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30/05/2020 11:57

SANTÉ : «Lors de la crise du Covid, l'hôpital public a tenu grâce aux soignants» selon la CGT

Une cinquantaine de personnes se sont retrouvées pour manifester leur soutien à l'hôpital public et demander des revalorisations salariales avant l'arrivée du ministre de la Santé ce vendredi 29 mai à Dijon.
La mobilisation s'est faite en moins de 24 heures mais une cinquantaine de manifestants étaient présents devant l'entrée du CHU Dijon Bourgogne pour accueillir le ministre de la Santé ce vendredi 29 mai 2020. S'agitaient les drapeaux et pancartes de la CGT, du PCF, de FO, de Sud ou encore de Lutte Ouvrière.

Alors que la crise sanitaire n'est pas encore terminée, le reflux de la vague épidémique permet de tirer les premiers enseignements afin d'envisager le futur du système de santé alors que le président de la République a promis un «plan massif» destiné à l'hôpital public.

Pour sa part, Olivier Véran, ministre de la Santé, était à Dijon pour lancer des concertations en région de la réflexion, appelée Ségur de la santé, «pour construire l'avenir de l'hôpital, de la médecine de ville, du secteur médico-social et du
grand âge».

«Une revalorisation significative des grilles de tous les salaires»


Les représentants de soignants comptent participer à cette réflexion et les mots d'ordre des manifestants devant le CHU de Dijon étaient clairs : «J'aime mon hôpital public» ou «Prime Covid : le salaire de la peur». La question des revalorisations salariales ne sera pas la seule placée au centre des débats. Les syndicats souhaitent aussi faire entendre leurs revendications concernant la gouvernance des établissements de santé.

«On a des revendications à poser sur l'hôpital de demain dans le cadre des concertations du Ségur de la santé» a indiqué Anne-Marie Poisot, secrétaire départementale pour la santé et l'action sociale à la CGT de Côte-d'Or.

«Lors de la crise du Covid, on a fait la démonstration d'un hôpital public mobilisé, engagé, et qui a tenu grâce aux soignants. Cela appuie nos revendications où, depuis des années, on demande un financement correct de l'hôpital avec un ONDAM à au moins 5%, on demande aussi une revalorisation significative des grilles de tous les salaires des personnels hospitaliers et la création de grilles spécifiques correspondant à chaque métier. On demande aussi l'arrêt des fermetures de services, l'arrêt des fermetures des lits ainsi qu'une gouvernance hospitalière incluant les médecins, les non-soignants, les usagers et que ce ne soit pas une gouvernance à la merci du ministère».

«Les infirmières sont au 26ème rang mondial»


Dans la manifestation était aussi présente Claire Rocher, porte-parole régionale de Lutte Ouvrière et infirmière au CHU Dijon Bourgogne. «On est des soignants, on n'est pas des héros, on a fait notre boulot, on réclame le fait de pouvoir le faire correctement» a-t-elle déclaré.

«Ce qui ressort, c'est qu'il nous faut des salaires corrects, il faut arrêter les fermetures de lits, rouvrir des lits, remettre du personnel. Tous ces lits qui ont manqué pendant la crise Covid parce que ce que l'on a payé, c'est vraiment les décennies de suppression de postes pour faire du fric avec l'hôpital. La prime, on n'en voit pas la couleur. Les salaires ne permettent pas de vivre correctement. Les infirmières sont au 26ème rang mondial et les autres sont pires, Les ASH, sans les primes, ne gagneraient même pas le SMIC. On retrouve les journées où l'on trime, où l'on court partout, où l'on n'est pas en nombre. Il y a 5 milliards pour Renault qui va licencier quand même et il n'y a rien pour l'hôpital, des mots, du pipeau. Je crois à la mobilisation et je crois à ce que l'on obtiendra par la lutte parce qu'il n'y a vraiment que ça qui fonctionne. Je suis contente qu'il y ait des soignants qui expriment leur colère parce qu'il y en a assez !».

Jean-Christophe Tardivon

Lancement à Dijon de la conférence territoriale du Ségur de la Santé