
«Ce sont des blocs qui sont intégrés dans le paysage», a souligné Adrien Guené, ce vendredi 14 août, en présentant l'opération au niveau du complexe Marie-Thérèse Eyquem ayant pour objectif de «sécuriser les sites tout en préservant l'utilisation par les usagers réguliers».

Le stade Pascal Gien est désormais bordé de rochers d'un côté et l'entrée du chemin des Aiges se trouve réduite par des blocs de béton. La Ville de Talant entend ainsi empêcher les installations illégales de caravanes de gens du voyage ainsi que cela s'est produit, le 22 mai dernier.
Ce vendredi 14 août 2026, Adrien Guené (LR), maire de Talant, et des agents de la commune, ont présenté le dispositif visant à «renforcer la sécurisation» du complexe sportif Marie-Thérèse Eyquem, situé au sud de la salle de spectacles L’Écrin.
Sécuriser le site et préserver l'accès des usagers réguliers
Après le départ de la centaine de caravanes, le 14 juin dernier, dans le cadre d'un «dénouement positif» (
lire le communiqué), après qu'un protocole a été signé entre le maire et un représentant des occupants illégaux, les services municipaux ont déposé temporairement des blocs sur le chemin des Aiges.
«Ce qui s'est passé au mois de mai nous a permis de réinterroger la chaîne d'information», a glissé Adrien Guené, «on s'est retrouvé devant le fait accompli». «Il y avait un rassemblement dans le Loiret et l’État avait perdu 200 caravanes. Ils étaient à Longvic, Montbard, Chaumont et ici. C'est vraiment un dysfonctionnement et on n'a pas été averti.»
En fonction de quoi, la municipalité a passé en revue les différents sites susceptibles d'intéresser des gens du voyage en transit lors de missions évangéliques, allant du stade au parking relativement étendu.
«Il fallait à la fois que l'on puisse sécuriser les sites tout en préservant l'utilisation par les usagers réguliers», a exposé le maire de Talant. En l’occurrence, les terrains du complexe sportif sont fréquentés par des amateurs de football notamment.
De plus, le chemin des Aiges est emprunté par des véhicules pour accéder aux jardins familiaux et aux vignes du clos Eudes III. Sans oublier le nécessaire accès des sapeurs-pompiers, la «première des priorités».
Un investissement de 10.000 euros pour des rochers et des blocs de béton
Une concertation avec les vignerons et le Service départemental d'incendie et de secours de la Côte-d'Or (SDIS 21) a contribué à définir la taille et l'espacement des blocs de béton permettant le passage des utilitaires, des enjambeurs ainsi que des véhicules de la sécurité civile tout en bloquant les caravanes.
En fonction de quoi, 70 rochers – fournis par l'exploitant de carrière Socalcor, à Marsannay-le-Bois – et 10 blocs de béton ont été achetés. Ils ont été installés par les services municipaux. La Ville de Talant a mobilisé 10.000 euros pour cette opération.
En particulier, au niveau du complexe sportif, les rochers sont positionnés de façon semi-enterrée sur un côté du stade Pascal Gien et les blocs de béton sont posés sur les accès du chemin des Aiges, cela sans empiéter sur des places de stationnement.
«Ce sont des blocs qui sont intégrés dans le paysage», a souligné Adrien Guené alors que les travaux étaient en cours de finalisation. «L'opération s'est faite en lien avec la Métropole de Dijon, propriétaire du parking. (…) Une partie du parking doit être repensée, on va accompagner la réflexion.»
Une sécurisation réalisée avant le 15-Août
Le stade Pascal Gien se retrouve ainsi sécurisé alors qu'approchait la date du début du rassemblement annuel Vie et Lumière devant réunir, dans les Vosges, entre 20.000 et 30.000 membres de la Mission évangélique des Tziganes de France.
Entre opposition des élus locaux et sécheresse, les organisateurs ont annulé l'événement mais certains membres de la communauté s'étaient déjà rapprochés du site initialement pressenti.
Pas de tolérance en dehors des aires d'accueil de gens du voyage
Malgré «la qualité de la relation entretenue» entre la Ville de Talant et les représentants des gens du voyage installé sur le stade Pascal Gien en mai dernier, Adrien Guené s'est déclaré opposé à une forme de tolérance d'accueil des communautés lors des déplacements pour des missions évangéliques, en particulier pour des raisons de responsabilités des collectivités.
«Sur la façon dont les trois semaines se sont passées, c'était la bonne méthode», a assumé l'élu gaulliste. «Évidemment, je regrette une installation illégale avec des dégradations. (…) Cela a un coût réel mais, au final, cette méthode nous a permis d'obtenir un petit don [NDLR : reversé au CCAS] et, surtout, une tranquillité. (…) On a vraiment limité les dégradations et les difficultés. (…) Il n'y a eu aucun problème avec les riverains. (…) C'est le dialogue qui l'a permis.»
«Si on ouvre de nous-mêmes cet espace-là, réglementairement, ça oblige les communes à avoir des installations qui soient au normes», a rappelé le premier édile, «c'est une responsabilité qui est partagée».
L'enjeu du nouveau schéma départemental des aires d'accueil
«À l'heure actuelle, la Métropole de Dijon est dans les clous de la loi», a défendu Adrien Guené, également élu métropolitain, «la loi impose un certain nombre d'espaces pour accueillir les gens du voyage et les grands passages. L'aire de grand passage est aux normes. Il se trouve qu'il y a eu un accident juste avant et que l'aire a été fermée parce qu'il y a eu une dégradations des précédents utilisateurs. Elle n'était pas prête.»
«En revanche, au niveau départemental, on est très loin du compte», a analysé le maire de Talant en se référant au schéma départemental d'accueil des gens du voyage qui vient d'être révisé pour la période 2025-2031 (
lire le communiqué). «Il y a des intercommunalités qui n'ont pas encore fait ce travail-là et ça va devenir très urgent puisque la réglementation va évoluer en 2027.»
Et Adrien Guené de déplorer : «la loi est votée par le parlement, l’État est en discussion avec les représentants des gens du voyage, l'intercommunalité doit mettre en œuvre un schéma départemental et, à la fin, ce sont les communes qui paient». «C'est toujours [les maires] qui sont en bout de chaîne !»
Jean-Christophe Tardivon

























