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13/05/2020 12:09

RENTRÉE SCOLAIRE : «Faire en sorte que toute la sécurité sanitaire soit respectée»

Le retour des élèves en classe représente un vrai défi pour les municipalités et l’Éducation nationale. Exemple à Dijon où l'adjointe au maire Anne Dillesenger et l'inspectrice Céline Notebaert ont visité le mardi 12 mai les écoles élémentaire et maternelle Anjou dans le quartier de la Fontaine-d'Ouche.
Distanciation, gel hydroalcoolique, lavage des mains... La lutte contre l'épidémie de Covid-19 fait entrer de nouvelles mesures dans les écoles. Les chefs d'établissements, les personnels techniques, les enseignants et les familles doivent s'adapter. On connaîtra la réaction des enfants à ces nouveautés à compter du 14 mai même si une faible proportion reprendra le chemin de l'école.

Exemple de ces mesures au groupe scolaire Anjou, dans le quartier de la Fontaine-d'Ouche à Dijon, avec l'adjointe au maire de Dijon déléguée à l'éducation. Le mardi 12 mai 2020, Anne Dillenseger a rencontré Alain Dardot et Vanessa Chateaux, respectivement directeur de l'école élémentaire et directrice de l'école maternelle. En compagnie de Céline Notebaert, inspectrice de l’Éducation nationale, l'adjointe a visité les locaux et échangé avec les membres de la communauté éducative du groupe scolaire.

Ce sont des locaux désinfectés par nébulisation dès la semaine dernière que la délégation a parcouru. Le personnel technique a préparé le réfectoire par exemple et les enseignantes travaillent depuis lundi, jour de pré-rentrée, à décliner les mesures sanitaires dans les classes.

12% d'élèves de retour à l'école


Ces derniers jours, la Ville de Dijon a interrogé les familles par SMS. Même si le nombre d'enfants effectivement présents peut encore évoluer, la municipalité a ainsi une idée de l'ordre de grandeur de la fréquentation au sortir du confinement. En temps normal, toutes classes confondues, les écoles dijonnaises accueillent 10.300 élèves. Ce jeudi 14 mai, les familles ont annoncé le retour en classe de 1.300 enfants, soit environ 12%, relevant principalement des grandes sections de maternelle, des CP et des CM2. Sont aussi inclus les CE1 dédoublés en écoles de Réseau d'éducation prioritaire (REP) et les enfants accueillis dans le service minimum destiné aux familles concernées par la gestion de la crise sanitaire.

En temps normal, ce sont 120 élèves qui fréquentent l'école élémentaire. Anjou. Le 14 mai seront accueillis cinq élèves de CP, cinq élèves de CE1 et dix élèves de CM2, soit 16% de l'effectif habituel. La limite des groupes de 15 enfants sera donc facilement respectée dans les premiers temps.

«On sera prêt à accueillir tous ceux qui le voudront»


«Il y a un certain nombre de familles dont au moins un des deux parents ne travaillent pas qui ne veulent pas remettre leurs enfants en classe avant septembre» a constaté Anne Dillenseger puisque cette rentrée scolaire particulière se fait sur la base du volontariat. Cependant, Alain Dardot a précisé que «on sera prêt à accueillir tous ceux qui le voudront». Céline Notebaert a tenu à rassurer les familles : «on est vraiment sur une responsabilité partagée par l'ensemble de la communauté éducative pour faire en sorte que toute la sécurité sanitaire soit respectée».

La totalité des neufs enseignants ont participé à la pré-rentrée. «Tout le monde a envie de reprendre» a spécifié le directeur de l'école. Ils se sont répartis les rôles entre ceux qui vont faire classe en présentiel et ceux qui vont assurer la continuité pédagogique en distanciel, comme pendant le confinement.

Seront aussi présents trois agents techniques et deux animateurs périscolaires, un troisième animateur renforcera l'équipe pour gérer la pause méridienne et la distribution particulière des repas. Les vingt élèves de jeudi formeront deux groupes-classes de dix qui resteront inchangés sur les temps scolaires et périscolaires afin qu'il n'y ait pas de brassage des effectifs ni le midi ni le soir. Des repas chauds seront proposés les jours d'école et un repas froid le mercredi. Seuls deux enfants seront à la même table afin de rester éloignés.

Les centres de loisirs, eux aussi, s'adaptent. Les deux premiers mercredis après-midis, les animateurs se déplaceront jusqu'à l'école pour éviter les déplacements des enfants.

S'approprier les règles sanitaires


«Il faut que chacun des personnels, que ce soit Éducation nationale ou municipaux, s'approprient dans la pratique les règles sanitaire. Le fait de commencer progressivement va permettre aux professionnels d'avoir de nouveaux gestes et de nouvelles habitudes» explique-t-on du côté de la Ville de Dijon. Pour sa part, le rectorat de l'Académie de Dijon a effectué des visioconférences avec les directeurs d'écoles «pour expliquer le protocole sanitaire». Dans les établissements, les médecins et les infirmières scolaires auront aussi pour rôle de répondre aux questions concernant ces mesures.

D'ici la rentrée effective, des places nominatives seront tracées à la peinture dans le préau. Même les toilettes seront étiquetées. Chaque groupe-classe évoluera dans des étages séparés avec un fléchage au sol pour se repérer. Dans les salles de classe, les tables ont été espacées à raison de 4 m² par enfant. Chaque élève aura un matériel spécifique et une poubelle individuelle pour les mouchoirs.

Des produits désinfectants seront remis aux enseignants qui, dans la journée, compléteront régulièrement le nettoyage effectué le matin par les personnes techniques. Poignées de porte et interrupteurs seront tout particulièrement ciblés par ses nouveaux réflexes à acquérir.

Du matériel de classe individualisé


Directrice de l'école maternelle Anjou, Vanessa Chateaux a précisé que les agents spécialisés des écoles maternelles (ATSEM) et une accompagnante d'élève en situation de handicap (AESH) avaient reçu tout spécifiquement une formation aux gestes barrières.

Sont attendus neuf enfants pour la rentrée du 14 mai, ce qui permettra de constituer un seul groupe-classe et d'utiliser une seule salle. Deux enfants seront pris en charge par les animateurs périscolaires de l'école élémentaire. Trois enseignantes, dont la directrice d'école, vont faire classe. Une des professeure assurera la continuité pédagogique en distanciel pour les enfants restés à la maison.

«Donner des habitudes pour quand il y aura plus d'élèves»


Comme à l'école élémentaire, les tables sont largement séparées, le matériel est individualisé dans des barquettes (pâte à modeler, ciseaux, etc.). À l'extérieur, l'accès au jeux collectifs comme le toboggan ne sera plus possible.

L'équipe éducative a répété une comptine pour accompagner un lavage soigneux des mains en s'aidant de références mnémotechniques faites de noms d'animaux pour chaque étape (serpent, hérisson, ours, koala...).

Pour Vanessa Chateaux, un des enjeux est de «donner des habitudes pour quand il y aura plus d'élèves». Autant dire que les premiers rentrés seront sans doute les plus à mêmes d'acquérir des repères pour évoluer dans une société devant faire face à la circulation du nouveau coronavirus.

Jean-Christophe Tardivon

Toutes les mesures prises dans les écoles de Dijon


Retrouver la comptine du lavage des mains