
Ce jeudi 15 octobre, à Dijon, les débats ont été menés tambour battant. Le clivage droite-gauche a été réactivé avec, comme marqueur, la condamnation des dégradations ou la prise en compte des revendications des lycéens.

Réunis en session plénière, les élus régionaux ont été incisifs, ce jeudi 15 octobre 2026, à Dijon, lors des débats de politique générale, stimulés par les multiples formes qu'a pris le mouvement social de lycéen, entre revendications de meilleures conditions d'éducation, dégradations d'établissements et nombreux blessés parmi les dépositaires de l'autorité publique.
En fonction de son orientation politique, chacun a pu choisir de mettre le curseur sur tel ou tel aspect de la situation. L'exécutif et le principal groupe majoritaire se sont retrouvés dans une position se voulant équilibrée entre dénonciations des «violences» et soutien des revendications, tout en défendant la politique suivie pour l'entretien des lycées publics en Bourgogne-Franche-Comté.
Une minute de silence en mémoire de François Patriat
À l'arrivée des élus, Jérôme Durain (PS), président du conseil régional, salue la mémoire de François Patriat, décédé le 19 août dernier (
lire notre article), sénateur de la Côte-d'Or, ancien président du conseil régional de Bourgogne, de 2004 à 2015 – une minute de silence sera respectée avant de donner son nom à la salle des séances en fin de matinée –, puis adresse une pensée à Céline Bähr, touchée par un drame familial et absente ce jour, ainsi qu'à Julien Guibert pour ses «difficultés de santé».
Arnaud Marthey est élu sénateur, Sandra Iannicelli rejoint le groupe de Denis Thuriot
Le socialiste félicite ensuite les conseillers régionaux Arnaud Marthey (PS), élu sénateur du Doubs, et Jacques Grosperrin (LR), réélu sénateur du Doubs, puis rend hommage aux travail des journalistes – locaux, régionaux ou nationaux – pour mieux en venir à cibler le Rassemblement national via «l'affaire Bardella» qui «permet de démasquer l'antisémitisme honteux qui animent certains responsables politiques».
Arnaud Marthey rejoint la commission des lois du Sénat. Pour se conformer aux règles sur le non-cumul des mandats, le socialiste démissionnera prochainement des présidences qu'il exerce dans des structures financées par la Région.
Élue dans la majorité, en 2021, Sandra Iannicelli (sans étiquette) avait claqué la porte de son groupe, en avril dernier. Après avoir un temps siégé dans les non-inscrits, la Belfortaine rejoint le groupe d'opposition des élus progressistes qui compte désormais huit membres.
Jérôme Durain : «Les agriculteurs souffrent encore dramatiquement de ce long été de feu»
La «crise climatique» et les vagues de fortes chaleurs marquent le début du propos liminaire de Jérôme Durain qui déplore un «un triple déni» concernant les «responsabilités passées, présentes et futures».
Raillant les «climatosceptiques», le responsable de l'exécutif régional revendique avoir eu «raison de concevoir [des] politiques publiques à l'aune de cet enjeu majeur et qui répondent, à la mesure des moyens qui sont les nôtres, aux vulnérabilité et aux enjeux d'adaptation de notre région. «Nous n'avons pas attendu pour nous intéresser au climat.»
«Les agriculteurs souffrent encore dramatiquement de ce long été de feu», enchaîne l'orateur, «la détresse est immense». «L’État a réagi sous la pression, tant mieux, de notre côté nous travaillons à orienter notre action sur ce qui est le plus utile aux agriculteurs.»
Ainsi, seront activés des projets sur la ressource en eau financés à hateur de 7,5 millions d'euros, des prêts à court terme en l'absence de paiement FEADER, une garantie bancaire pour accompagner 15 millions d'euros de prêts nouveaux, un soutien à l'adaptation des bâtiments doté d'un million d'euros. Les Départements ont été sollicité pour abonder éventuellement ces dispositifs.
