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21/02/2026 19:52

POLITIQUE : Éric Coquerel contre-attaque après les polémiques consécutives à la mort de Quentin Deranque

«S'en prendre à un homme à terre, ce ne sont pas les valeurs de l'antifascisme», a déclaré le député de La France insoumise, ce mercredi 18 février, à Dijon, avant de déplorer que «ça fait maintenant des années qu'il y a des groupes de nazillons qui sèment la terreur à Lyon».
Quand la conflictualisation se retourne contre elle, La France insoumise contre-attaque. Sous le flot des critiques depuis le lynchage de Quentin Deranque, le 12 février dernier, à Lyon, le parti de gauche radicale tente de faire passer le message que la violence serait le fait de l'extrême-droite.

Ce mercredi 18 février 2026, Éric Coquerel (LFI), député de la Seine-Saint-Denis et président de la commission des Finances de l'Assemblée nationale, est intervenu en meeting, à Dijon, tout à la fois pour soutenir la liste Dijon populaire engagée dans l'élection municipale dijonnaise, resserrer les rangs des militants de l'agglomération et diffuser les éléments de langage nationaux.

La présidentielle en ligne de mire


La France insoumise considère clairement la campagne des municipales comme «un élan commun qui doit durer après le 22 mars», comme le signale Hélène Magnin-Feysot (LFI), colistière de Séverine Véziès (LFI) à Besançon. 

Tout d'abord, le parti de gauche radicale a multiplié les listes autonomes pour augmenter son nombre de grands électeurs et favoriser ensuite l'émergence de sénateurs en septembre prochain. 

Ensuite, la campagne pour l'élection présidentielle de 2027 est déjà en ligne de mire. D'où la crise à surmonter quand des liens apparaissent au fur et à mesure de l'enquête concernant la mort de Quentin Deranque notamment entre le député du Vaucluse Raphaël Arnault (LFI), confondateur de la Jeune Garde antifasciste, et trois de ses assistants ou ancien assistant. Raphaël Arnault a engagé une procédure pour mettre un terme au contrat de son collaborateur parlementaire qui était présent à Lyon et qui a été mis en examen pour complicité d’homicide volontaire par instigation.

La situation dans les territoires palestiniens, premier sujet évoqué


Tandis que la salle scande «Résistance», Éric Coquerel montre sur l'estrade en dressant le poing pour un discours de plus de 50 minutes. En lien avec l'actualité, ses premiers mots sont pour rendre hommage à Leïla Shahid, ancienne diplomate palestinienne, décédée le jour même dans le Gard, à l'âge de 76 ans.

Dans la foulée, l'Insoumis entend dénoncer «la politique du gouvernement sur la question palestinienne». La France et l'Allemagne notamment ont démandé la démission de l'Italienne Francesca Albanese, rapporteuse spéciale de l'ONU sur les droits humains dans les territoires palestiniens, pour des propos présumés antisémites, puisant en particulier dans le registre de la nazification d'Israël.

«C'est un pure scandale», réagit Éric Coquerel. «La France aurait dû ouvrir une ambassade en territoires palestiniens puisqu'il avait assuré au moment de la reconnaissance de l'état de Palestine que La France ouvrirait une ambassade dès lors qu'il n'y aurait plus d'otages entre les mains du Hamas.» 

«Le bulletin de vote Dijon populaire sert à censurer les gouvernements du 49-3»


L'orateur poursuit dans le champ des relations internationales en appelant au «refus du monde de Trump» car «une espèce de contagion est en train de gagner les dirigeants politiques de [la France]». 

Dans ce contexte, «mettre un bulletin de vote Dijon populaire» à l'élection municipale dijonnaise «vaut censure». Un tel vote reviendrait tout à la fois à contester la politique du président des États-Unis et à répéter, à l'échelon local, la démarche de censure du gouvernement initiée par les députés de La France insoumise. «Le bulletin de vote Dijon populaire sert à censurer les gouvernements du 49-3», explicite-t-il dans le cadre de la stratégie de nationaliser les municipales.

Le Parti socialiste est une autre cible en raison de «ceux qui affichent un soutien sans participation aux macronistes». Applaudissements de l'orateur et huées des députés socialistes fusent aussitôt dans la salle.

Éric Coquerel fait alors une incisive sur un autre sujet d'actualité et demande au président de la République de revenir sur la nomination d'Amélie de Montchalin à la président de la Cour des comptes (lire notre article).

Éric Coquerel étrille le budget 2026


L'élu de gauche radical poursuit sa critique des sociaux-libéraux, en particulier en matière de fiscalité – «les ultra-riches paient moitié moins d'impôts que la plupart d'entre vous ici» –, d'environnement – «Jean Pisani-Ferry explique que pour respecter les accords de Paris, il faudrait 37 milliards [d'euros] d’investissements publics de plus par an» –, d'énergie – «la programmation pluriannuelle a lancé le programme de six EPR sans que la représentant nationale choisisse de pouvoir voter» –, et la suppression des postes d'enseignants – «déjà vendus avec François Bayrou, ils sont dans le budget».

