
«Cette vidéoprotection assistée va permettre d'avoir beaucoup plus de réactivité», a revendiqué le ministre délégué, ce lundi 15 juin, à Dijon, en examinant les usages de caméras du poste connecté On Dijon et du centre de commandement de la Police nationale.

Ministre délégué auprès du ministre de l'Intérieur, Jean-Didier Berger a effectué un déplacement en Côte-d'Or, ce lundi 15 juin 2026, sur le thème de «la sécurité du quotidien» avec un focus sur l'usage des caméras de vidéoprotection.
Le déplacement s'effectuait dans le cadre de l'accompagnement du parcours législatif du projet de loi visant à offrir des réponses immédiates aux phénomènes troublant l'ordre public, la sécurité et la tranquillité de nos concitoyens (RIPOST) et du projet de loi relatif à l'extension des prérogatives, des moyens, de l'organisation et du contrôle des polices municipales et des gardes champêtres.
Les deux textes ont été adoptés par le Sénat en première lecture et doivent désormais être débattus à l'Assemblée nationale.
La police métropolitaine des transports remise aux calendes grecques
Accompagné par Violaine Démaret, préfète de la Côte-d'Or, et Frédéric Vincent-Genod, directeur interdépartemental de la Police nationale de la Côte-d'Or, le ministre a suivi la première séquence au centre de supervision urbain métropolitain On Dijon où il a été accueilli par Nathalie Koenders (PS), maire de Dijon, René Lioret (RN) et Océane Godard (PS), députés de la Côte-d'Or, Guillaume Ruet (LR), conseiller départemental de la Côte-d'Or, Thierry Falconnet (PS), vice-président de la Métropole de Dijon, et Stéphane Chevalier (sans étiquette), adjoint au maire de Dijon.
«La sécurité est la priorité numéro un de nos compatriotes, (…) c'est aussi la priorité du gouvernement de Sébastien Lecornu», a déclaré Jean-Didier Berger qui est néanmoins arrivé à Dijon avec une bonne et une mauvaise nouvelles. La bonne ? «La loi police municipale va arriver bientôt». La mauvaise ? La police métropolitaine des transports n'est plus à l'ordre du jour.
Cette dernière, promise par Gérald Darmanin en 2022, quand il était ministre de l'Intérieur, est particulièrement demandée par les maires de Talant et de Chevigny-Saint-Sauveur (
lire le communiqué).
Le sujet a été relancé par la maire de Dijon mais le ministre délégué a temporisé : «il y a une autre voie qui a été choisie, une voie qui obtient beaucoup de résultats, qui permet d'avoir une délinquance orientée à la baisse dans les transports avec 8% de moins en 2025».
«Le ministère de l'Intérieur essaie de faire preuve d'un maximum d'agilité parce que la délinquance est agile», a défendu Jean-Didier Berger, «on obtient les meilleurs résultats depuis dix ans, (…) on va continuer, il y a des moyens pour ça». «La mise en place des caméras piétons dans les transports a permis d'obtenir beaucoup de résultats parce que cela désamorce beaucoup de situations.»
Des «compétences judiciaires élargies» pour les polices municipales
«La loi police municipale va permettre, pour ceux qui le souhaitent, d'avoir des compétences judiciaires élargies pour leur police municipale, notamment pour la mise en place des amendes forfaitaires délictuelles», a développé le ministre délégué, concernant la «bonne nouvelle».
«La loi RIPOST comme la loi police municipale sont deux lois de remontées de terrain qui vont permettre à toutes les forces de sécurité intérieure d'aller plus loin, d'aller plus vite au service de la sécurité de nos compatriotes», a-t-il insisté.
Au passage, le ministre délégué – issu des rangs des Républicains avant d'en être exclu pour avoir rejoint le gouvernement de Sébastien Lecornu – rappelle que le nombre de policiers et gendarmes a augmenté de 10.000 en dix ans.
