
Avec le Département de la Côte-d'Or et la Région Bourgogne-Franche-Comté, le collège incendié en décembre dernier a organisé la rentrée, ce lundi 5 janvier, en deux sites. «La République ressort encore plus forte que précédemment», a martelé le préfet Paul Mourier.

Les élèves du collège Jean-François Champollion ont effectué leur rentrée après les vacances scolaires de Noël, ce lundi 5 janvier 2026, à Dijon, dans le quartier des Grésilles. Dans la nuit du 12 au 13 décembre derniers, l'établissement a été ciblé par des incendiaires en «représailles» à la lutte de l’État contre le narcotrafic. Le sinistre a provoqué d'importants dégâts (
lire notre article).
La rentrée a été marquée par trois aspects principaux : l'utilisation du bâtiment resté intact, l'installation de structures modulaires dans la cour pour les 42 élèves de 6ème et l'accueil au lycée Gustave Eiffel des 116 élèves de 3ème. En tout, le collège compte 491 élèves.
L'«inquiétude» des enseignants
Ce lundi après-midi, Paul Mourier, préfet de la Côte-d'Or, et Mathilde Gollety, rectrice de l'académie de Dijon, se sont rendus auprès de l'équipe éducative, accompagnés notamment d'Océane Godard (PS), députée de la Côte-d'Or et conseillère régionale de Bourgogne-Franche-Comté, et de Catherine Louis (LCOP), vice-présidente du conseil départemental de la Côte-d'Or, en étant accueillis par Catherine Cloatre, principale de l'établissement scolaire.
«Personne n'était joyeux», a confié Catherine Cloatre à l'issue de la pré-rentrée. «On percevait de l'inquiétude, de la frustration mais, je l'espère, aussi de l'espoir et l'envie d'avancer pour nos collégiens et pour mener à bien la tache d'enseignement qui est la nôtre».
La communauté enseignante va «se relever petit à petit de ce drame»
Les représentants des pouvoirs publics ont également assisté à la reprise d'une classe de sixième avec son professeur principal dans un des bâtiments modulaire.
«Il faut continuer à travailler grâce à la solidarité républicaine qui s'est exprimée dès le 13 décembre», a déclaré Mathilde Gollet après ces échanges. «Pour relever l'engagement de Monsieur le ministre [de l’Éducation nationale], le 5 janvier, à cette rentrée scolaire, les 491 élèves du collège Champollion pourront bénéficier de la reprise des enseignements.»
La rectrice a envisagé que la communauté enseignante allait «se relever petit à petit de ce drame».
«Nous travaillons collégialement pour que l'éducation puisse se poursuivre»
«Tout a été fait pour que les élèves puissent rentrer sereinement», a assuré Catherine Louis. «Nous travaillons collégialement avec l'État, l’Éducation nationale, la Région pour qu'il n'y ait pas de rupture au niveau du collège Champollion, que l'éducation puisse se poursuivre, que les enfants puissent être accueillis dans les meilleurs conditions possibles et que cet événement puisse s'évanouir doucement.»
Le bâtiment incendié fera prochainement l'objet de travaux de
reconstruction. Une zone sera alors délimitée et ne sera pas accessible
ni aux élèves, ni aux enseignants. Le Département estime à 2,5 millions
d'euros le coût de ce chantier.
L'intervention du Département en vue de la rentrée de janvier au collège
Durant la période de vacances scolaires, le Département de la Côte-d'Or a diligenté des travaux d'urgence pour rendre le site accessible (
lire le communiqué). Ainsi, «le préau a été entièrement décontaminé et repeint». Le CDI et la salle des professeurs seront relocalisés.
Deux classes de sixième resteront à demeure dans les deux bâtiments modulaires installés sur l'espace sportif du collège, c'est à dire que les enseignants se rendront auprès des élèves qui n'auront pas à se déplacer.
Treize classes de cinquième et de quatrième reprennent les cours dans le bâtiment intact dont la sécurité a été découplée du bâtiment E incendié.
La collectivité a annoncé que le matériel détruit dans le sinistre serait progressivement remplacé.
«La Région a créé les conditions pour accueillir les élèves au sein du lycée Eiffel»
Pour sa part, Océane Godard a rappelé qu'entrait en vigueur en ce début d'année la loi sur le narcotrafic dont le président de la Région Bourgogne-Franche-Comté était corapporteur quand il était sénateur.
«La Région a créé les conditions pour accueillir les élèves au sein du lycée Eiffel», a assuré la conseillère régionale. «Nos collectivités avec l’État, avec l’Éducation nationale – Département, Région, Ville de Dijon –, savent s'allier dans des moments où il y a besoin de faire rempart.»
«Ils auront la possibilité de s'approprier totalement l'espace» au lycée
«Le retour a la chose scolaire sera ce qui est le plus structurant pour [les élèves]», a partagé Philippe Goux, proviseur du lycée Gustave Eiffel après avoir accueilli également la délégation. «Même si le lieu a changé, ils sont là pour appréhender la suite dans les meilleures conditions».
Le lycée Gustave Eiffel est situé à quelques centaines de mètres du collège Jean-François Champollion. Quatre salles de cours du lycée sont réservées aux quatre classes de troisième effectivement accueillies avec leurs enseignants et leurs surveillants.
«Ils auront la possibilité de s'approprier totalement l'espace», a précisé le proviseur, «les enseignants pourront apporter du matériel, des documents, et personnaliser les salles».
Le lycée Gustave Eiffel compte environ 1.400 élèves et étudiants alors que son maximum pourrait être de 1.700 apprenants. La direction a donc été en mesure de dégager des locaux pour les collégiens, en l’occurrence dans l'internat en travaux jusqu'en février.
Le collège Jean-Français Champollion relève du secteur du lycée Carnot. Pourtant, en moyenne, environ un quart des élèves de troisième optent pour une poursuite de la scolarité au lycée Gustave Eiffel qui a développé des partenariats pédagogiques avec son voisin.
«Il faut rester particulièrement vigilant»
«On s'en est pris à un des symboles de la République, l’Éducation nationale», a rappelé Paul Mourier. «La République, elle est là, elle est debout et elle ressort encore plus forte que précédemment. (…) Conseil régional, conseil départemental, Ville de Dijon, tout le monde est là pour apporter la meilleure des solutions. (…) La République ne lâche rien.»
«Les services de police seront là», a indiqué le préfet, «je veillerai particulièrement à ce que, sur l'ensemble du quartier des Grésilles, il y a cette sécurité». «Le quartier retrouve une tranquillité. Rien n'est jamais acquis, bien évidemment. Il faut rester particulièrement vigilant. L'engagement que l'on peut prendre, c'est que nous allons continuer à lutter, ici, contre les narcotrafiquants – je pense également aux consommateurs – pour que ce quartier retrouver d'une manière définitive la tranquillité.»
«Le ministre de l’Éducation nationale l'a dit, il s'agit de travailler à un renouveau du collège Champollion», a ajouté le représentant de l’État, «on poursuit l'action qui a été engagée et on essaie d'aller plus loin». «Sur le long terme, on va continuer à accompagner l'ensemble du collège et la communauté éducative.»
Jean-Christophe Tardivon







































