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10/06/2021 21:22

RÉGIONALES : Gérald Darmanin dote en arguments les colistiers de Denis Thuriot

«La sécurité est la première des conditions pour vivre en liberté», a déclaré le ministre de l'Intérieur qui ne veut pas voir ce thème devenir l'apanage du Rassemblement National. Ce jeudi 10 juin, Gérald Darmanin s'est rendu à Dijon pour défendre le bilan d'Emmanuel Macron et soutenir Denis Thuriot.
La Bourgogne-Franche-Comté fait l'objet de nombreux déplacements ministériels durant cette période de campagne des élections régionales. Certains sont liés au bol d'air du déconfinement favorisant l'accentuation des visites territoriales, d'autres sont spécifiquement destinés à soutenir Denis Thuriot, candidat de la majorité présidentielle en Bourgogne-Franche-Comté.

Ce fut le cas de Gérald Darmanin, ministre de l'Intérieur, dont la venue annoncée le 3 juin dernier a été reportée à ce 6 juin 2021, signe de l'importance revêtue par la séquence. Par ailleurs, le Premier ministre Jean Castex est d'ores et déjà annoncé en meeting à Besançon le 18 juin prochain.


L'arc politique autour du candidat de la majorité présidentielle


Gérald Darmanin a été accueilli à la gare par Denis Thuriot entouré des parlementaires LREM Fadila Khattabi, Didier Martin, Didier Paris et François Patriat ainsi que des colistiers représentant les partenaires politiques comme Florence Bizot (Modem), Alain Chrétien (Agir la droite constructive), Delphine Gallois (Mouvement Radical) et Muriel Vergès-Caullet (Territoire de Progrès).

Une déambulation a conduit jusqu'à une terrasse de la place du Bareuzai pour un temps d'échanges où se sont associés les colistiers Ludovic Rochette (divers droite) et François Deseille (Modem).

La délégation a ensuite rejoint le cellier de Clairvaux pour une réunion de motivation des troupes pour les derniers jours de campagne avant le premier tour du 20 juin prochain. Sur une centaine de personnes présentes, environ 70 étaient des colistiers pour les régionales et d'autres étaient des candidats aux départementales sans oublier les Jeunes Avec Macron et quelques militants Marcheurs.

«La Bourgogne-Franche-Comté est en danger»


À la tribune, le sénateur François Patriat, président de l'association de soutien, et le député Didier Martin, coordinateur des départementales en Côte-d'Or, encadrent les orateurs présentés par Didier Paris, directeur de campagne.

Denis Thuriot débute son adresse aux colistiers et aux militants en annonçant que «la Bourgogne-Franche-Comté est en danger», précisant être là «pour contrer cela». Le candidat enchaîne avec la problématique de la sécurité même si elle s'est «invitée un peu trop fortement dans cette élection régionale» puisqu'il s'agit d'une compétence marginale du conseil régional.

«Plutôt que de laisser croire au Rassemblement National ou aux LR – qui ne sont plus tout à fait des LR, qui ne sont plus des gens de droite progressiste, qui ont fait alliance avec le partenaire naturel du Rassemblement National, c'est à dire Debout La France – qu'ils n'ont pas l'apanage de la sécurité», Denis Thuriot explique avoir choisi d'inviter le ministre de l'Intérieur.

«L’État assume [la sécurité] par un renforcement des effectifs», assène Denis Thuriot en listant les villes de Vesoul, Château-Chinon, Le Creusot ou encore Nevers avec l'objectif de «revenir au niveau de 2016» en déplorant une fois encore la baisse des effectifs survenue durant le mandat de Nicolas Sarkozy.

Le candidat préfère aborder la problématique de façon transversale en listant non pas des mesures dédiées à la sécurité mais en quoi le programme sur l'innovation – comme l'accompagnement du déploiement de la fibre optique et de la 5G – sur la lutte contre les discriminations dans les lycées ou encore sur le soutien à l'économie pourrait contribuer à améliorer la situation actuelle. Une approche revendiquée comme «progressiste» et «moderne».

«Le président de la République a eu à gérer un héritage»


Dans une campagne trois-en-un mixant régionales de Bourgogne-Franche-Comté, régionales des Hauts de France et mise en avant du bilan du président de la République à ce jour, Gérald Darmanin prend la parole pour un discours rôdé, mené façon stand-up avec plusieurs traits d'humour que l'on ne connaissait pas au ministre de l'Intérieur.

Le bilan de quatre années de mandature d'Emmanuel Macron occupera une large part de son propos pour tout à la fois mobiliser les militants présents et doter les colistiers en informations en vue de la campagne. Celui qui a été ministre de l'Action et des Comptes publics à 35 ans, après avoir quitté le parti des Républicains, insiste sur les baisses d'impôts et le gain en pouvoir d'achat correspondant sans s'étendre sur les baisses de cotisations sociales afférentes.

