Les militants écologistes métropolitains préconisent d'«accompagner les citoyens dans la transition écologique plutôt que de s'obstiner dans l'incinération en vrac».
Communiqué des Écologistes Côte-d'Or du 10 septembre 2026 :L'exécutif de Dijon métropole a inauguré en grande pompe la rénovation de l'unité de valorisation énergétique (UVE) des déchets de Dijon. Même si la modernisation de cet incinérateur est utile, la politique globale des déchets dans laquelle elle s'insère ne correspond plus aux besoins du territoire.
Certes, les élus raff olent de grands projets techniques comme cette rénovation à 193 millions d'euros cherchant à faire croire que la transition écologique pourra être menée juste avec un peu plus de technique, sans faire évoluer nos modes de vie. Ces grands projets sont parfois des chimères comme l'a hélas montré le fi asco du projet hydrogène, destiné à valoriser l'électricité produite par l'incinération des déchets mais qui s'est soldé par un arrêt défi nitif et une perte nette de 15 millions d'euros à la charge des contribuables.
La logique de cette rénovation de l'UVE telle qu'elle a été pensée est de surtout continuer comme avant : bourrer l'incinérateur, même si certains déchets sont humides, pour chercher à alimenter le réseau de chaleur. Ce n'est pourtant pas ce que demandent les citoyens qui se sont clairement et unanimement exprimés au sein du conseil de développement de Dijon métropole. Les citoyens, sans remettre en question l'intérêt du réseau de chaleur, ont en eff et bien compris qu'une politique des déchets doit d'abord viser la réduction des déchets puis le réemploi et le recyclage et enfi n, mais en dernier recours seulement, la meilleure valorisation énergétique des déchets résiduels.
Les citoyens ont en eff et demandé à travers le Conseil de Développement de Dijon métropole, plusieurs mois avant la décision de rénovation de l'incinérateur :
- La mise en place d'une Tarifi cation Incitative pour la collecte des déchets afi n d'encourager le geste de recyclage. L'expérience montre qu'elle permet de limiter les dépenses car les déchets recyclés sont revendus induisant un coût à la tonne plus faible pour le recyclage comparé à l'incinération.
- Le remplacement d'une des collectes hebdomadaire sur Dijon de la poubelle grise (déchets résiduels) par une collecte des déchets verts en porte à porte dans les zones d'habitat dense. Ce remplacement, sans coût supplémentaire pour la collectivité, permettrait de beaucoup mieux extraire les déchets de cuisine, humides, brûlant donc mal, et dont la grande majorité est pourtant envoyée à l'incinération.
- Une politique beaucoup plus ambitieuse d'incitation à la réduction des déchets notamment par le réemploi, permettant d'augmenter le pouvoir d'achat et de diminuer l'empreinte écologique.
Ces infl exions notables demandées par les citoyens ne sont nullement incompatibles avec le bon fonctionnement d'un réseau de chaleur. Au lieu d'écouter les demandes des citoyens, l'exécutif de Dijon métropole a choisi de rester dans une logique du siècle passé, à 193 millions d'euros, qui va peser sur les fi nances de la collectivité. Alors que les citoyens sont prêts à évoluer dans leurs pratiques, plutôt que de les accompagner dans une véritable transition écologique, l'exécutif de Dijon métropole a choisi de communiquer sur un investissement massif d'une politique des déchets abusivement présentée comme très écologique mais pourtant mal calibrée pour les besoins du territoire.
Le co-secrétariat,
pour le groupe local Dijon Métropole Nord 21