
En meeting pour les municipales à Dijon, ce mercredi 18 février, le député Insoumis a demandé au président de la République de revenir sur la nomination d'Amélie de Montchalin à la tête de la Cour des comptes.
Dans le cadre de la campagne pour l'élection municipale dijonnaise, ce mercredi 18 février 2026, salle Devosge, Éric Coquerel (LFI), député de la Seine-Saint-Denis et président de la commission des Finances de l'Assemblée nationale, est venu soutenir la liste Dijon populaire menée par Olivier Minard (LFI).
Dès les premiers temps d'un discours qui a duré 50 minutes, devant 200 personnes, le fidèle lieutenant de Jean-Luc Mélenchon (LFI) a ciblé l'exécutif national au travers d'Amélie de Montchalin (RE).
L'actuelle ministre de l'Action et des Comptes publics a été nommée première présidente de la Cour des comptes en conseil des ministres, le 11 février dernier. En attente d'investiture, elle serait la première femme et, étant âgée de 40 ans, elle serait également la plus jeune personnalité à occuper cette fonction, succédant ainsi à l'ancien socialiste Pierre Moscovici qui a rejoint la Cour des comptes européenne.
Éric Coquerel fustige la «blague mensongère» d'Amélie de Montchalin
Mi-janvier, l’ex-ministre de l’Économie Éric Lombard avait avancé que des «milliers» de personnes fortunées ne paient «aucun impôt sur le revenu», cela sur la base d’une analyse du fisc (
lire l'article du Parisien).
«Au moment où le débat se fait intense sur la question de taxer les ultra-riches, [Amélie de Montchalin] a répondu qu'il n'est pas vrai de dire que des dizaines de milliers de Français fortunés ne paieraient aucun impôt sur le revenu, aucun document de Bercy ne montre une telle chose. Si tel était le cas, voilà bien longtemps que cette situation aurait été corrigé», a exposé Éric Coquerel tandis que des rires ironiques parcouraient la salle.
Le président de la commission des Finances de l'Assemblée nationale a qualifié une telle réponse de «blague mensongère» puisqu'il s'est rendu au ministère des Finances où il a découvert «des documents qui montraient, certes de manière parcellaire, que, effectivement, il y avait au moins des milliers de personnes qui ne payaient soit pas d'impôt sur le revenu, soit un impôt sur le revenu ridicule par rapport à leur fortune et leurs revenus estimés». Cette fois, des huées ont fusé depuis l'assistance.
«C'est très gênant pour quelqu'un qui va être nommée présidente de la Cour des comptes»
Des «documents complémentaires», demandés le 27 janvier, ont été d'abord envoyés «aux homologues du Sénat». «Ils sont tombés aujourd'hui», a repris l'Insoumis, «ils montrent effectivement que, déjà, il y a au minimum 13.000 personnes parmi les plus riches qui paient l'impôt sur la fortune immobilière qui paient zéro euro d'impôt sur le revenu. En réalité, c'est beaucoup plus».
«Ce qui m'étonne, c'est que Madame de Montchalin ait osé expliquer à l'Assemblée nationale qu'il n'y avait pas de document comme ça à Bercy, elle qui est la ministre de Bercy», a-t-il commenté. «A minimum, c'est un demi-mensonge, ça ne fait pas une demi-vérité. Un demi-mensonge, c'est très gênant pour quelqu'un qui va être nommée présidente de la Cour des comptes où, justement, la principale qualité, c'est qu'au moins, les informations soient absolument fiables, non discutables, etc.»
«Ici, à Dijon, je demande instamment que Madame de Montchalin ne soit pas nommée par le président de la République», a alors lancé Éric Coquerel, suivi par un tonnerre d'applaudissements parmi l'assistance.
Deux sénateurs socialistes veulent raccourcir le mandat du premier président de la Cour des comptes
En attendant l'investiture, prévue le 23 février prochain, deux sénateurs socialistes ont déposé une proposition de loi pour «encadrer la nomination du Premier Président de la Cour des comptes» en limitant le prochain mandat à neuf années plutôt que jusqu'à la limite d'âge qui est de 68 ans (
lire l'article du Parisien).
Jean-Christophe Tardivon