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23/03/2021 01:09

DIJON : La municipalité reprend la gouvernance du pôle culturel de la Cité internationale de la gastronomie et du vin

L'annonce a été faite ce lundi 22 mars en amont du conseil municipal. L'association créée en 2017 n'a pas réussi à mobiliser les mécènes nécessaires. La Ville vient à la rescousse au travers d'une régie publique. Le long de l'Ouche, une allée portera le nom de Bernard Loiseau et le village gastronomique proposera la plus grande cave à vins d'Europe.
Le projet de la Cité international de la gastronomie et du vin subit une embûche de plus. Après les recours juridiques qui ont retardé la mise en route de deux ans, après le confinement du printemps 2020 qui a arrêté les travaux durant deux mois, voici les conséquences économiques de la crise sanitaire qui entraînent un trou de deux millions d'euros.

La Cité de la gastronomie et du vin est un projet privé porté par le groupe Eiffage, qui investit 95% des 250 millions d'euros du budget, pour construire un parc immobilier, deux cinémas, un hôtel et un ensemble commercial sur le site de l'ancien hôpital général.

L’État et les collectivités interviennent au niveau d'un «pôle culturel» de 1.750 m² contribuant à expliquer ce qu'est le Repas gastronomique des Français tel que labellisé par l'UNESCO en 2010. Pour l'exploiter, en 2017 avait été créée ex-nihilo une association chargée de récolter des fonds. Dans le rebond économique qui avait suivi le creux lié à la crise des subprimes, il apparaissait alors possible de solliciter du mécénat auprès d'acteurs privés.

«En cinq ans les choses ont changé»


«L'association a souhaité se retirer de la gestion du pôle culturel», lance François Resbamen (PS), maire de Dijon, ce 22 mars 2021 lors d'une conférence de presse en amont du conseil municipal. «En cinq ans les choses ont changé», constate simplement François Rebsamen, «un virus s'est abattu sur nous qui a changé la donne économique et qui a contribué également à l'échec de la cité de Lyon».

Le maire de Dijon prend la parole en premier mais l'association en question est conduite par Philippe Crevoisier, président, et Catherine Petitjean, secrétaire. Les masques de protection n'empêchent pas les airs gênés de transparaître.

Par ailleurs directeur général «produits et innovations» du groupe SEB, Philippe Crevoisier explique effectivement que la nouvelle donne économique rendait les investisseurs frileux devant le projet et le mécénat «assez aléatoire».

L'association a donc écrit le 3 mars dernier à Eiffage Aménagement, expliquant ne plus pouvoir porter un projet de cet ampleur-là. L'association a également appelé la Ville de Dijon à la rescousse. Attachée au projet, la collectivité accepte donc de prendre le relais et de gérer le pôle culturel au travers d'une régie publique.

«L'attractivité de la ville est fondamentale pour les entreprises», explique Catherine Petitjean, PDG des pains d'épices Mulot et Petijean,  «après la crise de la covid, on a l'impression de repartir à zéro, c'est un quotidien un peu difficile, on a besoin de l'attractivité de la ville». «Le plus important est que le projet se fasse, peu importe les conditions», poursuit-elle. Les deux protagonistes restent membres du conseil d'orientation stratégique de la cité.

Un projet de 15,5 millions d'euros


Le conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté avait voté une subvention de 5 millions d'euros, portée ensuite à 7 millions d'euros. L’État apportait 1,7 million d'euros pour la scénographie auxquels s'ajoutait 1,7 millions d'euros de la Ville de Dijon. Le conseil départemental de la Côte-d'Or prévoyait d'abonder de 3 millions d'euros avant de se rétracter pour mieux financer la Cité des vins de Beaune, la Ville de Dijon compensant la somme. Le projet étant budgété à 15,5 millions d'euros dont 12 millions d'euros pour l'acquisition des murs.

«Il manque un ou deux millions», calcule François Deseille (Modem), adjoint au maire de Dijon délégué à la Cité international de la gastronomie et du vin. Selon lui, l'exploitation du pôle culturel est «quasi impossible» en reposant sur du mécénat d'entreprise. Lors du lancement officiel de la construction, le 4 juillet 2019, avaient été annoncés 2 millions d'euros de mécénat venant de SEB et d'Eiffage.

«La collectivité prend ses responsabilités»


François Resbamen récuse la notion d'un appel au secours de l'association. «Devant la décision que je comprends, la collectivité prend ses responsabilités de gérer le pôle culturel». Reprenant la gouvernance à compter du 1er avril 2021, la collectivité récupérera les subventions prévues par l’État et la Région. Un poste de directeur, rattaché à la direction de l'attractivité et du rayonnement de la municipalité et de la Métropole, sera créé.

Si l'investissement reste peu ou prou le même, le maire n'est en pas mesure de chiffrer le coût de fonctionnement post-Covid. La principale inconnue étant la venue des touristes étrangers. En prenant l'hypothèse de 300.000 visiteurs annuels, le coût de fonctionnement pourrait s'établir à environ deux millions d'euros par an.

«La Cité internationale de la gastronomie et du vin ne réussira qu'avec un pôle culturel qui saura séduire, se renouveler», déclarera François Deseille lors de l'assemblée municipale qui approuvera le changement de gouvernance.

La plus grande cave à vins d'Europe


Avec ce projet, François Resbamen envisage «une éducation au goût», c'est à dire une «mission de service public». Pour le maire de Dijon, la gestion en régie publique aura l'avantage de «mieux maîtriser la problématique du prix du billet» et de permettre «une approche optimisée du financement des expositions temporaires».

Dans le village gastronomique animé par le groupe K-Rei – un «village gastronomique d'esprit artisanal, d'esprit contemporain», selon François Deseille – le groupe Épicure proposera la plus grande cave à vins d'Europe avec 250 distributeurs oenomatiques proposant en tout 2.500 références de vins du monde entier.

Est toujours prévue «une dégustation en immersion des vins de Bourgogne» portée par le Bureau Interprofessionnel des Vins de Bourgogne (BIVB) et une présentation des Climats de Bourgogne dans l'ancienne chapelle de l'hôpital.

L'école de cuisine Ferrandi devrait être inaugurée en février 2022 et le pôle culturel en mars 2022 avec une première exposition sur la pâtisserie. L'hôtel 4 étoiles Curio by Hilton arrivera en 2023.

L'accélérateur de start-up Village by CA sera sans doute le premier à être prêt. Selon François Resbamen, la date inaugurale du 21 décembre 2021 est maintenue pour marquer «la fin des travaux». Le long de l'Ouche, une allée portera le nom de Bernard Loiseau.

Jean-Christophe Tardivon

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