Jérôme Durain alerte sur «le pacte russo-étatsunien»
«Notre monde s'apparente de plus en plus à une poudrière», reprend Jrôme Durain qui dénonce «le pacte russo-étatsunien sur le dos de l'Ukraine et de l'Europe» – une référence directe au pacte germano-soviétique qui a façonné le début de la Seconde Guerre Mondiale – alors que la Bourguignonne Sophie Adenot n'a vu «aucune frontière depuis l'espace».
Après avoir rappelé ce que la Région fait en matière de pouvoir d'achat, le socialiste pointe «le crépuscule de dix ans de macronisme» vus comme «une somme de crispation sociales, de délitement des corps intermédiaire, de brutalisation des mouvements sociaux et sociétaux», ce qui conduit à faire de la France un «pays inflammable».
Les compétences de la Région «interagissent avec leur quotidien» des lycéens
Constatant que la jeunesse est «encore marqué par la crise sanitaire» et «confrontée à l'anxiété climatique, au développement anarchique de l'intelligence artificielle, à l'angoisse de l'orientation et de l'entrée dans l'emploi, à un monde instable, à une modernité pas toujours bienveillante et au sentiment de ne pas être écoutée avec toute l'attention nécessaire».
«Ce sont des mouvements qu'il faut savoir entendre», insiste le président de la Région «condamne sans réserve les violences» même si «la très large majorité des lycéens qui manifeste le font avec une grande sincérité».
Si les revendications des lycéens concernent principalement l'exécutif national, les compétences de la Région «interagissent avec leur quotidien» en ce qui concerne l'entretien des bâtiments et l'équipement des lycées.
«La situation est plus que correcte, nous sommes une des Régions du pays qui fait le plus en matière de bâtiment», martèle le responsable de l'exécutif, alors qu'on été mobilisés pour le «bon fonctionnement des établissements», en 2026, 98 millions d'euros pour le fonctionnement des lycées, 102 millions pour le patrimoine, 7 millions d'euros pour le numérique éducatif et 140 millions d'euros pour les rémunérations des personnels de la Région travaillant dans les lycées.
Soutien au projets d'élèves, sensibilisation aux questions environnementales, mesures d'aide aux familles, accroissement des produits locaux ou bio dans les cantines... «la Région va bien au-delà de ses obligations légales».
Le délicat sujet du lycées des Haberges
Selon Jérôme Durain, le dossier du lycée des Haberges montre que «la Région sait être au rendez-vous des enjeux d'accueil dans les meilleures conditions possibles des lycéens dans un moment difficile». «Il y a eu des alertes, nous avons mis en place des procédures de surveillance ; nous avons lancé une recherche des causes, c'est ce qui a permis d'identifier le risque puis de prendre sans délai la seule qui vaille, la mise en sécurité des personnes.»
En 2027, les lycées se verront attribuer 45,9 millions d'euros en dotation globale de fonctionnement (-8% sur un an). «Notre vigilance sera totale pour répondre aux besoins des établissements. La Région Bourgogne-Franche-Comté n'a jamais abandonné un lycée en difficulté.»
L'orateur termine sur le sujet éducatif en adressant une pensée aux personnels enseignants, en particulier ceux du lycée à Aubagne – alors que le parquet antiterroriste s'est saisi du dossier judiciaire –, et rappelle le triste anniversaire de l'attaque terroriste islamiste ayant conduit à la mort du professeur Samuel Paty.
«J'ai beaucoup négocié avec Jean Castex»
Soutien à l'innovation, participation aux projets fonciers, mise en place de BFC Boost... «la Région a injecté 150 millions d'euros dans l'économie locale», poursuit Jérôme Durain, «notre économie est résiliente».
Avec la contribution de l'Agence économique régionale, en 2025, 82 projets étrangers d'investissement directs ont été enregistrés générant 1.500 emplois dont 77% en production industrielle.
Dans le champ des mobilités, Jérôme Durain renouvelle ses griefs à l'encontre de l’État, accusé d'avoir «délaissé» la rénovation des lignes ferroviaires.
«J'ai beaucoup négocié avec Jean Castex, président de la SNCF», signale-t-il avant de revenir sur les avancées obtenues (
lire notre article).
À partir des recettes générées par le nouveau versement mobilité régional et rural (VMMR), 1,5 millions d'euros seront reversés à des intercommunalités ayant la compétence des transports.
