
Ce mardi 3 mars, à Plombières-lès-Dijon, le ministre de l'Intérieur a salué «l'engagement d'une vie» et a rappelé que 200 policiers sont décédés en service en 20 ans. «Frédéric était un pilier du détachement», a confié son chef d'unité motocycliste.

Le 23 février dernier, près de Joigny, le brigadier-chef Frédéric Sorriaux, décédait après une perte de contrôle de sa moto sur la chaussée détrempée alors qu'il partait en intervention avec son unité pour une opération de sécurité routière à Auxerre.
«Motocycliste chevronné», le policier était membre du détachement motocycliste de la compagnie républicaine de sécurité n°40, basée à Plombières-lès-Dijon. Il était marié et père de cinq enfants.
Ce mardi 3 mars 2026, dans la cour d'honneur de la CRS 40, le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez a présidé l'hommage funèbre au policier promu capitaine à titre posthume. Plusieurs membres de la famille de Frédéric Sorriaux ont assisté à la cérémonie.
En présence de représentants des autorités politiques, policières et judiciaires
Dans le rang protocolaire se trouvaient également Marie-Pierre Vedrenne, ministre déléguée chargée de la Citoyenneté, Louis Laugier, directeur général de la Police nationale, Jean-Cyrille Reymond, directeur central des CRS, Nadège Marc, directrice zonale des CRS est, et le préfet de la Côte-d'Or Paul Mourier.
La cérémonie s'est déroulé en présence notamment de Monique Bayard (sans étiquette), maire de Plombières-lès-Dijon, René Lioret (RN), député de la Côte-d'Or, Océane Godard (PS), députée de la Côte-d'Or et conseillère régionale, François Patriat (REN), sénateur de la Côte-d'Or, Jérome Durain (PS), président de la Région Bourgogne-Franche-Comté, ainsi que de plusieurs élus côte-d'oriens et représentants des autorités judiciaires et militaires.
Les unités étaient placées sous le commandement du commissaire Luc Brun, directeur zonal adjoint des CRS est.
«En 20 ans, quelques 200 policiers sont ainsi décédés en mission ou en service»
«La nation exprime, ce matin, le témoignage sincère et démuni de son profond soutien et de son infini compassion» à la famille de Frédéric Sorriaux, a déclaré avec gravité Laurent Nuñez après avoir rappelé les circonstances du décès en service.
«Il ne s'écoule pas une année sans que la République ne soit endeuillée par la perte de ceux qui la gardent et la protègent», a rappelé le ministre de l'Intérieur. «En 20 ans, quelques 200 policiers sont ainsi décédés en mission ou en service. Ils étaient six l'an passé et déjà deux depuis le début de cette année 2026.»
«L'engagement d'une vie»
Face au cercueil recouvert d'un drapeau tricolore, le membre du gouvernement a salué «l'engagement d'une vie» de Frédéric Sorriaux – qui, entré dans la Police nationale en 2002, avait rapidement intégré les CRS –, insistant sur son «professionnalisme» et sa «passion». «Comme souvent dans ces unités spécialisée à haute technicité, la mission se confond avec la vocation et le cœur du métier est, bien souvent, le métier du cœur.»
Portés à la connaissance du ministère de l'Intérieur, les témoignages des collègues du défunt évoquaient «un motocycliste chevronné d'une disponibilité sans limite et d'une implication sans faille», «un professionnel respectueux, fiable et loyal», «un élément de valeur pour le détachement motocycliste».
Le policier avait participé à des missions notamment lors de violences urbaines en Seine-Saint-Denis, en 2007, au sommet du G7 à Biarritz, en 2019, au 80ème anniversaire du Débarquement en Normandie, en 2024. Il était régulièrement félicité par sa hiérarchie.
Au gré des années, Frédéric Sorriaux était devenu formateur de nouvelles recrues à la spécialité motocyliste, en particulier au centre de Sens.
