
La maire de Dijon a présidé une cérémonie de dévoilement de plaque, ce mardi 19 mai, en présence de représentants de SNCF Gares et connexions ainsi que de la CGT. «Dijon est une ville intrinsèquement ferroviaire et cheminote», a assuré Nathalie Koenders.

Le rassemblement avait des allures de manifestation de la CGT tellement les drapeaux syndicaux des cheminots étaient nombreux à flotter au vent, ce mardi 19 mai 2026, à Dijon, cour de la gare, au moment de la baptiser du nom du syndicaliste cheminot Pierre Semard, mort fusillé par les Allemands, en 1942.
«Pierre Semard est une figure majeure du syndicalisme français et une figure emblématique du monde ferroviaire», expliquait la maire de Dijon Nathalie Koenders (PS), le 9 décembre dernier (
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Une inauguration en phase avec la «politique mémorielle» de la SNCF
L'inauguration s'est déroulée en présence d'une centaine de personnes dont Nathalie Koenders, Michel Neugnot (PS), vice-président du conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté, Marie Poinsel (PCF), conseillère régionale, Jean-Philippe Morel (PR), adjoint au devoir de mémoire, Frédéric Rémond, cosecrétaire de la fédération du Parti communiste français de la Côte-d'Or, Laurent Michelin, directeur territorial de Gares et connexions en Auvergne-Rhône-Alpes et Bourgogne-Franche-Comté, Thierry Nier, secrétaire général de la CGT cheminots, des représentants des associations d'anciens combattants ainsi que de trois descendants de Pierre Semard.
«La politique mémorielle du groupe [SNCF] fait le lien entre l'histoire de l'entreprise et les grands récits nationaux», a déclaré Laurent Michelin, «garant de la mémoire des cheminots anciens combattants, le groupe SNCF organise des commémorations officielles – 8-Mai, 11-Novembre, ravivage de la flamme à l'Arc de triomphe – en lien avec les associations mémorielles et les institutions de l’État».
«Depuis plus de 30 ans, l'entreprise s'est engagée dans un travail de mémoire et de transparence qui s'appuie sur l'ouverture des archives, le soutien à la recherche historique et à la collecte de témoignages pour honorer la mémoire des victimes de la déportation et des déportations résistants», a-t-il développé.
«Un cheminot engagé pour les autres»
Le représentant du groupe SNCF a alors rendu hommage au parcours de Pierre Semard (
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Concernant la gare de Dijon, elle a été dynamitée par l'occupant, le 7 septembre 1944. Il a fallu attendre 1962 pour que la gare soit complètement reconstruite.
«Pierre Semard n'a cessé de défendre l'idée d'un rail placé au service de la justice sociale et territoriale»
«Jusqu'à son exécution par les nazis, Pierre Semard incarne et défend les valeurs de solidarité, de paix et de justice sociale», a enchaîné Nathalie Koenders, «il marque de son empreinte l'histoire sociale et politique française de la première moitié du XXème siècle».
«Secrétaire général de la fédération CGT des cheminots, Pierre Semard n'a cessé de défendre l'idée d'un rail placé au service de la justice sociale et territoriale, indissociable des hommes et des femmes qui le font vivre», a souligné la socialiste.
«Dijon est une ville intrinsèquement ferroviaire et cheminote»
«[La gare de Dijon] est la première image qui s'offre aux visiteurs lorsqu'ils descendent du train», a poursuivi Nathalie Koenders, «elle est un centre névralgique où se croisent chaque jours 16.000 voyageurs». «Tous verront désormais le nom de ce cheminot d'exception.»
«Dijon est une ville intrinsèquement ferroviaire et cheminote», a revendiqué la première édile. «Historiquement, le développement de Dijon est étroitement lié à l'arrivée du chemin de fer. (…) Dijon et sa Métropole porte une attention toute particulière au ferroviaire.»
La maire de Dijon a terminé son propos en rappelant qu'il existe également, dans cette cour de la gare, une plaque rendant hommage aux «décapités de Stuttgart».
Sept cheminots résistants du dépôt de Perrigny-lès-Dijon et un employé municipal dijonnais ont été condamnés à mort en France, en novembre 1943, avant d'être guillotinés à la prison de Stuttgart, en avril 1944.
Thierry Nier conteste «le processus de privatisation de la SNCF»
Héritier de la fonction occupée par Pierre Semard, Thierry Nier a rendu hommage à son lointain prédécesseur qui avait rencontré Lénine, en 1922. «Pierre Semard fut parmi ceux qui ont écrit les premières pages d'une conception moderne du syndicalisme», a-t-il analysé, «il prônait déjà le rassemblement des salariés, la dimension unitaire à donner aux luttes comme un élément indispensable à la construction du rapport de forces».
Après avoir rendu hommage aux combats syndicaux portés par Pierre Semard, le militant anticapitaliste a livré un discours revendicatif, alertant sur «la montée dangereuse des courants d'extrême-droite en Europe» et anticipant la mobilisation unitaire initiée par la CGT, le 10 juin prochain, pour contester «le processus de privatisation de la SNCF», la démarche de «faire de la SNCF une entreprise marchande rentable» ou encore «le dumping social».
Le secrétaire général de la CGT des cheminots a conclu son discours en saluant l'action contemporaine des personnels œuvrant dans le transport de voyageurs ou le fret et en rappelant les revendications de la CGT en matière d'emploi et de salaires.
La cérémonie s'est terminée par le dévoilement de la plaque «cour de la gare Pierre Semard» qui a ensuite été apposée à l'entrée du parvis.
Jean-Christophe Tardivon