Le «casse-tête» du budget régional 2027
«Les lois de finances ne nous aident pas : il va falloir qu'on se pose globalement la question de notre niveau d'intervention partout», prévient le responsable de l'exécutif régional, «la préparation du budget de l'année prochaine est un casse-tête invraisemblable».
À ce stade, le PLF 2027 envisage une contribution d'un milliard d'euros pour contribuer au redressement des comptes publics. Cela représenterait environ 50 millions d'euros pour la Région Bourgogne-Franche-Comté. «Nous ferons tout pour ne pas faire peser sur les plus fragiles les choix gouvernementaux.
Le président de la collectivité considère que le gouvernement «renie ses engagements» en prévoyant de retirer 100 millions d'euros aux Régions en matière d'aide à l'installation des agriculteurs de moins de 40 ans, dont 10 millions en Bourgogne-Franche-Comté.
En fonction de quoi, l'orateur constate «une inadéquation totale de ce PLF avec les missions des collectivités locales». «Nous refusons l'asphyxie qui nous est promise.»
Jean-Marie Sermier : «Je ne suis pas sûr que 8-18 heures soit un réel problème» pour les lycéens
Président du Groupe de la droite et du centre, Jean-Marie Sermier (LR) rend, lui aussi, hommage à François Patriat, «un homme de terroir» qui «aimait la Bourgogne».
Constatant un «rabot sur les collectivités», l'élu gaulliste estime qu'«il vaut mieux ça que la faillite de notre pays». «Nous ferons des propositions extrêmement précise pour essayer que la Région puisse continuer à investir».
«On peut comprendre un certain nombre de remarques de notre jeunesse», déclare Jean-Marie Sermier qui nuance : «je ne suis pas sûr que 8-18 heures soit un réel problème». «En aucun cas, nous ne pouvons soutenir les violences, les incendies, les saccages des établissements».
L'opposant regrette la «prise de position des présidents de groupe de la majorité». Si Jérôme Durain a fait mention des «violences» dans son propos liminaire, «[les] présidents de groupe de l'ont pas fait» dans leur communiqué, insiste l'opposant (
lire le communiqué).
Jean-Marie Sermier incite à «trouver des solutions» pour les agriculteurs
L'opposant poursuit en déplorant que les circulations de TER dans le nord de l'Yonne soient «à la traîne».
Puis, Jean-Marie Sermier incite l'exécutif à «trouver des solutions» pour les agriculteurs, en faisant référence à au plan de François Sauvadet qui, par le passé, à diligenter un achat de fourrage à l'extérieur de la Région.
Julien Odoul : «Ces mobilisations viennent de la promesse trahie du remplacement des professeurs»
Face aux «barbouzeries» visant Jordan Bardella, président du parti à la flamme, Julien Odoul (RN), président du groupe d'opposition Rassemblement national Bourgogne-Franche-Comté, réagit en renvoyant aux affaires du Parti socialiste en ciblant particulièrement le parcours de François Mitterrand, «deux ans collaborateur du régime de Vichy».
«Les Français subissent le macronisme depuis dix ans, ils n'en peuvent plus», enchaîne l'élu du camp national, «le nouveau monde a très vite vieillie, il est est, aujourd'hui, moisi et périmé, il soulève beaucoup d'inquiétudes, d'angoisse dans toute la société».
«Ce que nous vivons avec les lycéens correspond à une révolte sur un bilan sur des trahisons qui ont celles d'Emmanuel Macron», considère Julien Odoul, «ces mobilisations viennent de la promesse trahie du remplacement des professeurs qui avait été annoncée par Emmanuel Macron, en 2023».
«L'augmentation du budget a servi aux retraites des fonctionnaires et non pas à l'amélioration de la condition lycéenne, non pas à l'amélioration des enseignements et non pas aux revalorisation des professeurs», développe t-il. «La réforme Blanquer de 2019 a totalement perturbé l'organisation du temps scolaire.»
