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05/06/2021 03:56

RÉGIONALES : Bastien Faudot bat la campagne

L'ancien député PS Laurent Grandguillaume et la sénatrice Génération.s Sophie Taillé-Polian ont fait route avec Bastien Faudot ce vendredi 4 juin en Côte-d'Or. Agriculture et circuits courts étaient au programme.
«Le risque pour la Bourgogne-Franche-Comté, c'est qu'elle bascule dans la diagonale du vide», alerte la tête de liste du Temps des cerises qui propose de créer «un établissement public foncier régional» pour intervenir sur les installations agricoles.
La sixième étape du «Printemps des cerises» a conduit Bastien Faudot jusqu'à Mâlain, commune située à 20 km à l'ouest de Dijon, entouré de colistiers et de soutiens à commencer par l'ancien député PS Laurent Grandguillaume et la sénatrice Génération.s Sophie Taillé-Polian.

La thématique de l'agriculture et des circuits cours a été illustrée par la présentation d'un lieu alternatif rassemblement des agriculteurs et des consommateurs autour du groupement foncier agricole Champs libre et de l'association Risomes.

«Inventer une nouvelle façon de faire campagne»


Avec cette randonnée partie de Fleurey-sur-Ouche et passée par Ancey, le candidat du Temps de cerises voulait «inventer une nouvelle façon de faire campagne» permettant tout à la fois de répondre aux contraintes sanitaires et de rencontrer des personnes de façon impromptue.


Un déjeuner dans un cadre bucolique a terminé la matinée et une visite de microbrasserie a lancé l'après-midi dans une ambiance joyeuse. Sous les frondaisons du verger conservatoire de la ferme de la Cocotte d'Or, les personnalités politiques reviennent rapidement aux sujets sérieux en prenant place sur des sièges en palettes de bois.

Développer «l'économie de production»


«À bien des égards, la Bourgogne-Franche-Comté a été façonné par les paysans, autant les paysages naturels que le bâti», indique Bastien Faudot pour souligner son attachement à la paysannerie. «L'agriculture en Côte-d'Or, que ce soit du céréalier au petit maraîchage jusqu'à évidemment la viticulture, est un secteur économique vital pour notre région», rappelle-t-il.

«On porte l'idée d'accentuer l'action économique de la Région sur la relocalisation de l'économie et sur l'économie de production : production agricole, production industrielle», déclare Bastien Faudot. Le candidat développe un projet politique visant à développer donc «l'économie de production» afin de ne pas glisser vers un statut de client «captif» dans le contexte de la mondialisation. Un propos qu'il a notamment assumé face aux représentants patronaux du MEDEF Bourgogne-Franche-Comté, le 26 mai dernier (lire notre article).

«On peut se mettre d'accord et changer vraiment la vie des gens»


«L'objectif, c'est d'être tous ensembles dans une perspective unitaire mais dans une perspective de construction de fond qui impose la clarification du logiciel politique que l'on va défendre pour les Bourguignons-Francs-Comtois», résume celui qui conduit un large rassemblement de la gauche radicale soutenu par la Gauche Républicaine et Socialiste, La France Insoumise, Génération.s, Nouvelle Donne, Place Publique, Ensemble, la Gauche Démocratique et Sociale, les Radicaux de gauche ainsi que Pour une Écologie Populaire et Sociale.

Sénatrice du Val-de-Marne et coordinatrice générale de Génération.s, Sophie Taillié-Polian commence par saluer les initiatives qui ont germé à Mâlain : «c'était intéressant de voir comment on peut reprendre la main, aujourd'hui,  dans notre pays, sur son alimentation, sur son travail, sur son cadre de vie, faire vivre les campagnes, faire vivre des jeunes qui viennent, qui ont des projets, qui s'investissent et qui ne sont pas dans un rapport de consommation, qui vivent leur passion au service de l'intérêt général et d'un nouvel aménagement du territoire qui ne serait pas autour de grands pôles qui feraient le vide autour mais, au contraire, où chaque territoire a sa place à jouer et trouve les interconnexions».

«La Région a un rôle à jouer dans le cadre de cette transition écologique» pour «relocaliser, faire de l'écologie (…) aussi avec de l'industrie», déclare la sénatrice en songeant à un «diagnostic» par bassin d'emploi «dans une vision sociale ET environnementale».

«On a recherché systématiquement l'union la plus large»


Rebondissant sur la stratégie «unitaire», la coordinatrice de Génération.s invite à «partir du local et des projets». «On a des divergences, c'est évident mais, sur un programme régional, (…) on peut se mettre d'accord et changer vraiment la vie des gens», estime-t-elle.

«On est dans un moment où les partis, au niveau national, se cherchent beaucoup. On a des logiques qui ne sont pas forcément les mêmes suivant les territoires. Il y ad es logiques de vouloir se compter. Jamais Génération.s n'est là-dedans. On est toujours dans l'endroit qui essaie de rassembler une diversité pour montrer que l'on peut résoudre la crise sociale, environnementale et démocratique, avec les trois piliers», explique-t-elle pour justifier une forme de subsidiarité.

