
La maire de Dijon a rappelé les limites de ses pouvoirs : « Il y a la liberté d’installation du commerce. Quand vous êtes maire d’une ville, vous ne décidez pas de quel commerce doit s’installer ou non. »
Interrogée sur le scandale autour de Shein et de la vente de poupées pédopornographique sur la plateforme, Nathalie Koenders n’a pas mâché ses mots : « C’est inadmissible, déjà, par rapport au scandale. Mais là, c’est un scandale national, ça ne concerne pas directement Dijon… quoique. J’espère en tout cas que la répression des fraudes a fait tout pour que ce genre de marchandises ne soit pas vendu sur notre sol français. Et si ça continue, il faut interdire. »
Elle a également salué la fermeté du gouvernement : « Le ministre Roland Lescure a été clair à ce sujet, prêt à fermer la plateforme si jamais ça continuait. C’est ignoble. »
Shein à Dijon : “Shein a choisi Dijon, mais Dijon n’a pas choisi Shein”
À la question de savoir si la présence d’une marque comme Shein au sous-sol des Galeries Lafayette n’était pas choquante, la maire a tenu à préciser : « Je ne défends pas Shein, parce que, comme je l’ai dit, Shein a choisi Dijon mais Dijon n’a pas choisi Shein. Les valeurs que prône Shein, en matière écologique, économique et de droit social, je ne les partage pas du tout. Je l’avais dit lors de l’ouverture de leur boutique éphémère pendant les soldes : j’étais plutôt contre. Mais vous savez, il y a la liberté d’installation du commerce et nous n’avons pas vraiment la main dessus. »
Elle a ensuite tenu à distinguer les activités en ligne de la marque de sa présence physique en boutique : « Le scandale du week-end, c’est sur le site, sur la plateforme, sur ce qu’on appelle du “market plus”, qui n’ont pas contrôlé. Mais ce type de produits ne va pas être vendu dans des magasins : de toute façon, ils sont interdits et graves. »
Liberté du commerce et implantation délicate
Sur un autre sujet, celui de l’ouverture d’une boutique érotique rue de la Liberté, la maire de Dijon a rappelé les limites de ses pouvoirs : « Il y a la liberté d’installation du commerce. Quand vous êtes maire d’une ville, vous ne décidez pas de quel commerce doit s’installer ou non. Dès lors qu’il est autorisé par la loi française, un maire n’a aucune possibilité de s’y opposer. Seule la loi ou un règlement de copropriété peuvent le faire. »
Un tournant pour les Galeries Lafayette : “Je le regrette”
Enfin, la maire a réagi à l’annonce du changement de nom des Galeries Lafayette de Dijon, qui deviendront BHV. « Je le regrette, parce qu’on a tous connu, moi la première, les Nouvelles Galeries, puis les Galeries Lafayette. Forcément, perdre cette appellation, c’est un symbole. Mais elle sera remplacée par le BHV, qui est aussi connu au niveau national, notamment à Paris. »
Malgré la nostalgie, elle se veut optimiste : « Je ferai tout pour que ce BHV marche bien, parce qu’il contribue à l’attractivité de notre centre-ville et à la vitalité de nos commerces. C’est important de le maintenir et de l’aider. »
Manon Bollery