«Ce ne sont pas aux Bourguignons et aux Francs-Comtois de payer l’addition»
«Il ne faut pas occulter l'instrumentalisation de l'extrême gauche qui a jeté de l'huile sur le feu, qui a harangué les lycéens, qui a incité à la violence, qui a légitimé la violence», poursuit le tribun qui cible Jean-Luc Mélenchon et ses «nervis». «Ces gens-là, qui sont, de près ou de loin, vos alliés objectifs, doivent être dénoncés avec la plus grande force.»
Rappelant que près de mille agents des forces de sécurité intérieure ont été blessés et près de 150 personnels éducatifs, Julien Odoul lance «c'est inacceptable» et adresse une pensée pour le policier lynché à Belfort ainsi qu'aux «lycéens pacifiques qui ont été récupérés par les éléments les plus radicaux». «Ça n'a pas été dit dans les communiqués de presse de votre majorité qui a soutenu aveuglément les mobilisations lycéennes.»
«Ce ne sont pas aux Bourguignons et aux Francs-Comtois de payer l’addition, (...) c'est aux professionnels du saccage qu'il faut envoyer l'addition», poursuit l'élu national-populiste qui repousse les éventuels «amalgames». «Les slogans pour la Palestine n'ont rien à voir avec Parcousup, les slogans anticapitalistes n'ont rien à voir avec le remplacement des professeurs», estime-t-il avant de fustiger «ceux qui n'ont que deux mots de vocabulaire ''wesh'' et ''wallah''».
Un propos qui fait réagir la majorité jusque-là stoïque. Les réactions s'amplifient quand l'orateur promet «à ceux qui cassent, ce sera la sanction, à ceux qui agressent ce sera la prison, à ceux qui veulent apprendre, ce sera plus de moyens, à ceux qui travaillent dur, ce sera la reconnaissance, à ceux qui espèrent, ce sera la renaissance [NDLR : du nom du slogan de campagne de Marine Le Pen, slogan contesté par le parti éponyme de Gabriel Attal]».
Sandra Germain refuse que «la parole des lycéens soit instrumentalisée par l'extrême-gauche»
Denis Thuriot (REN) étant absent, il revient à Sandra Germain (REN) de porter la voix du groupe d'opposition des élus progressistes. La Nivernaise rend, elle aussi, hommage au parcours du sénateur François Patriat et salue la mission réussie de l'astronaute Sophie Adenot, «enfant de la Nièvre», vue comme «une source d'inspiration, tout particulièrement pour notre jeunesse et pour les femmes, une invitation à l'ambition, au travail et à la confiance en soi». Le travail sur les nourrices du Morvan du réalisateur Vincent Robert est également remarqué.
Dans la foulée, l'élue social-libérale appelle les élus du RN à participer aux conseils d'administration des lycées et faire «moins de plateaux TV» car «écouter les jeunes, c'est aller à leur rencontre».
En revanche, l'oratrice refuse que «la parole des lycéens soit instrumentalisée par l'extrême-gauche et les casseurs de tout poil». «Les dégradations commises contre les biens publics ou les lycées sont inacceptables», souligne celle qui soutient Emmanuel Macron, «c'est tolérance zéro».
«Écouter ponctuellement ne suffit pas, encore faut-il organiser le dialogue et faire en sorte qu'il débouche sur des actes», déclare l'opposante à propos de la mobilisation de lycéens qui rappelle sa demande de la création d'un Conseil régional des jeunes et adresse une pensée à la communauté éducative d'Aubagne.
Mobigo, «emmène-moi déjà à l'école serait un bon début»
«Cette exigence d'écoute vaut aussi pour les transports scolaires», poursuit Sandra Germain qui raille le slogan de Mobigo «emmène-moi où je veux» : «emmène-moi déjà à l'école serait un bon début» puis demande le rétablissements des TER Nevers-Dijon en 2h07.
Entre décisions gouvernementales et revendications régionales, Sandra Germai se félicite des avancées concernant de petite lignes ferroviaires «rendues possible grâce à un engagement financier de l’État».
Claire Mallard : «Les jeunes lycéens ont eu droit au degré zéro de l'écoute démocratique»
Présidente du groupe Écologistes et solidaires, Claire Mallard se «joint» aux hommages à François Patriat qui avait, dès 2004, géré la Région Bourgogne avec des partisans de l'écologie politique.
