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12/10/2021 03:21

PRÉSIDENTIELLE : «Zemmour nous recentre», glisse Sébastien Chenu, porte-parole du Rassemblement National

Venu à Dijon ce lundi 11 octobre pour une réunion avec des sympathisants, Sébastien Chenu a abordé frontalement le «phénomène» Éric Zemmour pour mieux présenter Marine Le Pen comme «un socle de stabilité».
Après un temps d'agacement face à la place prise par Éric Zemmour dans les médias, le Rassemblement National tient à faire passer un autre message : «on est serein».

Ce lundi 11 octobre 2021, lors d'une réunion réservée aux sympathisants organisée par René Lioret, conseiller régional de Bourgogne-Franche-Comté et délégué départemental pour la Côte-d'Or, Sébastien Chenu, député du Nord, est venu afficher cette sérénité et présenter la proposition de référendum sur l'immigration.

«Éric Zemmour incarne une droite un peu raide»


En amont de la réunion, le porte-parole du Rassemblement National fourbit ses armes contre le polémiste qui n'a pourtant pas encore officialisé sa candidature à la présidentielle de 2022.


«La réalité, c'est qu’Éric Zemmour, c'est un phénomène ; il se passe quelque chose autour d'Éric Zemmour» qui apparaît comme «un produit de la nouveauté», indique Sébastien Chenu en rappelant, a contrario, que son hôte a adhéré au Front National en 1986. «La nouveauté, la rapidité, la radicalité font florès», constate-t-il.

«Lorsque l'électeur s'intéressera vraiment à la campagne présidentielle, regardera qui peut prendre les clés de la maison de France, il sera plus intéressé par donner les clés à quelqu'un qui peut solutionner les problèmes des Français, les protéger, incarner une certaine forme de solidité et de permanence dans le combat politique plutôt qu'à quelqu'un comme Éric Zemmour», développe le porte-parole du RN.

En termes de positionnement sur l'échiquier politique, Sébastien Chenu rappelle qu'il réfute l'étiquette «extrême-droite» mais endosse volontiers celle de «populiste» : «tout comme Emmanuel Macron, Marine Le Pen réfute l'axe gauche-droite, (…) par conséquence, elle ne peut pas être définie comme une candidate ni de droite ni d'extrême». En revanche, «Éric Zemmour incarne une droite un peu raide, conservatrice ; il a visiblement les inclinaisons économiques du programme de François Fillon».

«Marine Le Pen aime davantage les Français qu'elle n'aime la France»


«Je pense que tous les candidats à la présidence de la République aime la France. Je pense qu'Emmanuel Macron aime la France ; il la sert très mal. (…) Marine Le Pen aime davantage les Français qu'elle n'aime la France. Éric Zemmour aime davantage la France qu'il n'aime les Français. Il a une version livresque de notre pays, d'une épopée presque romantique. Marine Le Pen réfléchit à la façon dont elle peut solutionner les problèmes, améliorer la vie des Français fondamentalement. (…) Les premières propositions qu'[Éric Zemmour] a pu faire ne résolvent rien», analyse Sébastien Chenu. En quelque sorte, c'est un rassemblement national versus un roman national.

Un référendum sur l'immigration


Les cadres du Rassemblement National considèrent avoir réussi à mettre la «problématique migratoire» dans les sujets prépondérants du débat politique. «On ne peut plus dire que cela ne compte pas», martèle Sébastien Chenu.

«L'idée n'est pas d'hystériser une campagne électorale, l'idée pas de rajouter du conflit à ce constat qui est maintenant partagé par tout le monde. Aujourd'hui, on cherche des solutions. On a une longueur d'avance. (…) Si on veut gagner les élections, l'idée est d'aller conquérir des gens qui, a priori, ne votaient pas pour nous, y compris de bonne foi. (…) Notre boulot, c'est d'expliquer que notre schéma, ce que nous proposons aux Français, ce n'est pas moins de libertés, c'est plus de libertés, ce n'est pas la désordre, au contraire, c'est la paix civile. Je ne crois pas que la candidature d'Éric Zemmour se situe là-dedans», développe Sébastien Chenu.

Immigration et insécurité, pouvoir d'achat et travail ou encore «France délaissée» seront les trois axes forts de la campagne de Marine Le Pen. En lien avec le premier axe, la candidate propose d'organiser après l'élection un référendum sur une loi constitutionnelle révisant le regroupement familial, l'aide médicale d’État ainsi que le code de la nationalité.

«Marine Le Pen, c'est la permanence des idées»


La candidate a, le 6 octobre dernier, présenté une nouvelle proposition, sur le pouvoir d'achat cette fois avec la baisse de la TVA à 5,5% sur l'énergie vue comme «produit de première nécessité».

«Marine Le Pen, c'est la permanence des idées, une certaine forme de cohérence, de stabilité, de solidité. Dans les moments tourmentés d'un pays, avoir Marine Le Pen à la tête d'un pays, comme un socle de stabilité, m'apparaît bien plus rassurant que des candidats qui apparaîtraient comme ni solides ni incarnant une forme d'autorité. (…) De fait, Zemmour nous recentre», glisse Sébastien Chenu.

La «recyclerie» des parrainages d'Éric Zemmour


En 2017, quatre maires de Côte-d'or avaient parrainé Marine Le Pen. Ce lundi 11 octobre, René Lioret a commencé à rencontrer des maires en se concentrant sur les communes qui ont accordé des suffrages élevés aux candidats du Rassemblement National lors des dernières élections locales. Cette année, le délégué départemental espère en convaincre six.

Alors que trois maires du département ont fait part de leur intention de parrainer Éric Zemmour dont Loup Bommier, maire de Gurgy-le-Château et proche du sénateur LR Alain Houpert, qui en a fait un étendard médiatique, ou encore Franck Gaillard, ex-élu du FN n'ayant pas obtenu l'investiture aux régionales. «C'est un peu la recyclerie de tous les mecs qu'on a virés», s'amuse Sébastien Chenu.

Ce soir-là, environ 70 personnes sont présentes pour écouter Sébastien Chenu et René Lioret dans un restaurant dijonnais. Parmi elles, les conseillères régionales Nathalie Fritsch, Mélanie Fortier et Valérie Graby. Le délégué départemental du Jura, Thomas Rigaud, assiste également à la réunion de campagne en vue de l'élection présidentielle.

Jean-Christophe Tardivon

«L'immigration est au centre du débat», selon Julien Odoul



Sébastien Chenu, député du Nord, conseiller régional des Hauts-de-France et porte-parole du Rassemblement National, et René Lioret, conseiller régional de Bourgogne-Franche-Comté et délégué départemental du Rassemblement National pour la Côte-d'Or


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