
«Quand j’ai une bonne idée, quand je me lève le matin, j’appelle Édouard Philippe», a confié l'ancien Premier ministre, ce mercredi 29 avril, à Dijon, en se disant «très inquiet pour la situation de la France».
L’ancien premier ministre Jean-Pierre Raffarin est venu à Dijon, ce mercredi 29 avril 2026, pour échanger avec des étudiants de Sciences Po sur le thème «Europe et déficit de leadership, ne sortons pas de l'Histoire».
Soutien d'Édouard Philippe depuis 2022, Jean-Pierre Raffarin répondait à l'invitation d'Henri-Bénigne de Vrégille (HOR), délégué municipal dijonnais du parti Horizons et conseiller municipal d'opposition.
Un observateur attentif de l'actualité politique
Député européen, sénateur de la Vienne, président du conseil régional de Poitou-Charentes, ministre et, surtout, Premier ministre de Jacques Chirac, de 2002 à 2005, passé par l'UDF, l'UMP et Les Républicains, Jean-Pierre Raffarin a été un acteur majeur de la scène politique française dans les années 1980, 1990 et 2000.
Après avoir annoncé son retrait de la vie politique en juin 2017, il est resté un observateur attentif et a rédigé de nombreux ouvrages, dont le dernier est intitulé «Ne sortons pas de l'Histoire», écrit avec Claude Leblanc et publié aux éditions Michel Lafon, en 2023.
«Dans la vie publique aujourd’hui, c’est très dur de construire quelque chose»
Lors d'une conférence de presse préalable à son intervention devant les étudiants, Jean-Pierre Raffarin a fait part de sa «grande inquiétude» sur la situation actuelle et sur l’instabilité politique que subit la France depuis la dissolution de l’Assemblée nationale par Emmanuel Macron, en juin 2024.
Après avoir rappelé que «la Vème République a été constituée sur un principe qui est le fait majoritaire et que le chef d’État doit absolument disposer d’une majorité», l’ancien premier ministre s’est désolé qu’aujourd’hui, «c’est très dur de construire quelque chose dans la vie publique», en raison également du manque de temps dont dispose l'actuel gouvernement à l'approche de la présidentielle de 2027.
«La situation est assez grave»
«La situation est assez grave», selon Jean-Pierre Raffarin qui a insisté pour que les choses soient préparées et expliquées aux Français en vue des prochaines échéances. «On ne peut pas rester avec un État aussi impuissant qu’aujourd’hui !», a-t-il martelé.
L’ancien Premier ministre a aussi plaidé pour le retour des maires dans la fabrique des lois et donc de revenir sur le non cumul des mandats : «J’ai vécu avec Pierre Mauroy au Sénat, je connaissais Gaston Defferre. Ils ont été de très grands élus et je ne vois pas pourquoi un maire d’une grande capitale régionale ne serait pas utile aussi au niveau national».
«Il faudrait deux impôts locaux»
Sur la suppression de la taxe d’habitation, Jean-Pierre Raffarin n'y est pas allé par quatre chemins, estimant que cette réforme fiscale voulue par Emmanuel Macroon a été «une erreur».
«Il faudrait deux impôts locaux, un sur l’habitation et un autre sur l’économie. La taxe professionnelle enlevée par Nicolas Sarkozy, ce n’était pas non plus une bonne idée. Aujourd’hui, les mairies et les collectivités n’ont pas forcément d’intérêt à avoir des entreprises qui viennent sur leur territoire. Mais pourtant si on veut de l’emploi, il faut aussi des entreprises», a-t-il développé.
«Une contribution en freelance» pour soutenir Édouard Philippe
Pour la présidentielle, Jean-Pierre Raffarin soutient Édouard Philippe et «donne [sa] petite contribution à un effort collectif».
«J’ai arrêté mes mandats politiques à l’âge de 69 ans, tout cela est fini, aujourd’hui, pour moi. Mais j’ai de l’amitié pour Édouard et, comme je suis très inquiet pour la situation de la France, je participe et j’apporte une contribution en freelance», a-t-il indiqué.
«Il faudra éviter les extrêmes», a alerté Jean-Pierre Raffarin, «il faudra rassembler et il y a encore du travail». «Je pense qu'[Édouard Philippe] est celui qui a le plus de capacité à être le mieux prêt en mars prochain. Il a l’expérience de Matignon, il a dirigé un parti, une ville… et moi, quand j’ai une bonne idée, quand je me lève le matin, j’appelle Édouard [Philippe]».
Fabrice Aubry