Éric Coquerel se penche alors sur «les aspects discriminatoires du budget» : «décider que les aides sociales sont décidées par la nationalité, c'est la préférence nationale de Jean-Marie Le Pen». 

Saisi par La France insoumise, le Conseil constitutionnel a validé, le 19 février, le fait que les étudiants non européens et non boursiers ne bénéficient plus d’aides au logement.

Emmanuel Macron voudrait «affaiblir» La France insoumise


Se projetant vers la présidentielle, Éric Coquerel prête à Emmanuel Macron l'intention de «réduire» La France insoumise. Dès la campagne de 2017, Emmanuel Macron a effectivement théorisé une concurrence entre progressistes et populistes.

«Voilà ce qui est entrepris depuis plusieurs semaines : affaiblir voire, s'ils le peuvent éliminer la principale force de gauche dans ce pays, la seule capable de s'opposer au Rassemblement nationale», déclare l'orateur qui fait mine de s'étonner qu'un camp politique cherche effectivement à «affaiblir» ses différents rivaux.

«Nous serions fiers que la deuxième ville d'Île-de-France ait un maire qui soit noir de peau»


«Nous classer à l'extrême-gauche, c'est de façon à marginaliser et de faire en sorte que nous ne soyons plus une alternative», considère l'élu anticapitaliste.

Tout en se disant «anti-raciste», l'orateur justifie le choix de colistiers en fonction de leur couleur de peau, en particulier à Saint-Denis : «si on veut que nos têtes de liste ressemblent à la population, soit celle des classes populaires, (…) nous avons dit que nous serions fiers que la deuxième ville d'Île-de-France ait un maire qui soit noir de peau». 

«Nous exigeons de faire en sorte de rendre visible les invisibles», insiste-t-il, «ils vivent des discriminations raciales, religieuses, sociales, parce que ce sont les mêmes qui se superposent». «Nous voulons leur laisser jouer un rôle dans la vie politique de ce pays.»

Entre «rejet de la violence politique» et dénonciation de la «provocation» de Némésis


L'Insoumis en vient au sujet qui inquiétait bon nom de militants à leur arrivée dans la salle Devosge : «depuis ce week-end, ils ont un prétexte avec la mort absolument terrible d'un militant d'ultra-droite, Quentin, sur lesquelles nous avons été clairs dès le début parce que France insoumise a toujours rejeté la violence politique, parce que la violence politique n'est jamais une solution et que, à la fin, c'est nous qui perdons quand elle est utilisé».

«Nous rejetons la rixe qui a opposé deux groupes, à Lyon. On s'aperçoit que les les gentils accompagnateurs de Némésis étaient sacrément armés barres de fer, casques, etc.», expose Éric Coquerel, «nous espérons bien que le procureur va s'intéresser, pas seulement à nous [sic], mais au groupe qui était là soi-disant pour protéger Némésis». «On connaît la manière dont Némésis agit en réalité, c'est de faire une provocation, en l'occurrence devant la porte de l'université dans lequel Rima Hassan faisait une conférence et, tout d'un coup arrivent des groupuscules nazillons armés etc. qui viennent semer la terreur.»

«S'en prendre à un homme à terre, ce ne sont pas les valeurs de l'antifascisme»


«Nous condamnons encore plus fortement la manière dont [la rixe] s'est terminée, c'est à dire le fait de s'en prendre à une homme à terre, ce ne sont pas les valeurs de l'antifascisme», déclare avec gravité l'orateur. 

«Même si parmi ces personnes, il y a des ex-militants de l'ex-Jeune Garde, tout cela ne vaut pas condamnation du rapprochement que nous avons eu avec la Jeune Garde pendant des années tout d'abord parce qu'elle est dissoute», développe Éric Coquerel, «dans le milieu antifa, la Jeune Garde théorisait sur une politisation très forte de la lutte antifasciste, sur le fait de protéger, de défendre, jamais attaquer».

Éric Coquerel incrimine le ministre de l'Intérieur


«Tout le monde sait que nous sommes non-violents. Ça fait maintenant plusieurs semaines que nos meetings sont régulièrement attaqués par Nous Vivrons, Némésis et autres, dans l'enceinte même de nos meetings», expose-t-il avant d'incriminer implicitement le ministre de l'Intérieur : «comment ça se fait que nous sommes la seule organisation politique représentée à l'Assemblée nationale qui, lorsqu'elle fait des meetings, des réunions publiques, des conférences de Rima Hassan, lorsqu'elle prévient la police, eh bien, vous pouvez avoir des gens qui viennent dans nos meetings, dans gens qui se mettent devant une porte avec des banderoles, sans que la police ne soit là». «Si la police avait été là à Lyon, comme nous l'avions demandé, comme l'IEP de Lyon [NDLR : Institut d'études politiques] l'avait demandé, très certainement qu'aujourd'hui nous ne pleurerions pas la mort d'un jeune de 23 ans. (…) C'est aussi pour ça que le gouvernement attaque parce qu'il se sent responsable de cette situation.»

