout ce qu'on doit mettre en place en amont sur la mobilité professionnelle, l'égalité salariale et l'emploi des seniors.»

Propos recueillis par Jean-Christophe Tardivon

Aurore Bergé s'attaque aux inégalités d'emploi des femmes et des seniors



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