«L'été de tous les records nous fait basculer dans une nouvelle ère qui mériterait de remettre l'expression démocratique et la promesse républicaine de l'égalité des chances au cœur du contrat social», considère celle qui soutient l'exécutif régional.
«Quand les jeunes expriment leur angoisse à s'insérer dans l'avenir et le droit à la dignité d'avoir les mêmes chances d'étudier, c'est évidemment cela que le pouvoir devrait entendre, en premier lieux», développe-t-elle. «Les jeunes lycéens ont eu droit au degré zéro de l'écoute démocratique.»
Indiquant que «tout le monde condamne» les débordements violents, Claire Mallard considère que «les manifs lycéennes ne sont en rien une menace pour la République».
«Depuis dix ans, les gouvernements successifs font de l'écologie une variable d'ajustement»
Face aux «transformations de la société», l'élue écologiste appelle à «une redistribution équitable des ressources».
En Bourgogne-Franche-Comté, en raison de la sécheresse, Claire Mallard souligne des difficultés locales d'accès à l'eau potable tandis que, «dans le monde agricole, les rendements s'effondrent».
«Depuis dix ans, les gouvernements successifs font de l'écologie une variable d'ajustement», déplore-t-elle en demandant à l’État d'«aider à accélérer la rénovation énergétique» des lycées. «Nous pouvons être fiers de ne jamais avoir sacrifié la transition sous le bois de l'austérité budgétaire.»
Muriel Ternant relève «une crise profonde de l'école de la République»
Présidente du groupe des élus communistes et républicains, Muriel Ternant considère que les propos des opposants révèlent du «mépris» pour le mouvement social de lycéen : «je vous propose de prendre le temps d'écouter vraiment la jeunesse de notre région». «La jeunesse n'est pas une menace, elle est l'espoir d'une nation.»
Après avoir rappelé les revendications des lycéens – «expression d'une crise profonde de l'école de la République» –, l'élue communiste appelle à construire des lycées publics – de façon à diminuer la taille des établissements et conséquemment le nombre d'effectifs par classe – et «refuse» la fusion de deux lycées de Nevers.
Critiquant la contribution au redressement des comptes publics au niveau nationale, celle qui soutient l'exécutif régional déplore la diminution de la dotation globale de fonctionnement de 8% en 2027, par rapport à 2026, et incite plutôt à «diminuer la dotation aux lycées privés».
Muriel Ternant demande au gouvernement «un grand plan national pour les lycées» consistant à mobiliser 5 milliards d'euros «pour engager les travaux les plus urgents», assorti de prêts à taux zéro de 5 autres milliards d'euros «pour agir immédiatement, pour préparer l'avenir».
Hicham Boujlilat : « Les agressions et les atteintes aux personnes n'ont pas leur place dans une mobilisation démocratique»
Président du principal groupe de la majorité Notre Région par cœur, Hicham Boujlilat (PS) rend hommage à François Patriat – «il aimait les gens, la Bourgogne, la vie et son pays» – et adresse des mots de soutien aux conseillers régionaux touchés par l'affliction.
«Le patriotisme, ce n'est pas entretenir la peur, c'est défendre son pays et améliorer la vie de celles et ceux qui y vivent», lance l'élu socialiste qui revendique de «chercher des solutions concrètes».
Concernant le mouvement social de lycéen, celui qui soutient l'exécutif déclare sans ambages «les violences doivent être condamnées, les agressions et les atteintes aux personnes n'ont pas leur place dans une mobilisation démocratique mais condamner les violences ne doit jamais nous servir de prétexte pour ne pas écouter les revendications».
«Derrière les manifestations, il y a des inquiétudes», poursuit le socialiste qui refuse toute «complaisance». «La réponse républicaine doit conjuguer écoute, fermeté, proportionnalité et dialogue.»
«La République, ce n'est pas un décor que l'on installe pour les élections»
Le président de groupe répond à l'attaque de Julien Odoul en renvoyant aux propos antisémites de Jean-Marie Le Pen en son temps. «Même Jean-Philippe Tanguy reconnaît que votre parti attire des profils de dingues. (…) La République, ce n'est pas un décor que l'on installe pour les élections, c'est un engagement que l'on respecte tous les jours.»
