Les militants du mouvement de gauche radicale ont déposé une contribution à l'enquête publique sur le SCOT en critiquant une révision intégrant «des objectifs inadaptés, voire dangereux pour la population».
Communiqué de Dijon avenir du 4 juillet 2026 :Le 3 juillet s’est terminée l’enquête publique sur la révision n°2 du SCoT du Dijonnais (Schéma de Cohérence territoriale). Dijon Avenir a déposé une contribution argumentée qui montre en quoi ce document structurant l’urbanisme du territoire pour les 20 ans qui viennent, va engendrer des risques croissants pour la santé de la population et la disponibilité des ressources vitales du territoire (eau et alimentation).
Des objectifs inadaptés, voire dangereux pour la population
Le Schéma de Cohérence Territoriale du Dijonnais (SCoT), adopté en 2019, structure et programme jusqu’en 2046 l’urbanisation d’un territoire composé des collectivités de Dijon Métropole, de la Communauté de Communes Norge et Tille et de la Communauté de Communes de la Plaine Dijonnaise.
La révision du SCoT soumise à l’enquête publique, définit notamment de nouveaux objectifs de croissance de la population, de construction de logements, et de surfaces de pleine terre à artificialiser. C’est donc un document essentiel qui engage pleinement l’avenir du territoire et de la population. D’autant plus que la hiérarchie des normes impose que les objectifs du SCoT soient ensuite repris dans les plans d’urbanismes locaux et intercommunaux, notamment le PLUi-HD de Dijon Métropole dont la Maire de Dijon a annoncé la prochaine révision.
Nous pensons que ce projet de révision SCoT est un bel exemple d’inadaptation du territoire et de sa population au réchauffement climatique et aux aléas qui en résultent, notamment les canicules qui vont augmenter en fréquence et en intensité, engendrant des risques croissants pour la santé de la population et la disponibilité des ressources vitales du territoire (eau et production agricole essentiellement).
Nous refusons le projet d’une ville qui se développe en dépeuplant le tissu rural et détruisant les terres, qui sont pourtant une des conditions de vie de sa population.
Nous interrogeons les élu·e·s du Syndicat Mixte du SCoT : alors que la situation hydrologique est déjà tendue et que vos projets vont détériorer la capacité du milieu à se recharger, comment allez-vous répondre aux besoins en eau potable des près de 300 000 habitant·e·s du territoire, sans empêcher les populations alentour de répondre à leurs besoins ?
Nous mettons en évidence que sur les 3 premières années d’exécution du SCoT en vigueur, la production de logements fixée pour Dijon et Dijon Métropole, a été largement dépassée.
Pour la ville de Dijon, le SCoT fixait un objectif annuel de 750 logements. La Ville l’a traduit dans le PLUi-HD par un objectif annuel de 1 000 logements (+33%), et le nombre de logements réellement construits s’est élevé à 1 361 par an, 36% supérieur au PLUi-HD et surtout 81% au-dessus de l’objectif du SCoT !
Sources : Sitadel, observatoire de Dijon métropole et document du SCoT du Dijonnais approuvé en 2019
Nos propositions
Nous proposons de faire évoluer le SCoT en intégrant les objectifs et les mesures suivantes :
Engager le territoire sur une trajectoire de stabilisation démographique à son niveau actuel, spécialement pour Dijon et sa métropole.
Appliquer immédiatement le principe du ZAN, en compensation de la consommation foncière très élevée des dernières décennies.
Donc : préserver TOUS les Espaces Naturels Agricoles et Forestiers ainsi que TOUS les espaces de pleine terre existant encore dans le tissu urbain, quelle que soit leur surface. Y compris toutes les dents creuses de moins de 5 000 m², qui seront utilisées pour créer des jardins potagers vivriers destinés à développer l’autonomie alimentaire du territoire et des espaces végétalisés qui feront fonction d'îlots de fraîcheur pour protéger les habitant·e·s des vagues de chaleur à venir.
Protéger, préserver TOUS les arbres.
Ne plus construire aucun logement neuf sur le territoire de Dijon et Métropole.
Produire les seuls logements nécessaires à une population stabilisée, intégralement par réhabilitation des logements vacants, conversion de résidences secondaires en résidences principales (notamment par un strict plafonnement du nombre de logements loués en courte durée), conversion de bureaux en logements, etc. Sur la ville de Dijon, le potentiel de ces différents gisements permettrait de produire 10 000 logements à l’horizon 2050, soit 2,5 moins que l’objectif fixé par le projet de SCoT. C’est l’objectif que nous proposons.
Questionner la dynamique globale du SCoT et les équilibres internes entre EPCI, spécialement entre Dijon / Métropole d’une part et les 2 EPCI périurbains et ruraux d’autre part.
Remettre profondément en question l’objectif de développement du tourisme, surtout international, qui est très consommateur de ressources : eau (notamment en été quand la ressource est au plus bas), énergie, foncier (logements, résidences secondaires louées en Airbnb, etc…).