
Après avoir vécu une expérience en 2018, une panne fatale en
2021, Katia Perrotin-Enciso et Roselyne Nivois seront sur la ligne de
départ de cette 35ème édition au cœur du désert marocain, le 28 mars. La Team
221 du Kat’Rose des sables a expliqué à Infos Dijon pourquoi un troisième
départ
Le 35è Rallye Aïcha des Gazelles, 100 % féminin, programmé du
27 mars au 11 avril sera, une nouvelle fois, un défi basé sur la navigation à
l’ancienne et non sur la vitesse et les performances. Sans GPS, ni téléphone
mobile, uniquement à l’aide d’une carte datant des années 50 et d’une boussole,
les Gazelles traceront leur route entre terrain hors-piste et passage de dunes.
Objectif : effectuer chaque étape en parcourant le moins de kilomètres
possible au compteur au cœur du désert marocain.
Pour le Kat’Rose des Sables, de
Magny-Saint-Médard, en Côte-d’Or, c’est un troisième rallye. Partie en 2018, la
Team 221 voulait «vivre une nouvelle expérience». En 2021 l’idée était «d’aller
toujours plus loin dans nos limites personnelles et affectives» nous confiaient
fièrement Katia Perrotin-Enciso et Roselyne Nivois.
Alors pourquoi un troisième départ ?
Roselyne Nivois : «Nous ne voulions pas rester sur une
défaite. En 2021, nous avons eu une
fuite de radiateur. Une assistance a donc été déclenché pour ramener le
véhicule au bivouac puisque la réparation était impossible sur place. Mais
comble de mal chance, le camion qui devait remorquer notre 4X4 a lui-même été
immobilisé. Une panne. Il s’est même renversé lors d’une fausse manœuvre. Cette
situation très exceptionnelle ne nous a pas pénalisé puisque nous avons repris
la course, mais avec du retard. Nous avons malgré tout été réintroduite dans le classement et avons passé la ligne d’arrivée dans le classement officiel. Mais nous avions un sentiment d'échec au fond de nous. On ne voulait pas en rester là. Voilà la raison essentielle de ce troisième départ»
Un troisième
départ plus serein
Katia Perrotin-Enciso : «Entre le premier et le second rallye, il y avait déjà eu
quelque chose de différent. Moins de stress. Mais c’est surtout entre le
dernier et celui-ci que nous prenons l’évènement plus sereinement, avec plus de
recul. Nous sommes toujours dans l’anticipation, mais on connait
l’environnement, le campement, le bivouac et l’organisation du Rallye. Après le
relief, le cap et l’organisation de nos journées, ça reste l’inconnue»
Roselyne Nivois : «Oui c’est vrai que nous sommes plus sereines, mais ça
reste quand même un rallye avec ses surprises plus ou moins bonnes. Il y aura
toujours cette petite boule au ventre quand il nous faudra chercher notre balise.
Mais je pense qu’il faut cette petite peur, cette petite crainte pour qu’on n’y
aille pas trop à la cool. Ça nous permettra d’appréhender le relief, la route,
le sable et les montagnes avec un œil attentif. Parce que nous savons qu’une
fausse manœuvre ou une erreur de conduite peut nous être fatale»
Une
crainte
Roselyne Nivois «Il a beaucoup plu ces dernières semaines dans le
Sud-Ouest marocain. Autour des dunes de Merzouga il y a même eu des petits lacs.
Même si l’eau s’est en partie infiltrée, il y a des trous d’eau formant une
espèce de glaise crouteuse. Malheureusement cette croute est très fine et
en-dessous il y a de la glaise molle. Et si le véhicule roule là-dedans, il n’y
a aucune possibilité de s’en sortir seul. Il va falloir les éviter et pour cela
faire de grands détours»
Endo
France nous a remercié
Katia Perrotin-Enciso : «Depuis le début, nous courrons pour l’association Endo
France. Son objectif est de soutenir les femmes touchées par l’endométriose qui
peut être une cause d’infertilité. Une maladie que ma fille et moi-même
connaissons malheureusement bien. En 2018, lors de notre premier rallye, nous
avons été les premières à courir pour Endo France sur le rallye des Gazelles. A
l’issue de ce rallye, la présidente de l’association nous avait remercié en
insistant sur le fait que grâce à la communication que nous avions faite depuis
le début des préparatifs, c’est-à-dire en 2016, nous avions apporté une pierre
à l’édifice. Le CHU a, en effet, quelques temps après, reconnu l’association Endo
France. Modestement, on se dit que nous avons apporté un petit galet de plage
pour parler de l’endométriose. Aujourd’hui, la maladie est connue, et les
femmes sont enfin reconnues»
Un
objectif pour ce rallye ?
«Le
finir, sans casse pour le 4X4. Sans blessures pour nous. Si on peut aussi
éviter la panne, nous sommes preneuses. Et puis on rêve secrètement de faire un
très beau classement, évidemment. Il ne nous manque plus que ça»
Norbert Banchet
Photos : N.Banchet




