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09/07/2022 03:22

SANTÉ : Le ministre François Braun se penche sur la régulation des urgences au CHU Dijon Bourgogne

Le nouveau ministre de la Santé a retenu la Côte-d'Or pour son premier déplacement officiel en région ce vendredi 8 juillet. Le service d'accès aux soins, expérimenté par le CHU Dijon Bourgogne, a pour objectif de réduire de 30% les passages aux urgences.
En amont de la dernière élection présidentielle, Emmanuel Macron a demandé à François Braun, médecin urgentiste au CHR Metz-Thionville et président de Samu Urgences de France, de faire des propositions pour contribuer à l'aspect santé de son programme électoral.

En juin dernier, le président de la République réélu confiait à l'urgentiste une «mission flash» sur les carences du système hospitalier français. En juillet 2022, François Braun était nommé ministre de la Santé et de la Prévention dans le second gouvernement d’Elizabeth Borne.

Il s'agit donc d'une ascension fulgurante dans le milieu politique pour cet homme de 60 ans qui s'intéresse à la médecine d'urgence et à la médecine de guerre par tradition familiale. Son père, notamment, était médecin-chef des sapeurs-pompiers du Territoire de Belfort.

Réguler l'accès aux urgences


Un des principaux points de ses propositions concerne la régulation de l'accès aux services d'urgence des établissements de santé afin de traiter prioritairement les urgences vitales en orientant les autres patients vers des médecins de ville, éventuellement installés à proximité des urgences, en articulation avec l'hôpital.

Pour mettre en avant cet aspect, le nouveau ministre de la Santé s'est rendu ce vendredi 8 juillet 2022 au CHU Dijon Bourgogne qui expérimente une telle régulation depuis juin 2021 via le dispositif SAS pour service d'accès aux soins. Il s'agissait ainsi du premier déplacement du ministre en dehors de l'Île-de-France depuis sa nomination.

Une Maison universitaire de santé dans le quartier du Mail


Le déplacement a débuté par la visite de la Maison universitaire de santé et de soins primaires (MUSSP) de Chenôve accompagné d'un temps d'échange avec les équipes.

Inaugurée en 2015 dans le quartier du Mail, relevant de la politique de la ville, la Maison universitaire de santé a été réalisée à la suite d'une initiative du Docteur Jean-Noël Beis. Dans 900 m² de locaux, elle réunit des médecins généralistes, des infirmières, une sage-femme, un dentiste ou encore un travailleur social de la Ville de Chenôve.

«L’idée est de créer un véritable pôle de santé, en collaborant avec l’ensemble des professionnels de santé, et de permettre un meilleur parcours de soins, grâce à une prise en charge coordonnée des patients incluant davantage la prévention», indiquait la Ville de Chenôve lors de l'inauguration.

Parmi les partenaires, on retrouve l'université de Bourgogne, l'Agence Régional de Santé Bourgogne-Franche-Comté, la Mutualité Française ou encore l'Assurance Maladie.

«Répondre aux besoins de santé d'un territoire»


«Cette complémentarité entre les professionnels de santé, entre la ville et l'hôpital, avec l'université, avec le même but qui est de répondre aux besoins de santé de la population, cet exemple est vraiment remarquable», a déclaré François Braun à l'issue de sa visite de la MUSSP en présence notamment de Thierry Falconnet (PS), maire de Chenôve.

Les instructions des ARS, déclinées de la «mission flash», devraient bientôt être diffusées afin de faciliter l'émergence de telles structures dans toute la France.

«Cela fait partie des solutions qui répondent vraiment aux besoins de santé d'un territoire et d'une population», a insisté le ministre dans une intervention toute aussi «flash».

Le CHU de Dijon bénéficie d'investissements du Ségur de la Santé


Très rythmé, le déplacement s'est donc poursuivi au CHU Dijon Bourgogne où une large délégation a accompagné le ministre avec, notamment, le préfet de la Côte-d'Or Fabien Sudry, le directeur général de l'Agence Régionale de Santé Bourgogne-Franche-Comté Pierre Pribile, le président de l'université de Bourgogne Alain Bonnin, les députés Didier Martin (Renaissance) et Fadila Khattabi (Renaissance) ainsi que Benoît Bordat (Fédération progressiste) pour qui c'était la première participation à un voyage officiel en tant que parlementaire.

Le ministre a été accueilli par Nadiège Baille, directrice générale de l'établissement de santé, qui a commencé par présenter les réalisations en cours liées aux investissements du Ségur de la Santé : extension bâtimentaire pour créer des lits et rénovation énergétique en particulier.

Le SAS pour diminuer de 30% les passages aux urgences


Le service d'accès aux soins (SAS) a été présenté par le Docteur Philippe Dreyfus qui a rappelé que la réflexion du CHU Dijon Bourgogne à ce sujet remontait au Pacte pour la refondation des urgences instauré au niveau national par l'ancienne ministre Agnès Buzyn en 2019.
 
Le CHU dijonnais s'inscrit dans l'objectif de diminuer de 30% les passages aux urgences – notamment pour les patients pouvant relever de la médecine de ville –, réduire le temps de décrocher du numéro du 15, améliorer le parcours de soins et développer les prises en charge spécialisées comme les urgences dentaires, les «problèmes sociaux» et la gériatrie.

Le service d'accès aux soins du CHU Dijon Bourgogne a démarré en juin 2021 en recouvrant les départements de la Côte-d'Or et de la Nièvre. Durant le premier semestre 2021, la fréquentation des urgences a augmenté de 20% par rapport à 2019 (tandis que les appels s'accroissaient de 2,7%). Durant le second semestre, après la mise en service du SAS, l'augmentation n'a été que de 1% (malgré une hausse des appels de 13%).

Pour ce faire, des assistants de régulation médicale (ARM) ont été recrutés, à hauteur de 13,5 équivalents temps plein. Pour continuer de développer de tels postes, un centre de formation ouvrira en septembre prochain dans le cadre d'un partenariat avec les hôpitaux d'Auxerre et de Chalon-sur-Saône.

Le nombre de lignes téléphonique a été doublé, la géolocalisation des appels a été implanté ainsi qu'un outil de bilan médical sur tablette numérique avec un format commun entre le CHU et le SDIS 21. L'offre en transport sanitaire a été augmentée de 30%.

Aujourd'hui, 83% des appels au Centre 15 sont décrochés en 30 secondes et 94% en une minute.

Des rencontres à huis clos


Avant de quitter le CHU, François Braun a eu un temps d'échange avec le Docteur Sébastien Mirek, médecin anesthésiste-réanimateur et «relais santé» d'Emmanuel Macron durant la campagne présidentielle (lire notre article).

Par ailleurs, durant l'après-midi, le ministre de la Santé a échangé à huis clos respectivement avec François Rebsamen (PS, Fédération progressiste), maire de Dijon, et avec François Sauvadet (LCOP), président du conseil départemental de la Côte-d'Or.

Jean-Christophe Tardivon