
Au second tour, la maire sortante fera face à Emmanuel Bichot et à Thierry Coudert. Retrouvez les toutes premières réactions que les principaux protagonistes ont partagé, ce dimanche 15 mars.
Nathalie Koenders appelle à «la mobilisation massive». Emmanuel Bichot incite les électeurs du RN à participer à «un grand rassemblement». Thierry Coudert revendique «une force politique avec laquelle il faudra compter».
Le suspense du premier tour de l'élection dijonnaise s'est prolongé tard dans la soirée, ce dimanche 15 mars 2026. Peu après 20 heures, les premières tendances étaient nettes avec Nathalie Koenders (PS), maire sortante et candidate à sa succession, autour de 39 % des voix, Emmanuel Bichot (LR, AD) autour de 26% et Thierry Coudert (UDR) autour de 16% mais l'incertitude planait pour les listes pouvant graviter autour de 10 %, seuil à franchir pour être qualifié au second tour.
Les résultats définitifs sont tombées autour de 23 heures, conduisant à l'organisation d'un second tour de scrutin : Nathalie Koenders (Dijon écologique, sociale, attractive) a récolté 39,13 % des suffrages exprimés, Emmanuel Bichot (Agir pour Dijon) 25,83 %, Thierry Coudert (Rassemblement dijonnais) 12,70 %, Michel Haberstrau (Dijon change d'ère) 8,56 %, Olivier Minard (Dijon populaire) 7,73 %, Rémi Goguel (Dijon avenir) 4,47 %, Claire Rocher (Lutte ouvrière, le camp des travailleurs) 1,09 % et Camille Joyeux (Pour la défense des services publics, contre l'économie de guerre) 0,49 %, dans un contexte de 52,74 % de participation.
Durant la soirée, sur le plateau de France 3 Bourgogne-Franche-Comté, à la préfecture de la Côte-d'Or ou auprès des journalistes d'
Infos Dijon, les différents candidats ont amplement réagi aux tendances puis aux résultats finaux.
Nathalie Koenders appelle à «la mobilisation massive» pour le second tour
«Les Dijonnais ont voté massivement pour la liste que je conduis», s'est félicité Nathalie Koenders, «on a fait un meilleure score qu'en 2020». «C'est même un des meilleurs résultats en France dans les villes comparables à Dijon». «On a fait une belle campagne de premier tour, avec le porte-à-porte, le terrain, la proximité ; une campagne qui a permis d'être largement en tête.»
D'emblée, la candidate a appelé à «transformer l'essai» avec une «mobilisation massive» en vue du second tour afin que «Dijon reste une ville écologique, sociale et attractive» en soulignant que «le risque est que la ville tombe entre les mains de l'extrême-droite et de la droite extrême» (
lire le communiqué).
Selon Jérôme Durain, «on le doit à François Rebsamen»
«Le bilan de François Rebsamen est jugé positif par les Dijonnais», a analysé François Patriat (REN), sénateur de la Côte-d'Or, «il a su, avec adresse passer la mairie à Nathalie Koenders qui a imposé son mode de gestion et prendre son indépendance en même temps». «Les Dijonnais ont apprécié cette constance et cette permanence.»
«Nathalie Koenders est bien partie pour garder la Ville de Dijon», a analysé Jérôme Durain (PS), président de la Région Bourgogne-Franche-Comté, qui a salué «la constance dans le travail pour les Dijonnais» prêté à Nathalie Koenders avec «la transformation de la ville» et «une métropole régionale qui est attractive et dynamique».
«On le doit à François Rebsamen», a poursuivi le socialiste, «il y a quelque chose d'émouvant dans le meeting qui s'est tenu jeudi soir car il y avait la dernière campagne de François Rebsamen pour les municipales et l'affirmation de Nathalie Koenders qui a été faite très proprement et, là, le sujet, c'est l'intérêt général» (
lire notre article).
Emmanuel Bichot incite les électeurs du RN à participer à «un grand rassemblement»
«Nous somme en dynamique», s'est félicité Emmanuel Bichot, «les résultats dont nous disposons montrent que nous sommes très largement en tête des opposants à la municipalité pour le deuxième tour, (…) loin devant tous les autres concurrents». «C'est à dire que le deuxième tour va être un match entre Agir pour Dijon et la municipalité sortante. (…) Nous sommes dans une fin de règne autant que dans une fin de cycle. (…) Je pense que beaucoup d'électeurs de gauche n'ont pas forcément envie de reconduire la liste Rebsamen-Koenders sur des sujets comme l'urbanisme, la gestion plus démocratique.»
«Tous les Dijonnais qui souhaitent le changement, qu'elle que soit leur tendance politique sont, aujourd'hui, invités à nous rejoindre puisque nous sommes les seuls à pouvoir réussir une alternance à Dijon. Nous appelons tout le monde, y compris les électeurs du RN, à nous rejoindre pour créer un grand rassemblement qui l'emporte au deuxième tour», a-t-il ajouté, «un grand rassemblement des Dijonnais autour d'un projet municipal que nous avons mis sur la table de longue date autour de la sécurité, d'un urbanisme beaucoup plus maîtrisé, d'une gestion publique saine et transparente et de la restauration des principales républicains.»
