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30/11/2020 19:26

SANTÉ : «Il y a une compréhension de la pression accumulée et absorbée», déclare Didier Martin au CHU Dijon Bourgogne

Le député LREM de la première circonscription de la Côte-d’Or s’est rendu ce vendredi 27 novembre au CHU Dijon Bourgogne pour souligner l’engagement des professionnels de santé dans la lutte contre l’épidémie ainsi que pour réaffirmer la reconnaissance du gouvernement envers cet établissement. Une lutte que l'hôpital mène par une adaptation dynamique.

Vendredi 27 novembre 2020 après-midi, Didier Martin, député LREM de Côte-d’Or qui a intégré début novembre la commission des affaires sociales, s’est rendu au CHU Dijon Bourgogne pour mettre en avant deux secteurs : la biologie et l’imagerie médicale. En insistant d’entrée : «Je tenais à visiter deux pôles essentiels dans la prise en charge des malades de la Covid-19. Ce sont deux pôles indispensables au diagnostic, autour des médecins des urgences et des biologistes».

Jusqu’à 1.200 analyses de dépistage Covid possibles en 12 heures


Côté biologie, c’est une visite de la plateforme de biologie hospitalo-universitaire qui était au programme. Cette PBHU où fin septembre, lorsqu’un afflux massif de personnes se présentait au drive installé pour le dépistage Covid sur le campus universitaire (situé aujourd’hui dans l’ancienne crèche à Quetigny), une hotline dotée de 8 postes informatiques a été mise en place, justement pour mieux gérer les flux.
Au plus fort de l’épidémie durant ce deuxième confinement, 400 à 500 rendez-vous étaient enregistrés par jour. «Ça a baissé pour deux raisons, la circulation du virus est moins importante et la disponibilité des tests antigéniques en pharmacie et chez les médecins généralistes», note le docteur Pascal Guerard, chef du service biologie-pathologie.
Non loin des postes informatiques dédiés aux prises de rendez-vous, la phase pré-analytique des prélèvements permet de préparer les analyses, de mettre en corrélation l’échantillon d’un patient avec le résultat qui doit sortir des analyses.

C’est à l’étage que celles-ci sont réalisées. L’investissement dans plusieurs machines permet aujourd’hui à la plateforme d’être en capacité de faire 1.200 analyses par jour sur une plage horaire quotidienne de 12 heures (jusqu’à 2.000 analyses possibles en 24 heures). Le procédé d’extraction et d’amplification des fragments de l’ADN viral est utilisé pour sortir des résultats fiables et bien identifiés. Le résultat est aujourd’hui délivré à un patient en 18 heures en moyenne.

«Il a fallu relever les défis les uns après les autres»


La capacité d’analyses en nombre peut être étendue. Au CHU Dijon Bourgogne, on s’attend déjà à un rebond des dépistages avant les vacances de Noël mais aussi au retour de celles-ci. Sachant aussi que la plateforme réceptionne des prélèvements d’autres centres hospitaliers de la région.
Ayant notamment accueilli le député lors de la visite, Nadiège Baille, directrice générale de l’établissement sanitaire, souligne : «La biologie ne s’est jamais arrêtée malgré les difficultés. Ici face au virus, c’est un engagement depuis mi-janvier. il a fallu relever les défis les uns après les autres». Didier Martin rebondit : «Côté politique c’était pareil je vous rassure… Je devrais dire politique et budgétaire».
Il y a quelques jours, le CHU Dijon Bourgogne faisait part d’une «transformation complète» pour faire face à la deuxième vague (retrouvez le communiqué en cliquant ici).

Pour ce qui est de la tendance actuelle concernant l’épidémie, Nadiège Baille mesure : «Tous les établissements de santé ne connaissent pas les mêmes baisses. En revanche, les taux d’incidence et de positivité baissent vite. Notre réanimation reste en tension mais les hospitalisations Covid relevant seulement de la médecine baisse. Nous devons être à 156 patients aujourd’hui (vendredi 27 novembre). Après, c’est certain que si les mesures sanitaires ne sont pas respectées durant les fêtes, la troisième vague est une menace».

