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21/05/2022 15:21

SANTÉ : La Chartreuse optimise les soins psychiatriques pour les enfants et leurs familles

L’établissement de santé psychiatrique a inauguré ce vendredi 20 mai sur son site principal de Dijon de nouveaux locaux de son pôle de pédopsychiatrie. Deux unités sont regroupées pour mieux appréhender et accompagner le développement de l’enfant et de l’adolescent.
Au centre hospitalier La Chartreuse à Dijon, un double objectif est entretenu, celui de respecter le projet d’établissement 2021-2025 et d’améliorer l’offre de soins en favorisant les parcours dans une démarche partenariale avec d’autres acteurs de la santé mais aussi au sein même de la structure hospitalière et psychiatrique.

L’inauguration des nouveaux locaux de deux unités du pôle de psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent ce vendredi 20 mai 2022 en a été une illustration concrète, dans l’intérêt de suivre au plus près le développement de l’enfant en tenant compte de sa santé mentale ainsi qu’en mesurant les problématiques familiales auxquelles il peut se retrouver confronté.

Le projet visait à regrouper l’unité père-mère-bébé et l’unité de soins Petits pas dans un même bâtiment. Deux hôpitaux de jours dont les amplitudes horaires ont été augmentées. C’est chose faite depuis le 2 mai, sur deux étages et une surface de 840 m2.
Cette opération ayant été effectuée dans d’anciens locaux désaffectés de La Chartreuse, le coût s’est élevé à deux millions d’euros. 65.000 euros ont été investis dans le mobilier.

«Accompagner chacun à une meilleure conscience de lui-même

et de son environnement»


La démarche n’est pas qualifiée tel un simple rapprochement. Selon François Martin, directeur du centre hospitalier La Chartreuse, c’est «un recentrage en cohérence» et une amélioration de l’offre de soins concernant deux unités qui ne se situaient par sur le site principal de l’établissement.
Anciennement appelée la Fontaine aux Berlingots, l’unité de soins Petit pas se trouvait dans le quartier des facultés. L’unité père-mère-bébé «ne disposait que de quelques mètres carrés ponctuels», dans une partie de l’unité Rameau notamment.

L’ensemble récemment inauguré est doté de «plus de 20 etp dans un cadre apaisé» comme l’a souligné François Martin. Cela à proximité du Prisme (12-25 ans) et d’Intermède (11-17 ans). Plus de 80 enfants sont suivis à l’USPP et 300 pères, mères et bébés sont accueillis à l’UPMB.

Le pôle mentionné va au-delà, avec quatorze unités allant de la périnatalité à la quasi majorité sur le sud de la Côte-d’Or et plus largement puisque des composantes sont intersectorielles dont l’UPMB. 130 professionnels sont impliqués, avec des équipes pluridisciplinaires, «dans des actions de prévention et de soins destinées aux familles, futurs parents, parents, bébés, enfants et adolescents», a résumé le docteur Audrey Pingaud, cheffe du pôle, en appuyant la poursuite d’«une approche intégrative de la santé». Les soins psychiques et psycho-corporels sont pour la professionnelle de santé une manière d’«accompagner chacun à une meilleure conscience de lui-même et de son environnement, en cultivant aussi la bienveillance envers nous-mêmes».

Les nouveaux locaux des deux unités ont été conçus par le cabinet A2 Architectes. Les salles et autres espaces sont composés de mobiliers et de touches colorés. Pédopsychiatres, sage-femme, psychologues, médiateur thérapeutique, psymotricien, othophoniste, parmi un panel de professionnels, sont de recevoir et de progresser avec les patients et familles dans des cadres dédiés et sereins.
Des activités manuelles, à la fois ludiques et pédagogiques, ainsi que des ateliers sensoriels peuvent être proposés suivant les besoins.

«C’est une clé de voûte par la prise en charge précoce de la santé mentale»


Déléguée départementale de l’Agence Régionale de Santé en Côte-d’Or, Aline Guibelin a salué une opération «permettant d’offrir aux professionnels de santé et aux patients un parcours clair, identifiable et cohérent». En parallèle «du coup d’accélérateur mis sur la psychiatrie par la politique nationale», la représentante de l’ARS a exprimé une confiance envers les projets de La Chartreuse, pour lesquels un soutien d’«un million d’euros a été apporté sur la pédopsychiatrie et la parentalité sur cinq ans».

«C’est important pour la Côte-d’Or. Nous avons tous à coeur d’accompagner les personnes dans un parcours de vie, de construire la psychiatrie communautaire, dans les murs et hors les murs. Ici, c’est une clé de voûte par la prise en charge précoce de la santé mentale des enfants mais aussi pour leurs parents», a apprécié Emmanuelle Coint, présidente du conseil de surveillance de La Chartreuse.
La vice-présidente du conseil départemental de la Côte-d’Or y voit aussi un bel argument pour attirer des professionnels de santé, dans une dynamique territoriale que le directeur de l’établissement de santé n’a pas manqué de noter en citant des partenariats avec le CHU Dijon Bourgogne, le centre hospitalier de Beaune, l’Acodège, l’Éducation nationale.

«La psychiatrie traverse une crise qui, peut-être, va se résoudre ou, peut-être, finira très mal. Depuis dix ans, la moitié des pédopsychiatres sont partis et la moyenne d’âge de ceux qui exercent est de 62 ans», a lâché le docteur Pierre Besse, président de la comission médicale d’établissement. Avant de déclarer : «Faut-il attendre que ça nous tombe sur la tête ou est-ce que nous créons et bâtissons ? C’est la direction qu’on a pris ici. Il y a l’envie d’être au plus près des patients et de construire des projets innovants». Cela notamment pour endiguer une crise du recrutement en prouvant que des liens sont tissés et renforcés dans la prise en charge de la santé mentale.

Alix Berthier
Photos : Alix Berthier

Les deux unités regroupées :


L’Unité de Soins Petits Pas
Anciennement nommée la Fontaine aux Berlingots, l’USPP accueille des enfants de la naissance à 6 ans présentant des troubles justifiant d’une prise en charge hospitalière spécialisée. L’unité assure des actions de dépistage, de prévention, de diagnostic et de soins. En plus du service médical, l’USPP propose toute une gamme de soins individuels et en groupe sous forme de médiation thérapeutique ou de rééducation. Tout cela s’effectue dans un bâtiment rénové au cœur de l’ancienne chartreuse de Dijon, lieu qui a été pensé pour recevoir les enfants et leurs parents dans les meilleures conditions possibles.

L’Unité Père-Mère-Bébé
La mission principale de l’UPMB est de proposer des soins de psychiatrie périnatale ambulatoires adaptés aux parents traversant des difficultés psychoaffectives et à leur bébé. Dans le cadre du nouveau projet d’établissement, l’offre de soin en pédopsychiatrie tend à s’élargir. C’est ainsi que depuis 2018, un hôpital de jour a été mis en place pour accueillir plusieurs dyades mère-bébé sur une demi-journée hebdomadaire. S’ajoute à cela depuis 2020 une équipe mobile qui vient renforcer l’offre de soins avec des interventions au domicile des familles (psychiatre, sage-femme, infirmière puéricultrice, psychomotricienne). L'unité, désormais ouverte tous les jours, propose un hôpital de jour mère-bébé, un temps accueil et de nombreuses médiations thérapeutiques parents-bébé.




















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