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20/05/2021 03:27

RÉGIONALES : François Rebsamen, pour l'hydrogène, contre la décroissance

Se positionnant dans un clivage entre progressistes et «écologistes de la décroissance», l'élu socialiste a livré un discours incisif à l'occasion du lancement des travaux d'une station de production d'hydrogène décarboné ce mercredi 19 mai à Dijon.
À un mois du premier tour des élections régionales, François Rebsamen (PS), maire de Dijon et président de Dijon Métropole, entame une séquence très politique alors qu'il soutient la candidature de Marie-Guite Dufay (PS).

Le 16 mai dernier, dans un entretien avec le Journal du Dimanche, l'élu déclare avoir «mal à [son] socialisme» en critiquant la stratégie du premier secrétaire du Parti Socialiste.

«Des alliances contre l'extrême-droite»


Dans ce même entretien, François Rebsamen anticipe, au second tour des régionales, la nécessité de faire barrage au Rassemblement National dans «des alliances contre l'extrême-droite» constituant ainsi «un arc républicain» dans lequel les socialistes auraient toute leur part.


En 2015, François Rebsamen fut un artisan du maintien de Marie-Guite Dufay (union de la gauche), pourtant arrivée troisième, derrière Sophie Montel (FN) et François Sauvadet (union de la droite), et finissant par l'emporter avec une majorité d'une voix dans l'assemblée régionale.

L'arc républicain évoqué aujourd'hui préfigure le positionnement qui pourrait advenir si d'aventure Emmanuel Macron se retrouvait face à Marine Le Pen au second tour de l'élection présidentielle en 2022.

Dans la foulée de l'entretien, le 17 mai dernier, on apprenait que le Premier ministre confiait à François Rebsamen le soin de présider une commission devant formuler des recommandations pour inciter les collectivités territoriales à construire davantage. Le gouvernement prévoit en effet une enveloppe d'un milliard d'euros affectée au logement et à la ville durable.

«L'hydrogène, l'une des plus grandes révolutions industrielles de ce siècle»


Dans ce contexte, ce mercredi 19 mai 2021, en lançant les travaux d'une toute nouvelle station de production d'hydrogène décarboné, l'élu socialiste retrouvait des accents de la campagne des municipales.

Pour abriter les quelques participants à la cérémonie, mesures sanitaires obligent, un grand chapiteau avait été installé. Si la structure produisit maints grincement sous l'effet du vent, on peut supposer que les dents ont encore plus grincé du côté de la liste écologiste conduite par Stéphanie Modde pour ces élections régionales.

«L'hydrogène représente sans doute l'une des plus grandes révolutions industrielles de ce siècle qui vient de s'ouvrir et l'un des leviers majeurs pour décarboner les transports», déclare François Rebsamen, débutant un propos en phase avec le thème industriel. Mais la suite révélera une alternance d'envolées progressistes et de piques acérées à destination des tenants de l'écologie politique.

«Une politique très ambitieuse de soutien aux objectifs de la COP 21»


«[Cet hydrogène] est vert, comme nous», lance alors le socialiste avant de revenir sur l'histoire de la primaire d'Europe Écologie Les Verts de 2011. «Nicolas Hulot, c'est celui qui aurait pu être candidat des écologistes avant qu'ils ne devienne des écologistes de la décroissance. Vous savez, un parti, quand il choisit Eva Joly contre Nicolas Hulot, c'est qu'il n'aspire pas à diriger le pays donc il n'aspire pas à révolutionner notre pays et à faire avancer la cause écologique. (…) Il avait saisi, je crois, le potentiel que représentait l'hydrogène et il avait lancé un plan de 100 millions. Ce n'était pas énorme mais il avait compris l'enjeu», analyse François Resbamen.

L'ancienne magistrate l'avait emporté en 2011 avec 58,16% des voix des 22.861 sympathisants ayant voté. Elle fit 2,31% au premier tour en avril 2012, François Hollande accédant à la présidence au second tour.

L'actuel président de Dijon Métropole profite de la thématique pour glisser un hommage à l'ancien président de la République : «nous nous sommes mobilisés au niveau local pour engager une politique très ambitieuse de soutien aux objectifs de la COP 21 qui a été signée sous le quinquennat de François Hollande, on l'oublie un peu facilement. Parce que je suis convaincu que l'hydrogène vert sera le moteur de la transition énergétique pour la décennie qui vient, j'ai initié ce projet hydrogène vert ambitieux pour notre collectivité».

«C'est un vrai sujet écologique que nous portons»


La construction de la station de production d'hydrogène fait suite au Plan national hydrogène, à la labellisation «Territoire d'hydrogène» de la Région Bourgogne-Franche-comté et au contrat de plan État-Région 2021-2027. Ce qui fait dire au président de la Métropole que «pendant que d'autres se gargarisent sur des sujets qui ne sont pas d'intérêt écologique, pensant plutôt à diviser notre région qu'à la rassembler, la Région Bourgogne-Franche-Comté, soutient cette création de l'unité de production, de la distribution et du stockage de Dijon Métropole».

«On mesure à travers l'enjeu de la compétition régionale qui vient combien il est important de soutenir cette Région qui a déjà mis le doigt dans l'engrenage – parce que, ça, c'est un vrai sujet écologique que nous portons – il faut qu'elle aille plus loin», ajoute François Rebsamen qui ambitionne que la Bourgogne-Franche-Comté soit «la première région hydrogène de France».

«Nous sommes fiers de construire ici le futur écologique de notre métropole»


Le projet lancé ce jour sera mis en service en janvier 2022. Par la suite, sera construite une seconde station de production, au sud de Dijon, au niveau du centre de maintenance des bus et tramways. Le site se trouvera à proximité des voies SNCF, permettant ainsi d'envisager l'alimentation de futurs trains à hydrogène. Puisque les TER relèvent d'une compétence du conseil régional, François Rebasmen s'adresse aux deux vice-présidents présents : «à condition que vous puissiez bien sûr continuer – grâce au vote des électeurs bien évidemment – ce projet que vous avez lancé».

«La Métropole se donne les moyens de réduire significativement les émissions de CO2 et d'avoir un impact concret et positif sur l'environnement et la santé des habitants. L'hydrogène vert, c'est une énergie propre qui apporte une solution locale au défi global du changement climatique. Nous sommes fiers de construire ici le futur écologique de notre métropole et de notre territoire. C'est fort bien de planter ici ou là un arbre supplémentaire au centre-ville mais ça n'a rien à avoir avec une ambition écologique affirmée et concrète. Nous avons choisi de nous adresser à la population à travers les médias pour expliquer que notre engagement est profond, il va être très important pour lutter contre le réchauffement climatiques et nous planterons quand même ces quelques arbres qui semblent faire plaisir à quelques-uns. Nous agissons pour l'intérêt de tous», conclut l'orateur.

Jean-Christophe Tardivon

Lancement du chantier de la station de production d'hydrogène décarboné



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