À ce stade du débat, la proposition de loi visant à lutter de manière intégrale contre les violences sexistes et sexuelles commises à l’encontre des femmes et des enfants semble faire l'impasse sur la situation des hommes qui représentent 9% des victimes majeures d'agressions sexuelles. «Cette loi n'est pas dirigée contre les hommes», assure toutefois la présidente du groupe politique Dijon écologie.
Communiqué du groupe Dijon écologie du 24 juin 2026 :Le vœu présenté lors du conseil municipal du 22 juin par Madame la Maire, Nathalie Koenders, à la suite du décès tragique de Lyhanna, poursuivait un objectif simple : ouvrir un débat républicain, digne et responsable face à un drame qui bouleverse profondément notre ville et notre pays.
Nous regrettons que certains élus de droite aient choisi de répondre par la caricature, la polémique et les procès d’intention plutôt que par la hauteur de vue qu’exige une telle situation. Ce vœu aurait mérité l’unanimité, neuf élus de droite extrême et d’extrême droite ont choisi de s’abstenir. Leur abstention est une faute morale et politique.
Elle l'est d'autant plus que ces mêmes élu·es ont cru bon de justifier leur refus en dénonçant une loi prétendument « discriminante » envers les hommes. Cette rhétorique, celle des cercles masculinistes et des milieux réactionnaires, n'a pas sa place dans une enceinte républicaine, et certainement pas dans un débat national suite à la mort d'une enfant. Nous la condamnons sans réserve. Rappelons qu'elle vise à protéger tous les enfants, filles comme garçons, ainsi que les femmes, et qu'elle répond à une réalité documentée des violences sexuelles.
Cette loi n'est pas dirigée contre les hommes, elle est au service de la protection des victimes et du progrès de toute la société. Elle ne vise aucun groupe, sinon les agresseurs. Agiter le spectre de la discrimination pour refuser de voter un texte de protection des victimes, c'est faire le choix délibéré de placer la politique partisane au-dessus de la sécurité des plus vulnérables. Il n'y a pas de camp neutre face aux violences faites aux enfants. Ceux qui refusent de voter pour leur protection ont choisi leur camp et ils devront l'assumer.
La mort de Lyhanna ne peut être réduite à un fait divers ni devenir un objet de récupération politique. Elle nous oblige collectivement à regarder en face les défaillances qui subsistent dans la prévention, le repérage et le traitement des violences sexuelles et sexistes.
Le vœu adopté rappelle une réalité trop souvent ignorée : ces violences ne sont pas des situations exceptionnelles mais un phénomène systémique qui touche chaque année des milliers d’enfants et de femmes. Face à cette réalité, les réponses doivent être à la hauteur des enjeux.
C'est pourquoi nous soutenons l'appel adressé au Gouvernement et au Parlement afin que la proposition de loi intégrale contre les violences faites aux enfants et aux femmes soit inscrite sans délai à l'ordre du jour et adoptée rapidement.
Nous soutenons également la demande de moyens à la hauteur des enjeux afin de garantir une protection effective des victimes sur l'ensemble du territoire.
Face à des drames d'une telle gravité, notre responsabilité collective est de dépasser les postures pour construire des réponses concrètes, efficaces et fidèles aux valeurs de la République. La protection des enfants doit être une priorité absolue de l'action publique.
En mémoire de Lyhanna, mais aussi pour toutes les victimes, nous appelons à une mobilisation nationale durable associant l'État, les collectivités territoriales, les associations et l'ensemble des acteurs concernés.
Nous prenons acte de l'annonce du Gouvernement d'inscrire l'examen de cette loi à l'agenda parlementaire à l'automne prochain. C'est une première étape. Nous resterons toutefois particulièrement vigilants. Les citoyens attendent des actes. La loi intégrale doit désormais être examinée, votée et mise en œuvre sans attendre.
Groupe Dijon Ecologie : Clémentine Hugol-Gential , Ludmila Monteiro, Karine Savina, Patrice Chateau, Billy Chrétien, Laurent Monnot