Favorable à cette réforme, Nathalie Koenders a convenu d'«une coordination de bonne qualité dans le respect des compétences de chacun» entre la police municipale et la Police nationale.
On Dijon, «un centre particulièrement convaincant»
Pour les 50 ans de la police municipale dijonnaise, Jean-Didier Berger a remis une sculpture de Marianne à Samid El Ouahidi, directeur du service en question, puis a suivi une démonstration de l'hyperviseur On Dijon par François Sarron-Pillot, vice-président de la Métropole de Dijon, – un «outil fantastique», selon Frédéric Vincent-Genod – et a échangé avec des agents de Keolis Dijon multimodalité et de la police municipale.
«C'est un centre particulièrement convaincant», a réagi Jean-Didier Berger à l'issue de la présentation, «j'ai pu constater l'efficacité de ce dispositif pour maîtriser l'ensemble de la sécurité et de la tranquillité publiques partout sur le territoire dijonnais».
L'exemple du mouvement de foule après la victoire du PSG
Sur le même thème, la deuxième séquence du déplacement ministériel s'est déroulée à l'Hôtel de police de Dijon avec la visite du centre d'information et de commandement de la circonscription dijonnaise dont le flux vidéo est également alimenté par 700 caméras de vidéoprotection de la Métropole de Dijon.
Étaient présents Violaine Démaret et Stéphane Chevalier, rejoints par François-Xavier Dugourd (LR), vice-président délégué du conseil départemental de la Côte-d'Or, et Olivier Caracotch, procureur de la République de Dijon.
Comme exemple d'utilisation des caméras de vidéoprotection en situation de maintien de l'ordre, Frédéric Vincent-Genod, directeur interdépartemental de la Police nationale de la Côte-d'Or, a présenté la gestion du mouvement de foule consécutif à la victoire de l'équipe de football du PSG en Ligue des champions, le 30 mai dernier.
Alors que près de 4.000 de personnes étaient rassemblées place de la République, à Dijon, un groupe de près de 500 personnes s'est dirigé vers la rue de la Liberté en passant par la rue des Godrans. Certains, vêtus de maillots de foot, semblaient exprimer leur joie ; d'autres, les visages masqués par des capuches, ont commencé à renverser des poubelles puis à entasser des objets divers au milieu de la rue.
Face à une suspicion de tentatives de pillage de magasin, Frédéric Vincent-Genod a expliqué comment s'était effectuée la gestion des personnels depuis le centre d'information et de commandement en ayant recours aux caméras. Trois personnes ont été interpellées lors de ces «débordements violents» (
lire le communiqué).
«On est monté d'un cran par rapport à la précédente finale de la Coupe d'Europe»
«On voit tout en direct, en salle de commandement, ça nous permet d'élaborer la tactique, de donner les instructions et de renseigner immédiatement les unités de voie publique qui sont tout de suite là où il faut être», a commenté le DISP 21. «Si on n'avait pas cette vue, ce seraient des agents de terrain dans le centre-ville de Dijon qui est rempli de petites rues où on ne voit pas à plus de 300 mètres.»
«L'avantage d'avoir eu la caméra et d'avoir vu ce regroupement qui partait en courant vers le centre-ville, ça nous a permis de disposer nos forces tout de suite, d'engager le regroupement, de disperser les 500 [personnes] et de revenir au rassemblement habituel place de la République», a ajouté le policier, «en revanche, on a engagé deux heures d'ordre public derrière avec un fonctionnaire blessé par un jet de projectile». «On est monté d'un cran par rapport à la précédente finale de la Coupe d'Europe pour vraiment tenir et qu'il n'y ait pas de dégradation avec un effectif rompu à l'entraînement au maintien de l'ordre avec une technicité et, surtout, un calme lors de ces engagements.»
«La vidéoprotection assistée va permettre d'avoir beaucoup plus de réactivité», estime Jean-Didier Berger
Sur le plan technique, le ministre délégué a prôné le recours à la «vidéoprotection assistée» pour détecter «un départ de feu, la pénétration dans un périmètre interdit, un mouvement de foule, le dépôt d'un colis suspect».
