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19/10/2023 03:17
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Océane Godard : «La Bourgogne – Franche-Comté mobilise, depuis 7 ans, plus de 2 millions d’euros par an pour la sécurité dans les lycées»

Dans une interview, la vice-présidente du Conseil Régional de Bourgogne – Franche-Comté évoque les investissements, notamment liés à la sécurité, mais aussi à l’énergie. Elle dit aussi son ambition de voir le lycée de demain accueillir d’autres formations, y compris celles des TPE et PME. Elle dit aussi ce qu’elle pense de la décision de la direction du Parti Socialiste au sujet de la NUPES.

Vendredi 13 octobre, une nouvelle attaque terroriste a eu lieu dans un lycée à Arras. Le Conseil Régional a les lycées dans ses compétences. Comment la Bourgogne – Franche-Comté aborde-t-elle cette problématique et ce sujet source d’inquiétudes pour les familles ?
OCEANE GODARD : «Je veux d’abord dire que ce qui s’est passé à Arras est un acte terroriste qui touche l’école de la République, rempart à l’obscurantisme. Nous faisons bloc et nous sommes inflexibles sur nos valeurs de laïcité, de tolérance, de liberté.
En 2017 nous avons lancé un plan de sécurisation des lycées qui mobilise jusqu’à présent 18 millions d’euros, avec des alarmes anti-intrusion dans l’ensemble des bâtiments, des portiques, de la vidéo surveillance. Je rappelle que la Bourgogne – Franche-Comté gère 129 lycées, avec 1400 bâtiments pour un total de 2,3 millions de mètres carré.

Les réponses en matière de sécurisation appellent du discernement et du pragmatisme car chaque lycée a ses spécificités. Les chefs d’etablissements, garants de la sécurité des personnes comme le stipule le Code de l’Education, formulent des demandes d’investissement auprès de la Région. Quand nous avons une demande, nous l’analysons. Cela se traduit par exemple par l’installation de vidéo surveillance dans certains lycées, car cela était nécessaire. La Bourgogne – Franche-Comté mobilise plus 2 millions d’euros par an pour la sécurité dans les lycées. Les réponses sont au cas par cas et se veulent pragmatiques. Entendez qu’elles sont une réponse adaptée aux demandes qui nous sont formulées».
 
Avez-vous eu des demandes depuis le 13 octobre ? Et lesquelles ?
«Oui, quelques unes. Les demandes portaient sur la sécurisation des établissements. Dans un lycée, on nous a demandé de mettre en place des portiques. Tout cela se fait dans la concertation avec les autorités académiques. Tout ne dépend pas de la Région, l’Etat a sa part».
 
Quel bilan tirez-vous de la  rentrée 2023 ?
«Elle s’est bien passée, avec même l’inauguration par la présidente de Région d’une chaufferie biomasse à Tournus en Saône et Loire. Un investissement représentatif de nos ambitions pour l’énergie».
 
Justement, quelle est la consommation énergétique des lycées ?
«Déjà, je tiens à adresser un message de reconnaissance aux équipes de direction des lycées, aux agents et aux élèves car je peux vous annoncer que la consommation énergétique a baissé de 11%, sur l’ensemble des établissements, avec l’aide du guide des bonnes pratiques liées à la sobriété énergétique que nous avons réalisé. L’énergie, c’est un sujet très complexe et capital. Le gaz, par exemple, pèse pour 54% de la consommation, mais 40% des dépenses. Pour l’électricité, c’est 19% de la consommation et 41% des dépenses. Et pour les chaufferies bois, on est à 21% de la consommation, mais 16% des dépenses !
Vendredi à la Région, nous allons voter les dotations de fonctionnement pour les lycées. Ce sera 3 millions d’euros en plus que l’année précédente. C’est une augmentation de 21% depuis 2021. On est passé de 38 à 46,4 millions. La Région est là, solide, pour ses lycées. »
 
Quels sont les défis du mandat ?
«Nous devons répondre à la question du lycée de demain. C’est-à-dire ce qu’il doit offrir en termes de sécurité, de connexion au numérique, de maîtrise de l’énergie. Mais on doit aussi prendre en compte qu’en Bourgogne – Franche-Comté, on perd 1000 élèves par an ! L’attractivité est au coeur des défis de notre Région !»
 
