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14/08/2021 03:17

SOIGNANTS AUX ANTILLES : «C’est toujours difficile de savoir que des gens sont dans la détresse»

Sabrina R., 34 ans, interne en première année de médecine d’urgence au CHU Dijon Bourgogne, ira prêter main forte aux soignants dans la lutte contre l’épidémie de la Covid-19 aux Antilles fin août-début septembre. Une démarche évidente pour elle.
L’étudiante dijonnaise originaire de la région de La Puisaye, plus particulièrement dans l’Yonne, futur médecin urgentiste, n’a vraiment pas hésité à se porter volontaire pour renforcer les équipes soignantes des Antilles, devant faire face à un afflux de patients touchés par l’épidémie, à l’instar d’autres professionnels et internes de France.

Le temps de prendre contact avec le docteur Syvie Abel, infectiologue au CHU de Fort-de-France, «pour s’assurer qu’une interne peut être utile dans cette situation», et sa décision était prise.
Le temps de ses congés payés, du 30 août au 12 septembre, Sabrina ira prêter main forte en Martinique.


Elle n’en sait pas plus sur son rôle ni sur ses tâches. La volonté de s’engager dans une démarche qui a du sens l’emporte : «C’est toujours difficile de savoir que des gens sont dans la détresse, à la fois les patients qui sont les premiers à avoir besoin de nous, mais aussi les confrères qui ne vivent pas des situations faciles. On a été confrontés à ça ici au plus fort de la crise sanitaire», rappelle la soignante qui, depuis le début de la crise, a connu notamment un semestre hivernal au service des urgences et trois mois dans les maladies infectieuses en unité Covid au CHU Dijon Bourgogne.

Ces mois intenses n’ont pas eu raison de son envie de devenir médecin urgentiste : «C’est tout le contraire. Ce genre de crise nous ramène d’autant plus à notre rôle et notre utilité dans la société et en tant qu’individu».

S’adapter à la situation au jour le jour


Aujourd’hui dans sa septième année d’études de médecine, Sabrina peut aussi s’appuyer sur une expérience acquise lors de séjours humanitaires effectués à Madagascar lorsqu’elle était étudiante en biologie (parcours jusqu’en doctorat, passerelle en troisième année de médecine).
Elle en tire une certaine sérénité dans l’appréhension de sa prochaine mission. Elle l’explique : «Je dirais que je n’ai pas cette anxiété de savoir comment ça va s’organiser. L’humanitaire, c’est souvent l’inconnu de la situation et l’adaptation sur place, tous les jours. Ça m’aidera forcément».

«C’est cet engagement dans la solidarité internationale qui m’a donné envie de reprendre des études de médecine, de me sentir utile pour l’autre, d’être dans les soins», insiste Sabrina, décidément prête à se tenir disponible et active dans la lutte contre le coronavirus en Martinique.

«Pourquoi me spécialiser dans la médecine d’urgence ? Pour la transversalité, le premier contact hospitalier avec les patients, l’adrénaline, la polyvalence que l’on développe par les soins. Avant le départ, il y a un petit peu tout de mêlé. La situation dramatique et cette démarche sous-entend qu’il faut être efficace très rapidement. En même temps, il y a un petit fond d’excitation parce qu’il y a l’impatience de prêter main forte».

Sabrina R. fait partie des trois soignants du CHU Dijon Bourgogne, plus largement des sept soignants de Bourgogne-Franche-Comté, à avoir annoncé ces derniers jours partir en renfort aux Antilles aux côtés de leurs confrères.

Selon un point épidémiologique communiqué par la préfecture de la Martinique ce vendredi 13 août 2021, 672 nouveaux cas de Covid ont été confirmés en 24 heures. 360 hospitalisations sont en cours, 54 en réanimation.

Le taux d’incidence (7 derniers jours glissants) s’élève à 1.164 pour 100.000 habitants.

Alix Berthier
Photo : Alix Berthier



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