«Nous appelons Thierry Coudert à se désister en notre faveur, pour la liste qui la mieux placée pour réaliser une alternance à Dijon puisque nous avons plus de deux fois plus voix que lui», a conclu le candidat d'Agir pour Dijon à propos du Rassemblement dijonnais. «La messe est dite : nous sommes la liste qui incarne le changement. Il a échoué dans sa tentative d'incarner une force d'alternance. (…) Il est très loin en-dessous du résultat du Rassemblement national aux européennes.»
«Le deuxième tour n'est pas joué», a martelé François-Xavier Dugourd (LR), notamment président de la fédération départementale des Républicains en Côte-d'Or, «l'écart reste modeste entre la liste de Madame Koenders et celle d'Emmanuel Bichot». «C'est possible que nous puissions gagner. (…) Ce sont les électeurs qui vont décider. Le score est beaucoup plus serré qu'annoncé. On ne peut pas dire que ce soit vraiment une percée du Rassemblement national. Il n'y a pas d'alliance avec le Rassemblement national avec lequel nous ne partageons pas toute une série de valeurs.»
Thierry Coudert mène «une liste de droite dure»
René Lioret (RN), notamment délégué départemental du Rassemblement national en Côte-d'Or, a repoussé tout désistement : «Monsieur Bichot a une très mauvaise ligne de lecture, quand on a fait 16 %, on ne se retire pas». «Le total des droites fait 42 %, Madame Koenders fait 39 %. Une alliance permet de gagner. C'est soit de l'enfantillage, soit une opposition stérile. (…) Monsieur Bichot préfère être un opposant d'opérette plutôt que d'être dans la majorité.»
«Monsieur Bichot a beaucoup d'humour», a ironisé Thierry Coudert, «c'est un peu déplacé, vu le fait que, si nous nous allions, nous pourrions remporter la victoire». «Monsieur Bichot est soutenu par tous les partis macronistes, il est un candidat macroniste ; moi, je suis soutenu par le Rassemblement national et par l'UDR, je suis dans l'opposition au plan national, ce qui n'est pas le cas de Monsieur Bichot et je suis, certes, dans une opposition locale, mon objectif est que nous gagnions la mairie et la Métropole. Je reste dans l'idée que nous pouvons nous allier.»
«S'il ne le veut pas, évidemment notre liste se maintiendra et nous ferons chacun nos sièges étant entendu que nous sommes les seuls à incarner une alternative de droite dans cette affaire. J'appelle au vote utile : que tous les électeurs de droite qui se sont égarés sur une liste macroniste et sur un candidat qui reprendra ses activités professionnelles à la Cour des comptes, qui sera encore un opposant à mi-temps ; moi, je serai un opposant à temps plein et je suis une liste de droite», a développé le candidat d'extrême-droite.
«Quand on voit le jeu qui est joué par LR au plan national, qui a toujours refusé de censurer, ces dernières années, les gouvernements de Monsieur Macron, qui a laissé passer un budget socialiste en ne votant pas la censure, qui a laissé passer le Mercosur», a-t-il repris pour mieux critiquer les choix des Républicains. «À Dijon, nous serons une force politique avec laquelle il faudra compter !»
«25 ans de socialisme ont amené ce que nous connaissons à Dijon : l'insécurité, des tentatives de ZFE sur lesquelles nous nous opposons», a glissé René Lioret qui a revendiqué «une liste de droite dure, de droite RN-UDR-IDL» à propos du Rassemblement dijonnais conduit par Thierry Coudert.
«Les électeurs ne vont même plus aller voter demain», a anticipé l'élu national-populiste, «si les deux listes sont séparées cela va décourager les gens».
François Patriat tacle Thierry Coudert
«J'entends Monsieur Coudert dire que Monsieur Bichot est macroniste et qu'il veut s'allier avec lui», s'est offusqué François Patriat qui rappelle être «prêt à travailler avec des gens de gauche et des gens de droite».
«J'aurais souhaité que nous fassions une alliance avec Nathalie Koenders pour la mairie ; on n'a pas pu le faire, j'ai fait ce que j'ai pu, je le regrette aujourd'hui.»
Michel Haberstrau et ses colistiers sont «déçus»
«Nous sommes effectivement déçus», a déclaré sobrement Michel Haberstrau (LE) qui considère «ne pas avoir eu suffisamment le temps pour faire connaître [ses] propositions qui ont reçues un accueil très positif des citoyennes et des citoyens» mais en voulant croire toutefois en «une vraie dynamique de notre union de la gauche et des écologiste».
«Ma porte reste ouverte», a déclaré Nathalie Koenders à propos d'une potentielle fusion avec la liste Dijon change d'ère qui a dépassé les 5 %. Le candidat des Écologistes a paru circonspect : «nous allons écouter les propositions qu'elle va nous faire».
Du côté des Insoumis, alors que la fusion a été exclue par la socialiste, Olivier Minard (LFI) devrait suivre les consignes nationales qui ne visent pas à créer spécifiquement un front anti-Rassemblement national mais plutôt à envisager d'éviter d'apporter des voix à l'extrême-droite.
Fabrice Aubry et
Jean-Christophe Tardivon
Nathalie Koenders, maire de Dijon sortante, et François Rebsamen, président de la Métropole de Dijon sortant, le dimanche 15 mars 2026, au local de campagne de la liste Dijon écologique, sociale, attractive (photographie Fabrice
Aubry)