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02/04/2021 16:25

CONFINEMENT : «L'ultime effort pour briser cette vague épidémique», selon le directeur de l'ARS

Le préfet de la région Bourgogne-Franche-Comté et le directeur de l'ARS ont effectué un point de situation ce vendredi 2 avril. La vague de variants du coronavirus atteint les hôpitaux de Bourgogne-Franche-Comté au moment où les mesures de freinage de l'épidémie sont généralisées.
Suite à la présentation du «nouveau cadre» de la lutte contre l'épidémie de Covid-19 effectuée par le président de la République, le 31 mars dernier, le préfet de la région Bourgogne-Franche-Comté, Fabien Sudry, et le directeur général de l'Agence Régional de Santé de Bourgogne-Franche-Comté, Pierre Pribile, ont effectué un point de situation ce vendredi 2 avril 2021.

«La situation s'est fortement dégradée depuis un mois avec un basculement fin février début mars», rappelle Fabien Sudry. Les taux d'incidence pour 100.000 personnes sont en hausse dans tous les départements, allant de 219 en Haute-Saône à 434 dans la Nièvre. Avec 310, la moyenne régionale est inférieure à la moyenne de la France entière, s'établissant à 393. C'est l'inverse des première et deuxième vagues où la situation en Bourgogne-Franche-Comté avait été moins favorable que dans l'ensemble du pays.

Doublement de la vaccination en avril


La quasi-totalité des résidents d'EHPAD souhaitant être vaccinés ont pu l'être avec un taux de vaccination de 92% Ce taux est de 66% pour les plus de 75 ans et de 33% pour les 70-74 ans. L'Assurance Maladie prendra contact avec les plus de 75 ans qui ne sont pas encore vaccinées. La vaccination sera ouverte aux personnes âgées de plus de 60 ans le 16 avril et de plus de 50 ans le 15 mai.

Le nombre de doses devrait doubler en avril par rapport à mars. En Côte-d'Or, le vaccinobus «répond à un réel besoin» selon le préfet (lire notre article). Un grand centre de vaccination sera installé à Dijon mi-avril pour prendre en charge 1.000 personnes par jour (lire notre article).

«Un pari sur la confiance»


Un décret devrait être signé ce vendredi soir par le Premier ministre pour traduire juridiquement les orientations annoncées par le président de la République. Une autorisation de déplacement est nécessaire au-delà de 10 km du domicile, les commerces qui ne sont pas de première nécessité seront fermées, les établissements scolaires fermeront en deux phases, le couvre-feu à 19 heures s'applique partout. Les forces de l'ordre effectueront des contrôles «avec discernement» durant le week-end pascal.

Les regroupement de plus de six personnes restent interdits dans l'espace public sauf concernant les manifestations à caractère revendicatif. L'interdiction de la consommation d'alcool va être généralisée (elle était déjà en vigueur dans la Côte-d'Or). Le préfet invite à «éviter les regroupements dans l'espace public». Mi-mai sera établi un programme de réouverture progressive des établissements fermés. «L'appel du président de la République s'appuie sur la responsabilité de chacun, c'est un pari sur la confiance», résume le préfet.

«C'est une vague de variants»


«Nous sommes bien face à une troisième vague épidémique», rappelle Pierre Pribile, le taux d'incidence ayant augmenté de 80 points en une semaine dans la population générale et de 40 points chez les plus de 65 ans (il atteint 300 dans la Nièvre).

Bien qu'en hausse, le taux d'incidence des plus de 65 ans est devenu depuis plusieurs jours inférieur au taux de la population générale. «C'est le résultat de la vaccination», analyse le directeur de l'ARS.

