
Le président du groupe d'opposition Pour Talant a réagi, ce jeudi 25 septembre, à la situation politique et au projet municipal de cession du stade Gilbert Rude pour réaliser une opération immobilière.
Les opposants au maire de Talant Fabian Ruinet (LR) ne cessent d'aller de surprise en surprise au gré de l'évolution politique de la majorité. Dernière en date : le rapprochement avec Cyril Gaucher (sans étiquette). Celui-ci avait été démis de ses fonctions d'adjoint pour avoir suivi l'élection présidentielle de la Fédération de Russie en tant «observateur international» (
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Par ailleurs, Nicolas Marin (HOR) a pris ses distances avec le maire en adressant la démission de ses délégations – tout en continuant de siéger – auprès du préfet de la Côte-d'Or qui doit maintenant se prononcer (
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Interrogé par
Infos Dijon, ce jeudi 25 septembre 2025, Adrien Guené (LR) a réagi à la situation politique talantaise. Actuel président du groupe d'opposition Pour Talant, Adrien Guené était tête de liste lors de l'élection municipale en 2020. Sa liste avait remporté le scrutin avec plus de 60% des suffrages mais une majorité s'était constituée pour élire maire son colistier Fabian Ruinet.
«Le maire est profondément affaibli»
Que vous inspire le dernier conseil municipal ?«Le conseil municipal [du lundi 22 septembre] a été un incroyable changement de pied puisque, en même temps qu'on apprenait la démission d'un adjoint – qui me donnait procuration –, on observait le retour d'un élu qui avait été exclu de la majorité, avec pertes et fracas, il y a un peu plus d'un an après un rôle qu'il avait joué pour les élections en Russie. Je rappelle que c'est la majorité qui avait souhaité son exclusion puisque nous n'avions pas pris part au vote.»
«Aujourd'hui, on se rend bien compte que, politiquement, le maire est profondément affaibli puisqu'il est obligé d'aller chercher une procuration parce qu'il lui manque une voix.»
«Le départ de son adjoint, qui était un de ses proches, est symbolique de la façon il se comporte, aussi bien au conseil municipal et en dehors ; dans le cadre de sa majorité, les élus ont du mal avec sa vision pyramidale des choses.»
«On est dans un véritable déni de démocratie»
La situation vous paraît-elle tenable jusqu'à l'élection municipale ?«La situation est tenable mais elle n'est pas souhaitable. Une majorité, pour l'instant, a réussi à émerger mais on est dans une situation où le maire essaie d'accélérer sur un certain nombre de projets et donc on est dans un véritable déni de démocratie.»
«Quand on nous explique qu'on n'a pas de projet [au stade Gilbert Rude] mais que, finalement, tout est un cheminement logique, il faut se rappeler la réalité des faits. En septembre 2024, on annonce, lors d'une réunion publique que [le stade Gilbert Rude] va disparaître et on va construire des logements. En juin 2025, on nous explique qu'il va y avoir une étude pour des infrastructures sportives. Et, là, on veut nous faire croire que c'était d'abord l'étude et, ensuite, la suppression du stade. On se moque de nous, véritablement, dans la façon de faire. On est au coup de menton en permanence. C'est dommage parce que les réflexions sont intéressantes.»
«Il n'y a pas assez d'infrastructures sportives à Talant»
Quelle est votre position concernant l'avenir du stade Gilbert Rude ?«Il y a besoin d'infrastructures sportives à Talant : on est une ville de 12.000 habitants qui manque d'infrastructures sportives, tout est a saturation. Ce n'est sans doute pas en supprimant un ou deux terrains de foot que l'on va répondre à cette attente de la part des gens.»
«Aujourd'hui, il y a deux stades : un terrain synthétique, un terrain en herbe. Ce terrain en herbe n'est plus utilisé. Donc, il doit y avoir une réflexion. Je peux comprendre qu'on doit optimiser les espaces de la ville. Simplement, on doit le faire dans le cadre d'une concertation et dans le cadre d'une écoute avec les principales associations utilisatrices.»
«Je ne suis pas certain que la totalité des associations sportives aient envie de se retrouver sur un espace réduit – à côté de [la salle de spectacles] l’Écrin et du [pôle sportif] Marie-Thérèse Eyquem – avec un parking qui ne pourra augmenter puisqu'il y a un refus de la Métropole et il y a un manque de surface. Donc, on va se retrouver avec de vraies difficultés de partage de l'espace, à cet endroit-là, et on ne résoudra toujours pas le problème qu'il n'y a pas assez d'infrastructures sportives à Talant.»
Un «cheminement» vers l'élection municipale
Quel sujet allez-vous défendre jusqu'à la prochaine élection ?«Il faut vraiment que le maire recule sur la bétonisation qu'il est en train d'amorcer et les projets qu'il souhaite lancer.»
«Si vous prenez le projet Gilbert Rude, la cession de la clinique Bénigne Joly, Cap Ouest, on est sur un projet de plus de 500 logements dans les années qui viennent. On en a ni l'envie, ni l'intérêt pour la ville.»
À ce stade, le groupe Pour Talant assume «un cheminement» vers l'élection municipale mais son président assure qu'il est «trop tôt» pour envisager d'en être la tête de liste.
Propos recueillis par
Jean-Christophe Tardivon