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09/06/2024 08:43
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SÉCURITÉ ROUTIÈRE : Quand la trottinette tente de se faire une place au coeur des centres-villes

Moyen de transport doux adopté en milieu urbain, il fait grincer des dents certains piétons et en moindre mesure les automobilistes. Pour une bonne cohabitation, Philippe Surot ,directeur régional en Bourgogne-Franche-Comté de l’association Prévention routière, fait le point sur les bonnes règles à adopter. 
Trottinette électrique, hoverboard, gyropode, monoroue, cyclomobile skateboard électrique, ces nouveaux moyens de déplacement doux font de plus en plus d’adeptes dans les centres-villes comme à Dijon mais aussi dans des villes de taille moyenne. Avec l’augmentation du prix de l’essence, la multiplication des embouteillages, la trottinette électrique a, depuis quelques années, séduit un large public, de tous les âges et de toutes les catégories sociales. Peu onéreuses à l’achat si vous restez dans des modèles standards, elles ont généralement une autonomie de 30 km, selon bien-sûr votre poids et le dénivelé de vos trajets. 


La trottinette oui, mais attention danger !


Danger tout d’abord pour les utilisateurs. Autorisés désormais à circuler sur les pistes cyclables, si les vélos peuvent franchir assez facilement un dos d’âne, un nid de poule ou un trottoir un peu trop surélevé, il n’en est pas de même pour les trottinettes. Avec leurs petites roues, la manœuvre peut rapidement devenir périlleuse. Concernant les couloirs mixtes bus - vélos - trottinettes, bien que pratiques pour rouler en centre-ville, à Dijon comme ailleurs, ces axes sont souvent apparentés à un espace stressant pour les trois usagers.

Trottoir ou voie unique pour voitures ?


Le choix est toujours compliqué. A Dijon, certaines rues, comme une partie de l’avenue Jean Jaurès, laissent peu de place pour une cohabitation entre voitures et trottinettes. Pour fluidifier le trafic, certains trottinettistes  font le choix de rouler sur les larges trottoirs sous le regard noir des piétons. Qui à tort ? qui a raison ? nous avons rencontré Philippe Surot Directeur régional Bourgogne Franche-Comté de l’association prévention routière.

Une amende de 135 euros


Philippe Surot : «La réglementation évolue pour les propriétaires de trottinette électrique, et évoluera encore dans les prochains mois. Dernièrement l’âge pour monter sur une trottinette est passé de 12 à 14 ans. Ce qui est toujours interdit est le fait de monter à deux personnes ou de transporter des sacs et autres objets encombrants, d’avoir un casque ou des oreillettes audio, ou encore un GPS. L’amende est de 135 euros, même tarif si vous roulez sur un trottoir»


L’interdiction de circuler sur un trottoir


«Le code de la route est clair. Le trottoir est réservé aux piétons, aux fauteuils roulants électriques, aux rollers, skateboards et aux deux roues non motorisées, sauf les vélos pour adulte, électrique ou non. Compte tenu de ses dimensions, le vélo est considéré comme un véhicule et doit circuler sur la route. Si vous utilisez un engin de déplacement personnel motorisé (EDPM) comme les trottinettes électriques avec ou sans selle, les gyropodes, les hoverboard, monoroue, cyclomobile léger, vous devez emprunter la piste cyclable lorsqu'elle existe ou la route. En cas de non-respect, l’amende est de 135 euros. Je rappelle d’ailleurs que ces deux roues électriques sont soumis au code de la route et doivent respecter les feux tricolores, les Stop et autres panneaux de signalisation au risque d’être également verbalisé»

Vers une tolérance ?


«Je suis bien conscient que la cohabitation n’est pas toujours évidente. Moi je ne peux que préconiser le respect du code de la route et la tolérance entre les automobilistes et des deux roues motorisées pour une circulation le plus fluide possible sur la route. A Dijon, la municipalité est toujours sur une logique du nouvel outil de mobilité ou il y a une tendance à la tolérance, de manière à rendre accessible à tous ce nouveau moyen de déplacement.  Après c’est aussi la bonne volonté des pouvoirs publics et des forces de l’ordre de contrôler et de sanctionner, ou faire passer un message de prévention»

Vers le port du casque obligatoire ?


«La question ne devrait même pas se poser. C’est du bon sens. On circule sur un deux roues, motorisé ou pas, on porte un casque.  Il faut savoir, concernant les accidents de trottinettes électriques, que la tête et les membres supérieurs sont les premiers impactés, les chutes ayant lieu en majorité vers l’avant. Des accidents qui entrainent souvent des interventions chirurgicales très lourdes du visage et des séquelles souvent durables. Malheureusement, le port du casque n’est pas encore obligatoire»

Les gilets auto-réfléchissants


«Vous devez vous vêtir d'un équipement rétro-réfléchissant en cas de circulation la nuit ou de visibilité insuffisante la journée. Hors agglomération cet équipement est obligatoire. Il faut savoir que dans une zone dépourvue de lumière, un gilet réfléchissant est vu par un automobiliste à 150 mètres, de quoi éveiller sa vigilance. Actuellement nous travaillons pour rendre cet équipement obligatoire la nuit, également en agglomération» 

La trottinette du parfait trottinettiste 


«Il faut savoir l’entretenir et changer les pièces défectueuses. Votre engin doit être équipé d'un système de freinage, d'un avertisseur sonore, de feux avant et arrière, et de dispositifs réfléchissants arrière et latéraux. La vitesse de doit pas dépasser les 25 km/heure»

Une assurance obligatoire


Selon le site service-public.fr, la trottinette électrique est, depuis 2019, considérée comme un véhicule motorisé. Pour utiliser une trottinette électrique y compris les trottinettes en libre-service, vous devez avoir une assurance responsabilité civile. Cette assurance couvre les dommages causés à autrui (blessure d'un piéton, dégâts matériels sur un autre véhicule. Le défaut d’assurance peut être sanctionné par une amende maximale de 3 750 euros. 

                                                                                                                                                                                 Norbert Banchet
                                                                                                                                                                              Photo : N.Banchet 
 
Devenir bénévoles
La Prévention Routière de Côte-d'Or recherche des bénévoles. Les personnes de tous les âges seront formées pour présenter les actions menées par l’association auprès de différents organismes et animer des ateliers de prévention. 
Infos sur le site :  preventionroutiere.asso.fr
 






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