
Les maires de Talant et de Chevigny-Saint-Sauveur réagissent à «la dégradation préoccupante de la sécurité sur le réseau Divia» et s'adressent aux ministres de l’Intérieur et des Transports.
Actualisé : La maire de Dijon Nathalie Koenders soutient la démarche : «Il faut que l’État respecte les engagements qu'il a pris».
Communiqué de la Ville de Talant et de la Ville de Chevigny-Saint-Sauveur du 5 février 2026 :Face à la dégradation préoccupante de la sécurité sur le réseau de transports publics métropolitains Divia, les maires de Talant et de Chevigny-Saint-Sauveur, Fabian RUINET et Guillaume RUET, ont décidé d’interpeller solennellement l’État.
Par deux courriers adressés au ministre de l’Intérieur et au ministre des Transports, les élus demandent la mise en œuvre rapide de solutions de sécurité pérennes et opérationnelles afin de protéger efficacement les usagers comme les personnels du réseau.
Cette démarche s’inscrit dans un contexte sécuritaire préoccupant, marqué notamment par la violente agression d’une conductrice de bus le 27 janvier dernier, suivie du détournement du véhicule. Cet événement grave illustre une montée des violences dans les transports publics, face à laquelle les dispositifs actuels montrent aujourd’hui leurs limites.
Depuis de longs mois, un dialogue est engagé entre Dijon Métropole, les communes concernées et les services de l’État pour étudier la création d’une unité de police dédiée aux transports. Pourtant, malgré des besoins clairement identifiés et des engagements antérieurs, ce dossier demeure à l’arrêt, faute de décision opérationnelle.
Les maires rappellent que si les collectivités assument pleinement leurs responsabilités en matière de prévention, de vidéoprotection, de médiation et de police municipale, elles ne peuvent se substituer à l’État, seul compétent pour assurer une présence policière disposant de prérogatives judiciaires complètes sur l’ensemble du réseau.
Le cadre juridique existe et ne constitue aucunement obstacle : le Code des transports permet explicitement à l’État de déployer des dispositifs de sécurité dédiés. Il s’agit désormais moins d’un enjeu juridique que d’un choix opérationnel et politique.
Les maires de Talant et de Chevigny-Saint-Sauveur appellent ainsi à la création rapide d’une unité de police métropolitaine des transports, comme évoquée par M. Gérald DARMANIN, alors ministre de l’Intérieur en novembre 2022, placée sous l’autorité de la Police nationale et compétente sur l’ensemble du réseau Divia, à l’image de ce qui existe déjà dans de nombreuses grandes métropoles françaises.
Au-delà de l’enjeu sécuritaire, c’est la confiance dans le service public, la protection des agents, la tranquillité des usagers et l’attractivité du territoire métropolitain qui sont en jeu.
Les deux maires se tiennent à la disposition de l’État pour engager sans délai un travail conjoint afin d’aboutir à des réponses concrètes et durables.
Actualisé le 8 février 2026 :«Je soutiens le courrier que [les maires de Talant et de Chevigny-Saint-Sauveur] ont fait. (…) Je vais moi-même écrire au ministre de l'Intérieur», a réagi Nathalie Koenders (PS), ce jeudi 5 février 2026, interrogée par
Infos Dijon. «En 2022, le ministre de l'Intérieur de l'époque, Gérald Darmanin, avait annoncé plusieurs villes qui seraient dotées de police métropolitaine des transports ; Dijon en faisait partie. Malheureusement, on attend toujours les effectifs.»
«À Dijon, on avait signé en 2022 une convention de coordination avec Divia, la police municipale et l’État qui permet aux policiers municipaux d'intervenir déjà dans les bus et les trams», a rappelé la maire de Dijon. «Il faut que l’État respecte les engagements qu'il a pris.»
JCT