La crise des Gilets Jaunes et la crise sanitaire sont vues comme des événements de la mandature ayant freiné l'action réformiste promise par Emmanuel Macron durant la présidentielle. «Le président de la République a eu à gérer un héritage», glisse Darmanin en ajoutant que «le président de la République a aujourd'hui, malgré tout, un soutien de la population» avec notamment «le président de la République le plus soutenu par la jeunesse».

Les réformes de la SNCF, du code du travail, de l'assurance-chômage sont abordées comme étant «difficiles» en soulignant les différences avec les gouvernements précédents sur les mêmes sujets.

«La France a été au rendez-vous sanitaire et économique»


«Dans quel pays vous testez, vous vaccinez, vous soignez gratuitement ? Ailleurs les test sont payants, les vaccins sont payants et on ne se soigne pas gratuitement», déclare Gérald Darmanin à propos de la crise sanitaire pour mettre en avant le modèle social français en occultant les atermoiements sanitaires de l'hiver et du printemps 2020.

«Pas un commerçant ne va se plaindre de la politique du gouvernement, pas une personne n'est licenciée en France à cause du Covid», lance l'orateur pour  évoquer des aspects concrets liés au «quoiqu'il en coûte». «Quand on se compare en Europe, dans le monde, la France a été au rendez-vous sanitaire et économique», résume-t-il.

Les rappels de l'augmentation du budget des armées en lien avec la diplomatie française et du recrutement de personnels des forces de sécurité intérieure en lien avec la lutte contre les trafic sont effectués. «Les policiers ont des devoirs déontologiques, ils ne peuvent pas faire n'importe quoi. On les aime, on les soutient», assure Gérald Darmanin avant d'évoquer la construction de 15.000 place de prison – que les parlementaires réclameraient à Paris pour les refuser dans les territoires – et l'ouverture de 1.000 postes de magistrats.

«Tout n'est pas parfait, il y a encore beaucoup de difficultés. Nous avons un bilan à défendre, il faut pouvoir répondre. (…) Vous soutenez un président de la République qui a besoin de soutien», conclut Gérald Darmanin.

«La PME familiale Le Pen»


Alors que la salle scande des «Denis ! Denis !», le tribun se plie au jeu des questions-réponses en demandant aux colistiers de faire des remarques à même de les aider dans leur campagne électorale.

Interrogé par Dominique Grimpret, maire d'Ahuy ayant été agressé en 2020, sur le climat de violence, Gérald Darmanin indique ne pas vouloir commenter les décisions de justice à venir. Il préfère développer des arguments en opposition au Rassemblement National.

«C'est dingue le nombre de gens qui pensent que les autres sont pourris alors qu'ils sont les premiers partis et candidats les plus mis en examen et condamnés de la classe politique», déclare-t-il sous les applaudissements de la salle.

Gérald Darmanin se lance alors dans une démonstration, partant d'un «vous votez rarement Rassemblement National quand vous êtes heureux», passant par «la PME familiale Le Pen – le père, la fille, la nièce» pour arriver à «ce sont des gens qui vivent des problèmes». A contrario, il brandit les résultats électoraux du Rassemblement National dans sa ville de Tourcoing (Nord) : 17,52% au premier tour en 2014, 8,39% en 2020.

«Quand vous avez apporté des solutions aux problèmes, il n'y a plus de problème donc il n'y a plus de Front National», résume l'orateur. «Il faut bien comprendre que c'est un vote souvent de colère et très peu d'adhésion. J'ai la conviction que les Français ne sont pas un peuple ni fasciste ni raciste», ajoute-t-il.

Alertant sur une potentielle baisse d'attractivité de la région en cas de victoire du Rassemblement National, Gérald Darmanin prend l'exemple de Fréjus (Var) dont le maire est David Rachline (RN) depuis 2014 : «des CRS sont envoyés très souvent pour résoudre des problèmes structurels de sécurité dans sa commune». «A-t-il résolu les problèmes ? Non, il a un intérêt objectif à ne pas les résoudre», martèle le ministre de l'Intérieur.

«La police me contrôlait beaucoup quand j'étais étudiant»


Interrogé par une colistière évoquant les quartiers difficiles, Gérald Darmanin rappelle ses origines sociales et même son second prénom, Moussa. «[La police] me contrôlait beaucoup quand j'étais étudiant», confie celui qui a deux grands-parents nés à l'étranger. En réponse, Gérald Darmanin invite à ne pas décorréler l'emploi, la sécurité et l'éducation.

Le sujet lui permet de conclure les questions réponses en défendant les policiers, des «enfants du peuple», souvent des «enfants de l'immigration», «pas assez bien payés, pas assez bien formés». «Ce sont des urgentistes», analyse le ministre de l'Intérieur en faisant le parallèle avec l'action du SAMU : «on les appelle quand tout le monde avant a failli».

Si «la sécurité est la première des conditions pour vivre en liberté», le ministre replace son action dans l'ensemble du gouvernement en considérant que «la sécurité n'est pas qu'une politique d'intervention».

Jean-Christophe Tardivon

«Les anathèmes et les insultes du Front National créent un climat de violence», selon Gérald Darmanin















































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