
Ce samedi 7 février, la maire de Dijon Nathalie Koenders a porté la statuette de saint Vincent au début du parcours du cortège. Le président de l'association de secours mutuel a salué «l'excellence des vins» présentés au Village des vignerons.

Alors que le vignoble dijonnais connaît «une renaissance bien méritée », la Saint-Vincent communale de Dijon accompagne la notoriété des vins issus des vignes du territoire.
Ce samedi 7 février 2026, après une messe en la cathédrale Saint-Bénigne, une procession a parcouru le centre-ville. La statuette de saint Vincent – sculptée par Henri Vincenot – a été portée successivement par plusieurs vignerons dijonnais. Les deux derniers relayeurs furent Violaine Moissenet et Bastien Gautheron qui héritera de l'effigie durant une année.
Parmi les animations, la Ville de Dijon proposait un Village des vignerons implanté place Bossuet, des conférences à l'auditorium de l'Organisation internationale de la vigne et du vin ainsi que des dégustation à la Cité internationale de la gastronomie et du vin, en partenariat avec la Cité des vins et des climats de Bourgogne de Beaune.
Un cortège très politique
Le cortège s'est constitué sur le parvis de la cathédrale Saint-Bénigne avec, en tête, l'Harmonie de Marsannay-la-Côte, renforcée par la musique municipale de Dijon. Suivaient la bannière et la statuette de l'association de secours mutuel Saint-Vincent de Dijon, le groupe folklorique La Bourguignonne, la confrérie épleumienne du Chardonnay de Saint-Apollinaire, la confrérie de la moutarde de Dijon et la confrérie de l'escargot de Bourgogne.
Aux premiers rangs de la délégation figuraient notamment Nathalie Koenders (PS), maire de Dijon et candidate à sa succession, qui a porté la statuette de saint Vincent le long de la rue du Docteur-Maret, Jean-Michel Verpillot (sans étiquette), maire de Marsannay-la-Côte et vice-président de la Métropole de Dijon, Jean-François Dodet (LR), maire de Saint-Apollinaire, Patrick Chapuis, président de l'association de secours mutuel Saint-Vincent de Dijon, et Jean-Luc Theuret, président de l'association du Bourgogne Dijon.
Dans le cortège se sont glissées des personnalités engagées dans les municipales comme Henri-Bénigne de Vrégille (HOR), conseiller municipal d'opposition sortant et membre de la liste Agir pour Dijon, ou encore Thierry Coudert (UDR), tête de liste du Rassemblement dijonnais.
Les hauts-lieux de l'histoire vitivinicole de Dijon
Vignerons, confréries et personnalités ont parcouru le centre-ville en direction du Village des vignerons en marquant des étapes à des endroits emblématiques de l'histoire vitivinicole de Dijon.
Parti de l'ancienne paroisse des vignerons – située autour de la cathédrale Saint-Bénigne et de l'église Saint-Philibert –, le cortège s'est arrêté place François-Rude où domine le Bareuzai – sculpture en bronze de Noël-Jules Girard, datant de 1904, officiellement intitulée «Le Vendangeur foulant le raisin» – puis au pied du palais des ducs de Bourgogne – ducs qui ont réglementé la production de vin en leur temps –, juste devant la plaque commémorant l'inscription au patrimoine mondial de l'UNESCO des climats de vignobles de Bourgogne, effectuée en 2015 et intégrant le secteur sauvegardé de Dijon.
Objectif «Bourgogne Dijon»
«Plantée dès l'Antiquité par les Romains, la vigne à Dijon a connu la grandeur et la décadence, des heures de gloires et aussi des moments de doute», a rappelé Nathalie Koenders lors des discours officiels, place Bossuet. «À deux doigts de sombrer dans l'oublie, au mitan du XXème siècle, elle s'offre aujourd'hui une renaissance bien méritée.»
La Métropole de Dijon a entrepris de développer le vignoble du Dijonnais avec 60 hectares de vigne plantés depuis 2015 pour produire des bourgognes ainsi que des crémants de Bourgogne. La collectivité souhaite désormais obtenir de l'INAO une dénomination géographique complémentaire «Bourgogne Dijon».
«La bonne nouvelle est attendue, je l'espère, pour le millésime 2027», a anticipé la maire de Dijon. «Cette perspective rapide constituera, sans nul doute, un nouveau grand moment dans l'histoire vitivinicole de Dijon.»
Dans l'immédiat, la socialiste a défendu «une grande idée : celle de faire renaître les vins dits du Dijonnais et qu'ils soient bus et approuvés ici et dans le monde entier !»
Devant elle, avaient rejoint la délégation notamment Océane Godard (PS), députée de la Côte-d'Or, François Rebsamen (FP), président de la Métropole de Dijon, ainsi que John Barker et Yann Juban, respectivement directeur et directeur adjoint de l'OIV.
Une société d'entraide
«La Saint-Vincent de Dijon est devenue, en l'espace de quelques années, un événement culturel incontournable dans la ville de Dijon», s'est félicité François Chapuis.
«Il s'agit d'une société d'entraide», a rappelé le nouveau président de la société de secours mutuel, depuis avril dernier (
lire notre article). «Dès lors qu'il y a un vigneron du pays dijonnais qui est en difficulté, qui est empêché, ce vigneron est aidé par ses collègues, de façon à ce que la vigne et la cave de ce vigneron puissent continuer à fonctionner dans des conditions satisfaisantes.»
«La deuxième vocation de l'association Saint-Vincent de Dijon est de participer à la notoriété du vin de Dijon», a ajouté François Chapuis, soutenant la démarche du «Bourgogne Dijon».
À l'issue des discours, Nathalie Koenders et François Chapuis ont remis symboliquement la statuette de saint Vincent à Bastien Gautheron qui a alors fait découvrir les vins du domaine Gautheron d'Anost dont une cuvée qui a pris un peu d'avance en faisant figurer comme nom de cuvée «Bourgogne Dijon» sur son étiquette.
Des vins de «grande qualité»
Le geste a donné le coup d'envoi de l'ouverture des stands du Village des vignerons auquel participaient une douzaine de domaines.
«Ces vignerons ont tous des caractères différents mais ils ont un point commun : c'est l'excellence de leurs vins», a signalé François Chapuis, insistant sur «la grande qualité» des différentes cuvées présentées.
«Il y a plein de belles valeurs d'humanisme et d'entraide qui sont derrière [la Saint-Vincent de Dijon]», a glissé Bastien Gautheron qui produit annuellement environ 2.500 bouteilles à partir des vignes dijonnaises qu'il exploitent. Un nombre qui devrait croître puisque les plantations continuent pour viser une superficie de 4 hectares.
Les danseurs et musiciens de La Bourguignonne ont rythmé les premières dégustations alors que s'allongeaient déjà les files d'attente pour découvrir les vins du Dijonnais.
Jean-Christophe Tardivon























































