Remise de décorations
Après que le directeur général de la Police nationale a relayé la citation de Frédéric Sorriaux à l'ordre de la Nation par le Premier ministre, Laurent Nuñez a remis la médaille de la sécurité intérieur, échelon or, et la médaille d'honneur de la Police nationale, échelon or, à titre posthume.
Au même moment, dans toute la France, les agents du ministère de l'Intérieur rendaient un hommage unanime au «policier de terrain engagé et [au] professionnel reconnu de tous, tourné vers ses camarades d'unité».
La cérémonie s'est terminée par la sonnerie «Aux Morts» et les notes du premier couplet de «La Marseillaise».
«C'est une fierté d'accueillir les CRS sur la commune»
Les compagnies républicains de sécurité constituent la réserve de la Police nationale. Connues pour les missions de maintien de l'ordre qu'elles assurent, elles contribuent également à la sécurité routière – en particulier les détachements motocyclistes –, à la lutte contre l'immigration clandestine et aux missions en lien avec les Plans nationaux de sécurité renforcée.
La CRS 40 est installée aux portes de Dijon, dans un ancien château d'évêques. Elle comprend 130 agents qui peuvent projetés dans toute la France. S'ajoutent des formateurs et des personnels administratifs et techniques ainsi que la dizaine d'agents du détachement motocycliste.
«C'est une fierté d'accueillir les CRS sur la commune de Plombières», a confié Monique Bayard à l'issue de la cérémonie. «Ils sont présents aux cérémonies, c'est très important pour la population ; cela représente la sécurité et les valeurs de la République.»
«C'est une perte douloureuse pour l'unité»
«C'est une unité très familiale», a indiqué le capitaine Thierry Visentin, adjoint à la commandante Laëtitia Vincent qui dirige la CRS 40, «on a une très bonne ambiance au sein de la compagnie.»
«C'est une perte douloureuse pour l'unité», a souligné le responsable, «on fait face avec la fraternité qui caractérise nos formations». «Le décès de Frédéric nous rapproche encore plus.»
Des appuis psychologiques ont été mis en place pour les personnels de la CRS 40 et du détachement motocycliste. Le risque traumatique a posteriori est également pris en compte.
«Frédéric était un pilier du détachement»
«Je me rappelle de son premier jour de travail», a confié le major Stéphane Lauper, chef du détachement de l'unité motocycliste zonale des CRS est de Dijon, «il est arrivé lors du départ en retraite d'un collègue qu'il remplaçait». «Frédéric était un bon camarade de route, un pilier du détachement.»
«On est un détachement. On est basé à la CRS 40 mais on est commandé par un officier à Metz», a-t-il précisé, «notre compagnie de cœur, c'est la CRS 40».
Si Frédéric Sorriaux figure déjà parmi les clichés de la salle de repos de l'unité, le portrait photographique utilisé lors de l'hommage funèbre devrait bientôt être également affiché pour perpétuer la mémoire du policier.
«Ses frères d'armes sont très touchés par cette disparition»
«C'est émouvant de rendre hommage à un collègue décédé», a déclaré Sébastien Falbo, secrétaire zonal adjoint des CRS est pour Alliance Police nationale. «J'ai une pensé particulière pour sa famille.»
«Ses frères d'armes sont très touchés par cette disparition qui nous rappelle, avec une certaine froideur, la dangerosité du métier de policier et, plus particulièrement, la spécialité de motocycliste», a développé le représentant syndical.
«C'était un très bon équipier»
«Il était content de venir travailler», a confié le policier Daniel, qui n'est pas membre de la CRS 40 mais qui a travaillé conjointement en mission avec Frédéric Sorriaux à plusieurs reprises. «C'était un très bon équipier, il avait beaucoup d'empathie. Il était là pour les collègues ; il y avait une solidarité, une camaraderie.»
Les collègues motocyclistes du défunt n'ont pas effectué de mission depuis l'accident mais vont prochainement «remonter en selle».
Jean-Christophe Tardivon









































