
Au soir de la découverte de l'évasion d'un binôme, ce jeudi 27 novembre, Nathalie Koenders a incité le ministère de la Justice à «rapidement engager des travaux» tandis que François Rebsamen a rappelé avoir soutenu un projet de création de nouvelle prison dans l'agglomération dijonnaise.
Deux détenus se sont évadés de la maison d'arrêt de Dijon avec des méthodes pouvant associer nouvelles technologies et moyens rudimentaires. Selon les premières informations, l'un est un homme âgé de 19 ans, présumé impliqué dans une tentative d'assassinat, l'autre est un homme âgé de 32 ans, mis en cause dans des violences conjugales aggravées.
Ce jeudi 27 novembre 2025, entre 6 heures et 6 heures 30, les deux prévenus se seraient échappés de leur cellule respective en utilisant des draps – ils étaient isolés dans le quartier disciplinaire – après avoir scié les barreaux, pour rejoindre le domaine pénitentiaire d'où ils seraient sortis par la porte, ouverte à l'heure d'accès de personnels.
Une lame de scie à métaux et un mot évoquant un délai d'incarcération «déjà trop long» ont été retrouvés dans leur cellule respective. Une livraison de la lame par drone est suspectée.
Surpopulation carcérale de 173%
Cette évasion se situe dans un contexte où la maison d'arrêt dijonnaise connaît une surpopulation carcérale de 173% : elle comprend 311 personnes détenues pour 180 places.
De plus, le 21 novembre dernier, le ministère de la Justice annonçait que 6,34 millions d'euros seraient engagés pour réaliser des travaux afin de «renforcer la lutte contre les téléphones portables en prison et empêcher les activités criminelles en détention» (
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Des «conditions difficiles» pour le personnel pénitentiaire
«Ma première réaction a été la stupéfaction par rapport au mode d'évasion parce qu'on est vraiment dans des anciennes méthodes en sciant des barreaux et en utilisant des draps», a déclaré Nathalie Koenders (PS), en marge du conseil métropolitain (
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«Ma deuxième pensée était pour le personnel carcéral parce que je sais qu'ils travaillent dans des conditions difficiles et notamment à Dijon puisqu'on a une surpopulation de 173%», a développé la maire de Dijon. «J'ai rencontré récemment la nouvelle directrice de la maison d'arrêt, qui vient d'arriver, et qui m'avait fait part de cette problématique.»
Nathalie Koenders incite à «rapidement engager des travaux»
«Il faut vraiment rapidement engager des travaux pour sécuriser davantage cette prison», a ajouté la socialiste. «C'est un bâtiment de l’État. (…) Le ministre de la Justice m'avait prévenu que 6 millions d'euros allaient être alloués pour sécuriser cette prison, notamment des techniques pour qu'il n'y ait plus de téléphones portables, des brouilleurs anti-drones. (…) J'ai écrit un message au garde des Sceaux pour accélérer les travaux.»
«D'une façon plus générale, il faut aborder le problème des prisons en France parce qu'on voit qu'elles sont toutes en situation de surpopulation, ce qui est problématique en termes de sécurité», a-t-elle conclu.
Une nouvelle prison, «un service que l'on doit aux familles des prévenus»
«Dans le temps, j'étais favorable à la création d'une nouvelle prison sur Dijon, (…) plus moderne, (...) mais tout les maires n'en voulaient pas», a indiqué François Rebsamen (FP), également en marge du conseil métropolitain.
Au début des années 2010, le projet «Mont-Blanc» visait à créer un nouveau lieu de détention à la périphérie des zones les plus urbanisées de l'agglomération. La maison d'arrêt actuelle date de 1855 et a progressivement été entourée de faubourgs, à proximité du centre-ville.
«C'est un service que l'on doit aux familles des prévenus d'avoir des conditions d'accès», a souligné l'élu progressiste, «il y a une surpopulation carcérale indéniable».
«Comme souvent, il y a peu de continuité dans la volonté de l’État et ça a été arrêté», a commenté le président de la Métropole, «maintenant, c'est le problème du garde des Sceaux».
Jean-Christophe Tardivon