«C'est un appel à nous affaiblir, s'ils le peuvent à nous dissoudre», synthétise l'Insoumis, «tout a commencé par des attaques de l'extrême-droite, a continué par les membres du gouvernement  et s'est poursuivie par certains membres du Parti socialiste». «Ces gens-là, en faisant ça, n'ont rien à faire de l'état de droit.»

«Plusieurs élus ont reçu des menaces de mort»


L'orateur rappelle alors l'alerte à la bombe au siège du parti et liste les locaux «attaqués» ou «dégradés» dans plusieurs villes de France : «depuis vendredi, (…) plusieurs élus ont reçu des menaces de mort». 

«Des personnes cagoulées ont attaqué des militants sur un marché à Paris ce week-end et à Toulouse aujourd'hui», relate Éric Coquerel, «on peut à un moment donné craindre le pire». «Les gens qui nous attaquent, de Hollande à Bardella, sont responsables de cette situation. (…) Le pire, c'est la manière dont ils banalisent l'extrême-droite. On n'est plus dans le ni-n,i y compris de la part de députés socialistes, on est dans le plus rien avec eux.»

«Aucune minute de silence à l'Assemblée» pour onze crimes racistes


Après le registre de la victimisation de La France insoumise, Éric Coquerel pioche dans les faits divers pour renvoyer la balle dans le camp de l'extrême-droite et liste «onze morts» correspondant à des crimes pour lesquels un motif raciste est envisagé. L'Insoumis déplore «aucune minute de silence à l'Assemblée», «aucune émission spéciale».

«On est en train d'essayer de dire que les antifas seraient des terroristes mais la situation à Lyon, on la connaît : ça fait maintenant des années qu'il y a des groupes de nazillons qui sèment la terreur à Lyon», souligne le député, «c'est même pour ça d'ailleurs qu'il y a eu une organisation de protection d'antifas parce que la police n'intervenait pas». «Antifas, ça veut dire antifascistes, c'est à dire ceux qui s'opposent à la résurgence de mouvements qui ont amené la Shoah, les dictatures les pires de l'histoire, la Deuxième Guerre mondiale, des états totalitaires.»

En marge du meeting, Éric Coquerel précisera sa pensée en fustigeant «les actes de Génération identitaire, devenue Les Remparts, à Lyon, qui ont attaqué des réunions publiques avec des battes de base-ball, blessant sérieusement des gens». Selon l'Insoumis, ces actes seraient «comparables» à ce qui s'est passé le 12 février. «À Lyon, tout le monde sait que la violence politique est partie d'abord de ces gens-là. (…) Le tout est de ne pas céder au même type de violences.»

L'Insoumis interpelle Olivier Faure


Éric Coquerel se dit «sidéré» par des propos d'Olivier Faure (PS) qui «met à dos antifascistes et fascistes». « Je ne sais pas si Olivier Faure se rend compte de ce qui se passe parce que ce genre de procédé, on l'a connu. En 1932, en Allemagne, il y a eu exactement les mêmes circonstances. Ça a été exactement la même manière dont le cercle de la raison de l'époque, l'hyper-centre de l'époque, a préféré Hitler au Front populaire et a accepté toutes les provocations nazies pour faire en sorte d'interdire le Parti communiste allemand».

En Allemagne, au début des années 1930, alors que la classe ouvrière oscillait entre le parti  communiste et le parti nazi, les combats de rue étaient intenses et meurtriers. Rien qu'en 1931, on a pu compter la mort de 103 communistes et de 79 nazis. Les historiens débattent encore des responsabilités respectives des sociaux-démocrates et des communistes dans la montée du nazisme.

François Hollande agirait pour «essayer de sauver le système»


«J'ai même entendu François Hollande – élu sur notre programme – qui a di t qu'il ferait tout pour faire en sorte qu'il n'y ait pas un deuxième tour entre Jean-Luc Mélenchon et le Rassemblement national», indique Éric Coquerel. «Ces gens-là sont irresponsables parce qu'ils ont décidé, pour essayer de sauver le système, qu'ils défendent tous, d'essayer d'éliminer la force que nous représentons et, pensent-ils, de se retrouver ensuite face au Rassemblement national ; le problème, c'est qu'ils se feront dévorer par le Rassemblement national ou certains même s'allieront comme c'est déjà en train de se faire.»

Toujours en référence à l'Allemagne des années 1930, Éric Coquerel veut croire que La France insoumise dispose de «bases populaires beaucoup plus importantes» en vue de la présidentielle : «nous avons de quoi résister et reconquérir le pouvoir de manière plus importante». 

Jean-Christophe Tardivon

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