
Ce lundi 13 juillet, le président de la Métropole de Dijon a fait taire les rumeurs concernant le coût de rachat éventuel. «Le hall d'entrée n'est pas très bien mis en valeur», a déploré François Rebsamen qui avance deux axes pour séduire les visiteurs.
Nouvelle mandature, nouvelle stratégie. La Cité internationale de la gastronomie et du vin poursuit son recentrage sur la clientèle touristique fidèle à Dijon et à la Bourgogne.
Lancé en 2022, l'établissement visait initialement à sensibiliser les touristes asiatiques aux différents aspects du Repas gastronomique des Français mais il a rapidement pâti du renchérissement du coût des vols intercontinentaux consécutif au déclenchement de la guerre en Ukraine.
Le 8 juillet dernier, la Métropole de Dijon indiquait proposer d'acquérir le hall d'entrée du site pour en faire «la porte d'entrée touristique des 23 communes» composant l'intercommunalité (
lire le communiqué).
François Rebsamen conserve un regard sur la destinée de la Cité de la gastronomie
Ce lundi 13 juillet 2026, interrogé par
Infos Dijon, François Rebsamen (PS, FP) a apporté un éclairage sur la démarche en cours. Actuel conseiller municipal de Dijon et président de la Métropole de Dijon, François Rebsamen a été récemment désigné président de Dijon Bourgogne tourisme et congrès (DBTC), l'office de tourisme métropolitain.
Ainsi, même si l'élu progressiste devait démissionner de la présidence de la Métropole, pour se conformer au non-cumul des mandats en cas d'élection au Sénat (
lire notre article), il conserverait un regard sur la destinée de la Cité de la gastronomie.
L'entrée principale de la Cité de la gastronomie
Les restaurant du groupe Épicure étant fermés – dont le Comptoir de la Cité qui donnait directement sur l'entrée –, le hall permet d'accéder aux espaces d'exposition – dont la mezzanine –, au Centre d'interprétation de l'architecture et du patrimoine, à la boutique du pôle culturel et à la salle de dégustation de l’École des vins du Comité Bourgogne (ex-BIVB, représentant l'interprofession vitivinicole). Il comprend également la billetterie du pôle culturel et l'accueil du Village gastronomique.
Moins directement, via un ascenseur, le hall fait le lien avec le «canon de lumière» de l'architecte Anthony Béchu qui accueille les salles de formation de Ferrandi Paris. Selon nos informations, l'établissement de formation s'est engagé pour encore deux années de location tout en développant un partenariat avec l’École des métiers de Dijon Métropole (
lire notre article).
Un peu plus loin mais toujours dans le giron du pôle culturel, se trouvent la Chapelle des climats et la chapelle Sainte-Croix-de-Jérusalem, à découvrir gratuitement.
France Domaines estime la valeur du hall à 1,3 million d'euros
Le
groupe K-Rei est le propriétaire et l'exploitant du Village
gastronomique, la partie commerciale de la Cité de la gastronomie. Dans
un contexte de difficultés économiques, le groupe K-Rei a fait savoir à
la Métropole de Dijon qu'il était vendeur du hall d'entrée.
Une
déclaration d'intention d'aliéner (DIA) a été adressée à la collectivité
pour lui permettre d'exercer éventuellement son droit de préemption.
«On
regarde si on peut acquérir», a confirmé François Rebsamen, «on a fait
faire une estimation de France Domaines qui a conclu un prix de 1,3
million d'euros». «Maintenant, il faut que le groupe K-Rei soit
d'accord pour vendre au prix des Domaines.»
«Le hall d'entrée n'est pas très bien mis en valeur»
Un des intérêts d'une acquisition du hall par la Métropole de Dijon réside dans le fait qu'en cas d'éventuelle cessation d'activité du Village gastronomique – ne serait-elle que temporaire –, la collectivité pourrait alors prolonger l'activité touristique sans se retrouver dépendante des aléas juridiques du dossier.
Toutefois, François Rebsamen continue de défendre les atouts de l'établissement culturel et touristique qu'il a porté quand François Hollande, alors président de la République, a souhaité développer un réseau de Cités de la gastronomie pour incarner le Repas gastronomique des Français inscrit, en 2010, au patrimoine culturel immatériel de l'humanité par l'UNESCO.
«On a mille habitants avec 600 logements, un pôle étudiant, un pôle social», a souligné François Rebsamen en référence au programme développé par le groupe Eiffage autour de la friche immobilière de l'ancien hôpital général. «Ça vit bien, ce qui vit moins bien, c'est le problème du commerce.»
«Le cinéma Pathé, c'est plus de 200.000 spectateurs», a insisté le président de la Métropole de Dijon, «les commerçants peuvent se dire que c'est intéressant d'avoir un café en face du cinéma». «Nous, c'est la partie publique qui nous intéresse. Ça fait longtemps qu'on essaie de dire au groupe K-Rei que le hall d'entrée n'est pas très bien mis en valeur.»
Avis favorable des maires de l'intercommunalité
«Nous voulons ouvrir ce hall à la partie tourisme de la Métropole», a indiqué le président de la collectivité, «j'ai réuni l'avis des 23 maires qui ont accueilli cet avis très favorablement et ont voté l'acquisition du hall pour 1,3 million d'euros».
La stratégie de l'élu progressiste repose sur deux aspects qui s'articulent étroitement : le tourisme métropolitain et les climats du vignoble de Bourgogne inscrits à l'UNESCO.
François Rebsamen souhaite qu'un bureau de l'office de tourisme métropolitain s'installe dans le hall pour «présenter le meilleure de 23 communes et valoriser le hall». «Cela conforterait l'activité culturelle qui est portée par la Ville de Dijon qui concerne 180.000 visiteurs, ce qui en fait le troisième pôle touristique de notre département.»
La dimension «vin» de la Cité internationale de la gastronomie et du vin serait ainsi accentuée en tant que «point de départ de la Route des grands crus», route œnotouristique qui «n'est pas municipale, elle est métropolitaine et départementale». «Cela permettrait de mettre en valeur Chenôve et Marsannay-la-Côte et continuer ce que j'ai contribué à créer, avec l'ancien de Beaune [NDLR : Alain Suguenot], les climats des Bourgogne.»
Désormais, dans le cadre de cette stratégie, François Rebsamen appelle les maires à «réfléchir ensemble pour consolider l'offre culturelle» de la Cité de la gastronomie.
Un acheteur serait intéressé par le bâtiment de l'hôtel
Par ailleurs, selon nos informations, un groupe hôtelier international serait intéressé par le bâtiment qui aurait dû accueillir un établissement de Naos Hotel Group, structure qui a fait faillite.
À ce sujet, François Rebsamen se dit «confiant» : «ce sont les banques de crédit leasing qui gèrent, j'espère qu'elles vont choisir le bon».
Jean-Christophe Tardivon
La Cité internationale de la gastronomie et du vin telle que présentée en 2022