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01/03/2023 19:13

DIJON : «Je sauverai l'église Saint-Philibert», lance Stéphane Bern

Ce mercredi 1er mars, François Rebsamen a présenté à Stéphane Bern les problèmes structurels qui menacent l'église romane. L'animateur a défendu une «vision très républicaine» du patrimoine.
Actualisé avec le dossier remis à Stéphane Bern.
Fleuron dijonnais de l'architecture romane, l'église Saint-Philibert a connu bien des vicissitudes depuis la Révolution française. Rongé par le sel, le bâtiment du XIIème siècle se détériore progressivement.

Le maire de Dijon François Rebsamen (PS, FP) a profité de la venue de Stéphane Bern afin de présenter la 30ème cérémonie des Victoires de la musique classique, ce mercredi 1er mars 2023, à l'Opéra de Dijon, pour le sensibiliser aux particularités de l'église Saint-Philibert.

L'animateur de l'émission «Secrets d'histoire», diffusée sur France 3, a manifesté son intérêt pour la problématique de sauvegarde de l'église romane qui pourrait candidater au Loto du Patrimoine.

«Le chef-d’œuvre de l'art roman de Dijon»


Plus ancienne église de Dijon, construite durant la seconde partie du XIIème siècle, après le grand incendie de 1137, l'église Saint-Philibert est «le chef-d’œuvre de l'art roman de Dijon», selon Zoé Blumenfeld-Chiodo, directrice de la valorisation du patrimoine de la Ville de Dijon. Au XVIème siècle, ont été ajoutés un porche, des chapelles et un clocher de style gothique.

Jusqu'à la Révolution française, l'élection du maire et de ses échevins se déroulait devant le porche. Elle se situait au cœur d'une ancienne paroisse où de nombreux participants aux travaux de la vigne et du vin étaient installés.

«C'est un lieu important au titre de l'histoire viticole de la ville de Dijon», souligne Zoé Blumenfeld-Chiodo, «c'est ici que l'on venait proclamer le ban des vendanges et recruter les journaliers». Le lieu fait ainsi parti des attributs ayant contribuer à obtenir l'inscription au patrimoine mondial de l'UNESCO du secteur sauvegardé de Dijon au titre des Climats du vignobles de Bourgogne.

Désacralisée à la Révolution française


À la Révolution française, l'église est désacralisée, devient bien national et sert à un usage militaire. Notamment, des chevaux sont abrités là et l'on peut supposer que leurs déjections acides ont contribué à préparer le problème à venir.

Fin XVIIIème, les absidioles sont déconstruites, ce qui change la structure du bâtiment. Au milieu du XIXème siècle, durant de longues années, l'édifice sert de lieu de stockage dont des viandes salées.

Dans les années 1970, alors que le bâtiment est pourtant déjà protégé au titre des monuments historiques, la Ville de Dijon a souhaité transformer le lieu en salle polyvalente culturelle. Une dalle de béton avec un chauffage par le sol a été coulée.

«Ces travaux-là ont eu des effets désastreux», se désole Zoé Blumenfeld-Chiodo, directrice de la valorisation du patrimoine de la Ville de Dijon.

Le sel contenu dans le sol ronge la pierre


L'imperméabilité du béton et la chaleur ont fait remonter les sels pris dans les sols en rongeant les maçonneries, en particulier les piliers, au lieu de se diffuser sur l'ensemble du sol. Il n'a fallu que quelques années pour constater le problème et le béton a été retiré en 1979 mais l'action du sel perdure.

Les piliers ont été renforcés et des essais ont été réalisés pour stopper la capillarité du sel dans la pierre, notamment par des injections de cuivre. D'autres tentatives ont eu recours à de la nébulisation pour retirer le sel de la pierre. Des techniques qui n'enrayent pas le processus néfaste.

Pourtant, «il n'y a pas de péril aujourd'hui», reconnaît Sébastien Deliau, agent de la Ville de Dijon au sein de la direction Bâtiment. La dégradation des piliers par le sel pourrait mettre des dizaines d'années à ruiner l'église.

Chaque pilier, ou pile de soutien, pourrait être remplacé un par un si besoin était : «il suffit d'enlever les charges qu'elle reprend par des étaiement provisoires sous les voûtes qui sont aux alentour, on remplace la pile et on remet en charge».

Une enveloppe de 500.000 euros pour des travaux d'urgence


Un diagnostic global a été confié à une architecte du patrimoine et devrait être prochainement remis à la Ville de Dijon.

«L'objectif est de faire un état des lieux de ce bâtiment pour voir qu'elles seraient les solutions à apporter à ces désordres», indique Zoé Blumenfeld-Chiodo.

À cela s'ajoute des problèmes récurrents chez des bâtiments anciens : usure de la charpente, couverture en tuiles abîmée, usure du clocher, infiltrations dans le porche...

Un «jumeau numérique» de l'édifice a déjà été réalisé par modélisation des données du bâtiment (ou Building Information Modeling, BIM, en anglais).

La Ville de Dijon a identifié les problèmes, a mené des recherches techniques mais n'a pas encore recherché des financements pour les résoudre. Une estimation du coût des travaux conduite dans les années 2010 est désormais caduque. Le diagnostic contribuera à refaire l'estimation et à définir la priorisation des travaux en termes de sécurité.

Cependant, la municipalité mobilise près de 500.000 euros pour des travaux d'urgence mis en œuvre en 2023 et 2024.