La positivité augmente également, s'établissant à 8%. «C'est une vague de variants», alerte Pierre Pribile, sa diffusion n'est donc pas la même que la première ni la deuxième. Le variant britannique du coronavirus SARS-CoV-2 représente désormais 80% des nouvelles contaminations tandis que les variants brésilien et sud-africains représentent 5% (sauf dans le Doubs et la Haute-Saône où cette part est de 10%). Face à une vague plus dangereuse du fait de variants plus contagieux, le directeur de l'ARS appelle à «rehausser le niveau de protection collective».

«La vague commence à atteindre les hôpitaux de la région»


L'impact hospitalier de cette troisième vague commence à se faire sentir. 1.275 patients touchés par la Covid-19 sont hospitalisés (soit 80 de plus en une semaine) dont 160 dans un service de réanimation (15 de plus en une semaine).

«La vague commence à atteindre les hôpitaux de la région» alors que les hôpitaux ne sont jamais vraiment sorti de la seconde vague», constate Pierre Pribile. Cela induit «une très forte déprogrammation». Les établissements de santé ayant moins de marges de manœuvre qu'à l'entrée dans la deuxième vague.

Les gestes barrières y compris dans la vie privée


Le directeur de l'ARS compte sur un renforcement des mesures barrières et une augmentation de la vaccination. Il insiste pour que les mesures barrières soient respectées «dans leur esprit» jusque dans la vie privée : «il ne faut pas prendre le risque de se recevoir les uns chez les autres même dans la limite des 10 km».

«La vaccination commence à produire ses effets», constate Pierre Pribile avec comme signe le plus évident, la baisse significative de la mortalité dans les EHPAD. «C'est ce qui va nous protéger des vagues futures», anticipe-t-il.

Le directeur de l'ARS assure que la gestion des doses de vaccins se fait «à flux tendu» : «en fin de semaine, il ne reste plus de flacon dans les frigos des pharmacies hospitalières». En moyenne, 15.000 injections sont effectuées chaque jour. «On peut espérer que ce soit l'ultime effort pour briser cette vague épidémique», déclare Pierre Prible.

Que la Bourgogne-Franche-Comté soit en retard sur la diffusion du variant britannique par rapport au reste de la France permet «d'entrer dans la vague au moment où sont prises ces mesures». On peut donc espérer que «cette vague soit brisée avant qu'elle atteigne un niveau insupportable»

Solidarité hospitalière régionale avec la Nièvre


La Nièvre connaît une situation particulière puisque, par rapport aux autres départements de Bourgogne-franche-Comté, c'est là que le variant s'est imposé le plus vite. Le directeur de l'ARS fait l'hypothèse que les deux premières vagues ayant été moins fortes, «la part de la population immunisée est beaucoup plus faible».

Pour autant, la vaccination se déroule rapidement avec un taux supérieur à la moyenne régionale du fait d'une population âgée. Selon Pierre Pribile, «la Nièvre bénéficiera de la solidarité de tous les hôpitaux de la région, la solidarité s'exprimera à chaque fois que nécessaire».

Augmentation des capacités en réanimation


Au niveau régional, les capacités en réanimation ont été augmentées suite à des déprogrammations. Les 200 places habituelles ont été portées à 250 avec une possibilité d'aller jusqu'à 300 si besoin est. À cela s'ajoutent 150 lits de soins intensifs.

Les articulations des besoins se font au niveau des groupements hospitaliers de territoire (GHT) en associant les acteurs publics et privés. Des cliniques ont ouvert des lits de soins intensifs pour des patients touchés par la Covid-19. Un scénario plus défavorable envisage l'arrêt des activités courantes de cliniques privés pour «renforcer l'activité publique», explique Pierre Pribile.

«On voit des populations plus jeunes»


La protection apportée par la vaccination et les mutations du coronavirus entraînent de façon concomitante un rajeunissement relatif des patients admis en réanimation.

Les variants étant plus contagieux et plus dangereux, «des personnes qui pouvaient ne pas développer de formes graves sont susceptibles d'en développer», analyse le directeur de l'ARS. Et de constater : «on voit des populations plus jeunes».

Jean-Christophe Tardivon


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