Qu’avez-vous souhaité impulser ?
«On continue la rénovation énergétique des bâtiments. Mais je pose aussi le sujet sur un autre plan. Je m’explique : Quand je vois le nombre de CFA qui se construisent depuis la réforme de 2018, je pose la question de la complémentarité des voies de formation. Pourquoi ne pas installer l’apprentissage dans les Lycées ? C’est d’ailleurs cohérent avec ce que la présidente Marie-Guite Dufay a impulsé en 2018 avec le 2+1 à savoir deux années en apprentissage et une année en voie professionnelle. Il y a aussi les écoles de production, comme celle dédiée aux métiers du bois qui s’installe dans la Nièvre ou celle de Saint Loup sur Semouse en Haute Saône ou encore à Dijon sur l’industrie. Je lance un espace de réflexion. Je pense que le lycée de demain pourrait accueillir des filières de formation. On pourrait tendre vers une mixité pédagogique. Cela permettrait de répondre aux problématiques de patrimoine autrement qu’en fermant des bâtiments et viserait aussi à faciliter les passerelles pour les élèves les plus en difficultés. D’autres régions sont intéressées par ces réflexions…
Je propose que l’on partage ces réflexions avec les autorités académiques qui sont en première ligne évidemment ainsi qu’avec tous les acteurs qui sont dans le champ de la formation, de l’apprentissage et de l’Education, mais aussi les acteurs économiques. Pourquoi ne pas envisager aussi d’ouvrir les plateaux techniques des lycées professionnels aux TPE et aux PME du territoire, pour leurs permettre de développer des compétences ? Il faut décloisonner, hybrider et penser nos politiques publiques en les interconnectant davantage. Le monde est en totale transition, osons tester !
 
Quels vont être les gros investissements ?
«La rénovation énergétique et l’accessibilité. Nous investissons 100 millions d’euros par an. Idéalement il faudrait monter à 140 millions d’euros pour répondre à la loi Elan qui impose de réduire de 40% l’énergie des bâtiments d’ici 2030.
Il y a aussi la question de l’accessibilité. Nous avons 9 lycées totalement accessibles. Les autres en partie. C’est un sujet complexe et indispensable, car nous avons des bâtiments du 17e siècle !»
 
L’année 2024 sera marquée par les élections européennes. Qu’en attendez-vous ?
«L’Europe c’est la paix. L’Europe est en rempart contre les guerres depuis bientôt 80 ans. Il faut revitaliser l'Europe, en faisant notamment le pari de la culture, de l'éducation, de la recherche, de la transition energétique, environnementale et préserver la biodiversité socle de la vie.
Ce que l'Europe peut perdre, c'est son sens. Et pour cela l'Europe doit être comprise. Lui redonner du sens, cela se fera par les peuples et par l'élaboration d'une véritable citoyenneté européenne, d’un sentiment d’appartenance».
 
Il faut plus d’Europe dans les Lycées ?
«Je suis toujours impressionnée de voir combien les établissements font vivre le projet européen. La Région soutient le développement de l’apprentissage dans les pays européens. Il faut parler de l’Europe partout où on peut. En ce sens, la maison de l’Europe du Conseil Régional mène des actions extraordinaires dans les lycées, en organisant par exemple des votes comme au parlement européen. Mon collègue Vice Président Patrick Molinoz y travaille également avec passion».
 
Comment réagissez-vous à la décision du bureau nationale du Parti Socialiste au sujet de la NUPES et de La France Insoumise ?
«C’est une non décision de la direction nationale du Parti socialiste qui a été prise mardi soir en actant un moratoire visant à « geler » un temps la participation à la NUPES. Les français ont besoin de clarté. Or, la direction nationale du PS n’a pas acté clairement la suspension de sa participation à tout cadre d’action collective avec LFI. Avec Carole Delga, Nicolas Mayer Rossignol, de nombreux élus régionaux et locaux en Bourgogne Franche Comté et en France, nous appelons à une union sincère et républicaine de la gauche et des écologistes qui partagent une posture digne et responsable, claire sur ses valeurs et solide sur ses fondements. »
Recueilli par
Alain BOLLERY

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