«On ne va pas laisser tomber Saint-Philibert»


En milieu d'après-midi, alors que résonne au même moment le carillon de la cathédrale Saint-Bénigne voisine, François Rebsamen conduit Stéphane Bern à l'entrée de l'église Saint-Philibert pour lui présenter la problématique. Zoé Blumenfeld-Chiodo et Sébastien Deliau pilotent la découverte du site.

En réaction, Stéphane Bern encourage l'équipe municipale à déposer un «dossier solide» pour candidater à la Mission Patrimoine 2024, Dijon pouvant espérer que l'église Saint-Philibert soit retenue en tant que site emblématique lors de l'examen par le ministère de la Culture, la Fondation du patrimoine et la Française des jeux.

«On ne va pas laisser tomber Saint-Philibert», réagit le défenseur du patrimoine, «j'en prends l'engagement». «Il faut vraiment sauver Saint-Philibert. (…) J'ai promis de sauver, je sauverai.»

Le levier du Loto du Patrimoine


«Grâce à l'apport de Stéphane Bern, de la Fondation et du Loto du Patrimoine, je pense qu'on va pouvoir essayer de traiter au fond ce problème», réagit François Rebsamen. «Ça fait 25 ans que j'ai ça en tête.»

Selon Stéphane Bern, le recours au Loto du Patrimoine contribue à ce que «tous les citoyens, de toute la France, y compris des Outre-mers, se sentent investis de la mission de sauver Saint-Philibert. Le Loto fait levier : cela implique l'ensemble de nos concitoyens qui vont avoir ensuite envie de découvrir Saint-Philibert restauré».

«Le maire de la ville est l'héritier des ducs de Bourgogne», glisse celui qui a présenté un «Secrets d'histoire» consacré à Marie de Bourgogne, dernière représentante d'une dynastie ducale. «Je suis content que le maire défende aussi bien le patrimoine de sa ville.»

En cinq ans, au niveau national, au travers du Loto du Patrimoine, 230 millions d'euros ont été récoltés pour restaurer 745 monuments.

«Transmettre un patrimoine du passé dans un meilleur état que celui dans lequel on le trouve»


«Le diagnostic revient aux experts. (…) Mon rôle est d'être la courroie de transmission et de faire en sorte qu'on ne détruise rien dans ce pays. Je suis pour aller de l'avant, je ne suis pas passéiste qui regarde uniquement le patrimoine du passé mais je pense qu'on doit transmettre aux jeunes générations un patrimoine du passé dont on a hérité dans un meilleur état que celui dans lequel on le trouve», développe Stéphane Bern.

«Quand je vois cette église magnifique avec une histoire qui remonte au XIIème siècle, je ne peux pas la laisser tomber. C'est plus fort que moi. Il y a peut-être des ministres qui considèrent qu'il y a des églises qu'il va falloir détruire ou laisser tomber, moi pas», poursuit-il.

Pour Stéphane Bern, il s'agit là d'une «vision très républicaine» : «le patrimoine n'est pas l'affaire de l’État, c'est l'affaire de tous. On est tous collectivement  et individuellement dépositaires de ce patrimoine national. (…) D'abord, on y contribue avec nos impôts, il est à nous. Ensuite, c'est notre identité, c'est notre histoire, c'est notre culture. D'où qu'on vienne, qu'elles que soient nos croyances, on arrive à Dijon, on devient un citoyen dijonnais».

La problématique de l'intervention sur les sites historiques


Sur le plan technique, Stéphane Bern fait le parallèle entre la mise en place d'une dalle en béton à Saint-Philibert et le recours à l'acier recouvrant de la pierre lors de construction d'églises au XIXème siècle.

«Malheureusement, les églises du XIXème siècle sont très difficiles à sauvegarder. Elles coûtent très cher. Ce sont des matériaux dont on ne maîtrisait pas encore la conception à l'époque. Au XXème siècle, on a coulé du béton. Or, le béton, on le sait, c'est ce qui empêche les matériaux de respirer, de vivre. Là, on est en train de retrouver la capillarité grâce au sable»

À son tour, François Rebsamen indique avoir découvert la salle des archives municipales, en accédant à la tête de l'exécutif, repeinte avec «de la peinture minium orange». «Les archives étaient pleines d'humidité. (…) À l'époque, quand on a mis la peinture, on croyait bien faire sûrement, sans penser à la respiration de la pierre.»

Une prochaine exposition sur «Dijon, ses rues et ses monuments oubliés»


À l'issue de la visite, Clément Lassus-Minvieille, guide conférencier dijonnais, remet à Stéphane Bern son dernier livre sur l'histoire dijonnaise – «Dijon, ses rues et ses monuments oubliés» (édité par ICO) – qui montre des vues de monuments disparus depuis la Révolution française : «Saint-Philibert a failli être démolie à la Révolution et est plus qu'en danger aujourd'hui».

Vice-président d'ICOVIL, le plasticien René Petit accompagne le guide conférencier car tous les deux proposeront, début septembre, à saint-Philibert, une exposition sur ce thème des monuments dijonnais disparus.

Jean-Christophe Tardivon

Le dossier sur l'église Saint-Philibert que la Ville de Dijon a remis à Stéphane Bern


Des Victoires, du cancan et une contestation de la réforme des retraites


Le palmarès des Victoires de la musique classique 2023


Répétition en choeur pour les Victoires de la musique classique à l'Opéra de Dijon


























































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