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09/10/2026 09:04
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CHENÔVE : La majorité municipale réagit à la mobilisation de lycéens

Les trois groupes de la majorité appellent le gouvernement à «entendre la jeunesse plutôt que lui répondre par la force».
Communiqué commun des groupes Chenôve pour tous, Écologie et solidarité à Chenôve et Communiste et apparentés du 7 octobre 2026 :

Depuis plusieurs semaines, des lycéennes et des lycéens se mobilisent partout en France. Derrière les blocages et les manifestations, leur message est clair : ils demandent de meilleures conditions pour étudier et préparer leur avenir.

Moins d’élèves par classe, des enseignants remplacés lorsqu’ils sont absents, des établissements dignes, des emplois du temps moins lourds, une orientation post-bac plus lisible et plus juste : ces revendications doivent être entendues.

La génération lycéenne actuelle a traversé les confinements, l’école à distance, l’isolement, la rupture des liens sociaux, sportifs et culturels. La crise sanitaire a aggravé des fragilités déjà existantes et accentué les inégalités entre les jeunes. À cela s’ajoute un climat scolaire et social profondément anxiogène : sentiment de déclassement, inquiétudes pour l’avenir, coût du logement, précarité des premiers emplois, difficultés de santé mentale, crise climatique…

Au moment de choisir leur avenir, Parcoursup agit pour beaucoup comme une machine à trier, opaque et angoissant, qui transforme l’orientation en parcours d’attente, d’incertitude et de frustration, tout en renforçant les inégalités entre nos enfants selon leur établissement, leur territoire et les moyens dont disposent leurs familles pour les accompagner.

Face à cela, la réponse du Gouvernement ne peut pas être la seule répression et notre démocratie ne peut pas considérer sa jeunesse comme une menace lorsqu’elle demande à être écoutée. « Si la jeunesse n’a pas toujours raison, la société qui la méconnait et qui la frappe a toujours tort » le disait en son temps François Mitterrand.

Depuis des années, les alertes se succèdent et pourtant, trop souvent, la parole des élèves, des enseignants et des familles n’est entendue qu’au moment où la colère éclate.

Les violences commises en marge de certaines mobilisations doivent être condamnées et nous les condamnons. Elles ne peuvent cependant pas servir à disqualifier l’ensemble d’un mouvement ni à détourner le regard des revendications exprimées.

Le droit de manifester est une liberté fondamentale de notre République. Le rôle de l’État n’est pas seulement de garantir l’ordre public : il est aussi de garantir l’exercice effectif des libertés individuelles ou collectives et, à ce titre, d’assurer la sécurité de celles et ceux qui manifestent.

Or, depuis le début de ces mobilisations lycéennes, nous nous interrogeons sur une doctrine de maintien de l’ordre qui semble trop souvent privilégier la dispersion rapide des rassemblements au détriment de leur sécurisation. La protection des personnes doit rester une priorité absolue, plus encore lorsque les cortèges sont composés en grande partie de jeunes, essentiellement mineurs.

Protéger les biens et prévenir les dégradations est évidemment nécessaire. Mais une question doit également être posée : que fait le Gouvernement pour protéger nos enfants lorsqu’ils exercent leur droit de manifester ? Le déploiement de moyens particulièrement importants face à des lycéens interroge. Quel message envoyons-nous à une jeunesse qui exprime ses inquiétudes lorsque la première réponse qu’elle rencontre est celle d’un dispositif de maintien de l’ordre particulièrement imposant ?

La République doit protéger sans intimider, encadrer sans brutaliser et permettre à sa jeunesse de faire entendre sa voix en toute sécurité. À Chenôve, ville populaire, nous savons combien l’École de la République est essentielle pour lutter contre les inégalités et permettre à chacun de choisir son avenir. Mais les collectivités locales ne pourront jamais compenser durablement un manque de moyens et d’ambition au niveau national.

Les groupes de la majorité municipale de Chenôve apportent donc leur soutien aux revendications légitimes portées par les lycéennes et les lycéens mobilisés. Nous demandons l’ouverture d’un véritable dialogue avec les jeunes, les personnels de l’Éducation nationale et les familles, pour répondre concrètement aux difficultés qu’ils expriment.

À une jeunesse qui demande des professeurs, des moyens et un avenir, la République doit répondre par l’Éducation, l’Égalité et l’écoute.

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