
En président la cérémonie des dix ans, ce vendredi 12 juin, à Ouges, le commandant des Écoles de la Gendarmerie nationale a regardé «le chemin parcouru, des Chevaliers du ciel aux soldats de la loi», et a dessiné le futur du site de la métropole dijonnaise alors que 150 millions d'euros vont être mobilisés sur 5 ans pour un programme immobilier et pédagogique d'ampleur.

Dix ans après être passée des «chevaliers du ciel» aux «soldats de la loi», l’École de gendarmerie de Dijon – implantée sur l'ancienne base aérienne 102, à Ouges – poursuit sa mutation.
L'institution compte huit écoles de formation : l'Académie militaire de la Gendarmerie, destinée aux officiers, à Melun, et sept Écoles dont celle de Dijon, la seule en Bourgogne-Franche-Comté.
«Un héritage de la BA 102»
«Dijon a une place très particulière dans la formation pour la gendarmerie», selon le général de corps d'armée Laurent Bitouzet, commandant des écoles de la Gendarmerie nationale, venu présider la cérémonie des dix ans (
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«Il y a un héritage [de la BA 102]», glisse le militaire, «on a gardé des bâtiments, une histoire qui a été créée par l'Armée de l'air». «On est tous militaires. (…) Il y a une filiation. (…) Cette cérémonie nous invite à regarder le chemin parcouru, des Chevaliers du ciel aux soldats de la loi.»
Vers une augmentation des effectifs
L'établissement créé en 2016 a formé 30.000 gendarmes en dix ans. Elle compte 350 cadres permanents. En 2025, 2.200 élevés gendarmes ont été formés ainsi que 1.500 gradés.
L’École va continuer de grandir, passant de 10 à 15 compagnies d'instruction qui suivent une formation initiale.
Est également intégré au site le Centre national de formation à la sécurité publique (CNFSP) qui assure la formation continue des gendarmes qui assure des responsabilités de commandement de toute la France.
Lui aussi va croître. Cet été, sera transférée de Rosny-sous-Bois l'entité qui forme les opérateurs des centres opérationnels de renseignement et des opérations de la gendarmerie (CORG) qui gèrent les appels au 17.
«Leur rôle, c'est l'accueil du public au téléphone. La détermination de la gravité de l'appel qui peut être du simple renseignement ou une intervention sur un événement urgent», préside le général Laurent Bitouzet.
Une enveloppe de 150 millions d'euros sur 5 ans
Pour ce faire, la Gendarmerie nationale a inscrit Dijon parmi les «quatre projets structurants» de son programme immobilier national. Cela comprend la caserne Deflandre.
Le programme prévoit – au gré les lois de finances votées par les parlementaires – de mobiliser 150 millions d'euros sur 5 ans pour rénover l’École de gendarmerie de Dijon.
Il s'agit de travaux d’entretien notamment en matière de circulation routière, d'assainissement et de fonctionnement des services ainsi que de réalisation de nouveaux bâtiments pour accompagner l'augmentation des personnels formés : hébergements et «Village d'exercice».
«On veut faire venir plus de gradés pour se former, et les former plus longtemps», indique le commandant des écoles de gendarmerie. «Pour ça, il faut donc des infrastructures pédagogiques.»
«On va créer ici un centre excessivement moderne, avec des salles de mise en situation opérationnelle, réelle, virtuelle – avec la simulation numérique. On va créer des espaces de reconstitutions de situation opérationnel à une échelle d'un commandement», développe-t-il, «ce n'est pas de la simple échelle de la patrouille, c'est donc le commandement de plusieurs patrouilles, plusieurs unités interventions».
La Gendarmerie nationale recrute 12.000 personnels par an
Les journées portes ouvertes contribuent à faire connaître les missions et les métiers de la Gendarmerie nationale qui «a besoin de recruter». Chaque année, l'institution recrute 12.000 gendarmes, tous grades confondus, et constate un intérêt grandissant. On est passé de 3,5 à 4 fois plus de candidats que de postes.
«Les générations ne font que de se renouveler», relève le général Laurent Bitouzet. «L'institution peut offrir des parcours variés, riches pour ceux qui voudraient s'investir au profit des autres», insiste le général de brigade Salvador Muñoz, commandant de l’École de gendarmerie de Dijon.
«[Tous les candidats] nous disent qui veulent protéger leur prochain, servir sur le terrain, être utile à quelque chose sur le territoire», conclut le commandant des Écoles, «ils veulent une administration organisée, ils veulent du sens, (…) ils viennent chercher cette organisation (…) et c'est cette organisation militaire qui leur convient. (…) Ça passe par l'uniforme, la hiérarchie, le comportement du gendarme, la charte du gendarme et la déontologie de travail.»
Jean-Christophe Tardivon