Le ton plus grave, Hicham Boujlilat rend hommage, lui aussi, à Samuel Paty, «assassiné pour avoir enseigné la liberté d'expression». «La liberté de pensée, la liberté d'enseigner, la liberté de débattre ne sont jamais définitivement acquises.»
«Depuis dix ans, 1,2 milliard d'euros ont été consacrés à la rénovation des lycées dont 620 millions d'euros de travaux sont en cours de réalisation», indique le soutien de l'exécutif qui rappelle également les mesures de pouvoir d'achat pour les familles de lycéens.
«La transition écologique ne sera crédible que si elle bénéfice à tous»
Après les fortes chaleurs, «la question n'est plus de savoir si le changement climatique affecte nos territoires mais si nous sommes prêts à nous organiser pour y faire face», enchaîne Hicham Boujlilat. «La transition ne peut pas reposer uniquement sur les ménages, elle doit être juste, progressiste et accompagnée. (…) La transition écologique ne sera crédible que si elle bénéfice à tous les territoires et à toutes les catégories sociales.»
Le président de groupe déplore, lui aussi, «la ponction» liée au projet de loi de finances pour 2027, en particulier dans les crédits de la politique agricole, et raille le «contre-budget» du Rassemblement national : «en matière budgétaire, Marin Le Pen a quelques difficultés avec les chiffres».
«Vous proposez de ponctionner 200 millions d'euros [au budget annuel de la Région Bourgogne-Franche-Comté», soir «deux années d'investissement pour nos lycées». «Nous choisissons l'action, la justice et l'espoir.»
300.000 euros de dégâts liés aux blocages des lycées
Après ces débats de politique général, Jérôme Durain précise qu'à ce stade, le coût des réparations des dégradations de lycées publics perpétrées durant le mouvement social de lycéens est estimé à 300.000 euros. «Nous porterons plainte.»
«Tout n'est pas rose partout, il y a des difficultés», note l'adhérent du parti à la rose. Concernant le lycée des Haberges, le responsable de l'exécutif régional dénonce la «malhonnêteté intellectuelle» de Jean-Marie Sermier.
«Partout dans la très grande couronne de la région parisienne, on a les mêmes difficultés», poursuit-il à propos des mobilités. «Il y a un déficit d'information des voyageurs», concède-t-il. «On va continuer à faire peser une responsabilité très lourde sur la SNCF.»
«On a un niveau de service qui est exceptionnel en Bourgogne-Franche-Comté», revendique-t-il toutefois, «nous sommes la seule Région à transporter gratuitement 95% des gamins, bien sûr il y a quelques dizaines de cas, bien sûr qu'il faut faire mieux». «La Région Bourgogne-Franche-Comté fait du bon travail, il y a toujours des difficultés, c'est notre boulot de les régler.»
«Vous tapez sur le macronisme alors qu'il y a beaucoup de personnalités de droite qui participe à cet aventure», cingle le socialiste, toujours à l'adresse de Jean-Marie Sermier, ce qui lui vaut d'être applaudit par les élus du RN.
«Ce n'est pas normal que les citoyens paient pour des gens qui ont eu des emplois fictifs au Parlement européen»
«Vivement 2027 ? Je ne crois pas, vous n'êtes pas prêt !» poursuit-il à l'encontre de ceux-ci, «votre parti est marqué par des comportements antisémistes qui restent très nombreux».
Jérôme Durain se dit «scandalisé»par le «ripolinage» qu'il prête à ces derniers en voyant une motion pour demander une subvention exceptionnelle afin de soutenir la restauration de la synogogue de Dijon, retenue par la Mission Stéphane Bern.
«Je suis assez d'accord pour demander à ceux qui cassent de réparer», ironise Jérôme Durain car «ce n'est pas normal que les citoyens paient pour des gens qui ont eu des emplois fictifs au Parlement européen».
Finalement, le socialiste rappelle qu'il soutient la candidature à la présidentielle de Raphaël Glucksmann (PP) qui «est d'une clarté absolue sur l'alliance avec LFI».
Jean-Christophe Tardivon