À la PBHU, on se prépare aussi à faire place à un congélateur à -80° pour le stockage de vaccins. En parallèle, des projets de recherche sont poursuivis, notamment autour de la gastro-entérite et du SARS-CoV 2.

Un projet de 4 millions d’euros en imagerie médicale


Au pôle d’imagerie médicale, on fait une quinzaine de scans par jour pour bien cibler des problèmes pulmonaires liés à des symptômes de la Covid-19. Frédéric Ricolfi et son adjointe Alexandra Arnaud évoquent aussi le manque d’une quatrième IRM pour répondre à une activité globale croissante (+10% en septembre 2020).

Un projet de réaménagement du service doit faire place fin 2021-début 2022 à deux salles multimodales de 60 m2 et 50 m2 où l’idée sera de rapprocher encore plus l’image et les interventions chirurgicales. Frédéric Ricolfi explique : «Le but est d’améliorer les interventions que l’on fait aujourd’hui. Ça peut déboucher sur des traitements nouveaux, sur une tumeur cérébrale que l’on pourrait d’abord détruire avant d’opérer, on pourrait accéder à des zones auxquelles on n’accédait pas avant. Sans oublier des contrôles plus poussés en orthopédie».
Le projet restant à peaufiner représenterait un investissement de 4 millions d’euros, plus les travaux préparatoires au sein du service.

«Les soignants ont accompagné tous les changements»


Au cours de sa visite, le député En marche, qui avait débuté à l’âge de 28 ans sa carrière comme médecin hospitalier, d’abord à l’hôpital général aux neurosciences puis au CHU Dijon Bourgogne, a pris plaisir à croiser d’anciens collègues tout en écoutant leurs craintes, notamment sur le fait que les métiers de la santé en prennent un coup dans cette crise malgré leur caractère essentiel.
Interrogé sur le même registre, Didier Martin est conscient de la mobilisation : «Les soignants ont accompagné tous les changements, techniques car la médecine le devient beaucoup, budgétaires, administratifs… C’est une communauté très professionnelle, très engagée, très dévouée. Et ils ont été sous pression depuis le début de l’épidémie. Il est important d’être à leur écoute… Comment ils ont vécu cette période ? Comment ils reprennent les autres activités ?».

Selon l’élu de la majorité présidentielle, «Il y a une compréhension de la pression qu’ils ont acceptée, accumulée et absorbée. On n’a jamais fait autant en dépense de santé (8,2 milliards d’euros dans le cadre du Ségur de la santé et en revalorisation des personnels. C’est reconnu». En tempérant tout de même : «Une catégorie dans les soins à domicile n’a pas bénéficié de cette revalorisation salariale. Je considère que c’est injuste. Il ne faut pas oublier les SSIAD (services de soins infirmiers à domicile)».

«Une réelle attente» sur les parcours professionnels


Pour le député, qui refuse de tomber dans le qualificatif péjoratif d’«usine à soins» entendu parfois en périphérie de territoire, le CHU Dijon Bourgogne est une établissement de santé reconnu : «Le Premier Ministre et le Ministre de la santé qui viennent sur place, c’est une juste reconnaissance. S’il y une réelle attente aujourd’hui, c’est sur les parcours professionnels et l’évolution des métiers, comme pour les infirmiers qui ont envie d’évoluer et qui devraient pouvoir accéder à un grade intermédiaire entre infirmier et médecin. Ce qui permettrait aussi de soulager les médecins… Le Ministre de la santé l’a dit : il veut revaloriser les métiers et améliorer les parcours professionnels, en passant par des spécialisations. Moi j’ai connu quelqu’un il y a des années qui est rentré à l’hôpital en tant que brancardier et qui a fini cadre supérieur. C’est une exception et il faudra beaucoup plus d’occasions de faire un tel parcours».

Pour finir, Didier Martin résume sa visite par ces mots : «Je suis admiratif de l’adaptation qu’ils ont su faire en mobilisant toute la communauté hospitalière, de la logistique aux soignants. Même si le taux d’occupation des lits de réanimation est au-dessus de 100%, on arrive à faire face».

Alix Berthier
Photos : Alix Berthier

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