«C'est l'utilisation de la technologie pour permettre à des opérateurs, qui ont plusieurs centaines voire plusieurs milliers de caméras parfois à regarder, de tomber sur la bonne image directement plutôt que compter sur leur expérience, leur talent ou la chance», a-t-il argumenté. «Cela va permettre d'envoyer sur place un agent de la police municipale, de la Police nationale ou de la gendarmerie pour vérifier ce qui se passe.»
«Cette vidéoprotection assistée va permettre d'avoir beaucoup plus de réactivité et beaucoup plus d'assurance dans les images qu'on va détecter», a-t-il revendiqué, «c'est l'un des projets à l'intérieur du projet de loi RIPOST».
«Dans tous les dispositifs technologiques qui sont mis en place pour la sécurité de nos compatriotes, il y a toujours beaucoup de précautions qui sont prises au service de la liberté publique qui est un objectif de valeur constitutionnel auquel nous sommes extrêmement sensibles», a-t-il ajouté.
«Pendant les Jeux olympiques de 2024, la vidéoprotection a super bien fonctionné»
«Nos compatriotes l'on vu pendant les Jeux olympiques de 2024, la vidéoprotection a super bien fonctionné, elle va refonctionner pendant les Jeux olympiques de 2030, il serait dommage de s'en priver entre les deux», a argumenté Jean-Didier Berger.
«Avec le ministre de l'Intérieur Laurent Nunez nous proposons d'utiliser la technologie, la vidéoprotection assistée, les drones, les lecteurs automatisés de plaques d'immatriculation et tout ce qui permet, aujourd'hui, d'avoir plus se sécurité au service des Français, directement et sûrement», a complété le ministre délégué.
Le gouvernement souhaite poursuivre l'expérimentation de vidéoprotection algorithmique jusqu'aux JO Alpes françaises 2030
Selon le ministère de l'Intérieur, l'expérimentation de vidéoprotection algorithmique, recourant à de l'intelligence artificielle pour traiter les images captées par des caméras, débutée à l'occasion de Paris 2024 et prolongée jusqu'au 31 décembre 2027, «interdit expressément la reconnaissance faciale et toute forme de recoupement avec des fichiers et se focalise sur la sécurisation des manifestations récréatives, sportives et culturelles présentant des risques de sécurité particulièrement élevés (atteinte grave à la sécurité des personnes ou risque terroriste)».
Les solutions déployées visent à «signaler, en temps réel, aux opérateurs ''vidéo'' des situations inhabituelles prédéterminées». «Lorsqu’une situation est détectée, l’opérateur vérifie sur les images si la situation est bien caractérisée et s’il y a lieu ou pas de demander une levée de doute, voire d’engager une mesure opérationnelle.»
En première lecture, les sénateurs ont validé la prolongation de l'expérimentation jusqu'au 31 décembre 2030 puisque le gouvernement souhaite pouvoir mettre en œuvre cette technologie pour sécuriser les Jeux olympiques d'hiver Alpes françaises 2030.
Un message de «soutien» aux policiers et aux gendarmes
«Le ministère de l'Intérieur soutient ses équipes», a rappelé finalement Jean-Didier Berger, «on a avec nous des hommes et des femmes qui font leur maximum pour faire en sorte que la sécurité de nos compatriotes soit bien assurée». «Ils le font dans des conditions difficiles, avec beaucoup de pressions, avec parfois des affaires qui sont extrêmement lourdes à porter.»
Après avoir porté ce message auprès d'agents rencontrés à l'Hôtel de police de Dijon, le ministre délégué s'est rendu à Châtillon-sur-Seine pour faire de même auprès de gendarmes en abordant la création de la nouvelle brigade territoriale mobile.
Jean-Christophe Tardivon







































