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09/06/2020 16:41

SANTÉ : Les communistes ne veulent pas de «médailles en chocolat» pour les soignants

À l'appel du PCF 21, ce mardi 9 juin, une trentaine de personnes ont distribué des tracts à l'arrêt CHU-Hôpitaux du tramway dijonnais. L'objectif était de soutenir les demandes de revalorisation salariale des soignants tout en déplorant les propositions du gouvernement vues comme des «gadgets».
Les communistes de Côte-d'Or ont organisé un rassemblement de soutien aux revendications des soignants ce mardi 9 juin 2020 à Dijon. Joignant cette action aux «mardis de la colère» de la CGT, le PCF 21 a réuni une trentaine de personnes au niveau de l'arrêt du tram CHU Hôpitaux.

Il s'agissait d'interpeller les usagers du tramway pour, après avoir applaudi les soignants au balcon pendant le confinement, les inciter à aller «manifester avec eux» pour les soutenir. Les manifestants ont sensibilisé les passants aux «fermetures de lits, fermetures d’hôpitaux et suppressions de postes» vus comme «un plan de sabordage» alors que «les services publics ont démontré leur efficacité et leur nécessité dans la France, l’Europe et même le monde».

«La reconnaissance de la valeur du travail»


Co-secrétaire départemental du PCF 21, Georges Vayrou a demandé que «le travail des personnels de santé soit reconnu, par pas gadgets, pas par un défilé du 14-Juillet, pas par des médailles en chocolat, pas par une prime. Par une véritable revalorisation des salaires ! Par la reconnaissance de la valeur du travail !»

Au-delà des soignants, Georges Vayrou a revendiqué d'inclure «tous les personnes qui ont travaillé pendant le confinement» : éboueurs, chauffeurs de bus... «Tous ces gens-là ont été exposés et l'on s'est aperçu qu'ils sont indispensables au fonctionnement normal de la société».

Le communiste a dénoncé la poursuite «de la politique précédente» vue comme une «politique délibérée de casse des services publics» partout en France maintenant que l'épidémie ralentit. «En particulier pour le service public hospitalier, il est clair que l'on veut le réduire au plus mince pour offrir la rentabilité au secteur privé hospitalier».

Inquiétudes sur les fermetures de lits et suppressions de postes


Devant la collaboration public-privé qui a eu lieu durant le temps fort de la crise sanitaire, Georges Vayrou a indiqué que «c'est la moindre des choses, cette collaboration existait déjà auparavant, dans le domaine des urgences par exemple». Pour le communiste, les deux secteurs ne luttent pas à armes égales : «actuellement, le service public hospitalier n'en a pas les moyens».

Alors que le président de la République a annoncé un «plan massif» pour l'hôpital dont le Ségur de la Santé doit dessiner les contours, le communiste a souligné que «toutes les ARS ont annoncé que les suppressions d'hôpitaux, de lits, de personnels n'étaient pas suspendus et vont reprendre après la pandémie».

Lors de sa venue au CHU de Dijon le 29 mai dernier (lire notre article), le ministre de la Santé Olivier Véran avait indiqué avoir «interrompu tous les plans de restructuration hospitaliers, quels qu'ils soient, depuis le début de la crise et, le temps du Ségur, cela va continuer. Je veux pouvoir regarder la fermeture d'un lit ou la non-fermeture d'un lit, je n'en fais pas un dogme. Ça peut parfois correspondre à d'autres projets. Chaque fermeture de lit devra être analysée sous l’angle de critères que je souhaite que nous puissions établir dans le cadre de ce Ségur de la Santé. Souvent, quand on ferme des lits, c'est un traumatisme, ce doit donc être pleinement justifié».

Le PCF souhaite «un plan d'urgence pour l'hôpital et les EHPAD»


Au niveau national, le Parti Communiste demande «un  plan d'urgence pour l'hôpital et les EHPAD» doté de 10 milliards d'euros afin de permettre la création de 100.000 dans les hôpitaux et de 100.000 emplois dans les EHPAD. La revalorisation salariale revendiquée correspond à 65 points d'indice soit l'équivalent de 300 euros mensuels. Le parti appelle aussi à un moratoire sur les restructurations au sein des groupements hospitaliers de territoire et à la reprise de la totalité de la dette des hôpitaux par la Caisse des Dépôts.

Afin de maintenir la pression sur le gouvernement, le PCF 21 a donné rendez-vous à ses troupes pour les manifestations du 16 juin à Dijon et à Montbard pour ce qui concerne la Côte-d'Or. À Dijon, le rassemblement est prévu place de la Libération. À cet effet, la CGT a distribué aux passants des tracts figurant une «médaille du Fonctionnaire» prévue non pas pour être jetée sur la voie publique mais pour être découpée et lancée dans une corbeille lors de ce rassemblement de soutien aux soignants.

Jean-Christophe Tardivon