En Côte-d'Or notamment, cela donne une participation de Génération.s à une alliance avec La France Insoumise, mais sans le Parti Socialiste, en vue des régionales et une alliance avec le Parti Socialiste, mais sans La France Insoumise, en vue des départementales. «On a recherché systématiquement l'union la plus large», confirme Christine Renaudin-Jacques, cheffe de file de Génération.s pour les départementales en Côte-d'Or et candidate sur le canton de Talant.

«Voter pour le Temps des cerises, c'est rendre possible l'union des gauches»


Laurent Grandguillaume est un ancien député PS de la Côte-d'Or, libre de toute attache partisane depuis 2017. Il n'envisage pas d'adhérer à un parti mais «milite pour une fédération de gauche».

«Le fait qu'il y ait autant de partis qui se rassemblent autour d'un projet commun – il y a bien sûr une tête de liste, une équipe – qui vise à transformer la vie des citoyens. Ça donne une autre offre politique dans un moment où on nous guiderait vers un choix (…) entre le RN ou En Marche», explique Laurent Grandguillaume. «En Bourgogne-Franche-Comté, la gauche, demain rassemblée, pourrait remporter cette élection», analyse-t-il car «il y a une vraie dynamique qui va se traduire dans les urnes».

Le Temps des cerises est donc vu comme apportant une «colonne vertébrale» aux partis de gauche notamment sur les thématiques des services publics, de l'intervention auprès des petites et moyennes entreprises industrielles ou encore de la jeunesse.

«J'ai été membre du Parti Socialiste. Il y a plus d'anciens adhérents du Parti Socialiste qui de membres du Parti Socialiste. Je fais partie de la majorité socialiste, c'est à dire celle qui n'est pas dans le Parti Socialiste mais qui est très proche de la majorité sociale de la région, c'est à dire de citoyens, qui ont un travail ou qui n'en ont pas, qui espèrent d'une majorité de gauche qu'elle puisse vraiment changer une partie de leur vie. Plus le Temps des cerises sera haut, plus cela favorisera l'union des gauches. Voter pour le Temps des cerises, c'est finalement rendre possible l'union des gauches donc une forme d'alternative car il y a de nouvelles idées qui vont irriguer cette gauche dans la Bourgogne-Franche-Comté», explique Laurent Grandguillaume.

«Le programme porté par le Temps des cerises est clairement dans le camp du Progrès»


«Est-ce que certaines mesures prises en direction des catégories populaires ont amélioré leur quotidien ?» interroge Laurent Grandguillaume à propos du «progressisme» affiché par Denis Thuriot, candidat de la majorité présidentielle. «Ce n'est pas le cas», assure-t-il aussitôt. «Le programme porté par le Temps des cerises est clairement dans le camp du Progrès», insiste le socialiste. «Il n'y a pas, aujourd'hui, de capacité de battre le RN, sur le fond, hors une union des gauches», estime Laurent Grandguillaume.

«On travaille pour l'égalité entre la ruralité et la vie citadine»


«Les gauches ont trop longtemps abandonné le terrain des campagnes, de l'espace rural, des petites villes, des sous-préfectures, des chefs-lieux de cantons... toutes ces villes qui n'existent pas dans la cartographie des grands appareils parisiens. On est la région la plus rurale de France. Il y a 55% des Bourguignons-Francs-Comtois qui vivent dans des villages. La rando, c'était aussi l'idée d'aller vers ces gens-là et leur dire clairement : la gauche est de retour vers eux. (…) Si ce n'est pas la gauche qui s'occupe d'eux, il y a une certitude que j'ai, c'est que ce n'est pas les droites d'une façon générale. De Macron à Le Pen, il y a au moins une chose qui les rassemble tous, c'est l'acceptation d'une loi : le droit du plus fort. (…) S'il n'y a pas des amortisseurs, des services publics, ces territoires sont voués à la disparition et les gens ne le supportent plus», analyse Bastien Faudot.

Un retour vers la ruralité qui apparaît «essentiel» à Patricia Marc (LFI), numéro une de la section de la Côte-d'Or pour la liste régionale et, par ailleurs, candidate aux élections départementales sur le canton de Chenôve. «On travaille pour l'égalité entre la ruralité et la vie citadine», insiste l'Insoumise.

«Je suis sur un canton à la fois urbain, périrubain et rural», signale Christine Renaudin-Jacques à propos du canton de Talant, «j'ai cette chance d'avoir la panoplie complète». «La thématique partagée par tous ces types de territoires, c'est la désertification des services publics, de l'offre de santé, de la vie globalement», alerte-t-elle en donnant l'exemple de bureaux de poste supprimé à Talant et à Sombernon.

«On a un RN qui ne propose rien et qui surfe juste sur la colère»


Plutôt qu'une dichotomie urbain/rural, Sophie Taillé-Polian préfère évoquer des «territoires de relégation, avec des caractéristiques différentes, qui n'ont plus accès à leurs droits». La coordinatrice de Génération.s brandit les services publics et les associations comme «solutions». À ses yeux, la majorité présidentielle a «mis en difficulté les associations en retirant les contrats aidés» et a «contribué à détruire les services publics». En face, «on a un RN qui ne propose rien et qui surfe juste sur la colère. Avec la liste du Temps des cerises, on a une construction collective d'un projet qui a vraiment des réponses concrètes. (…) Il faut réinventer une nouvelle façon de faire et le service public est au cœur de ça».

«Le projet politique des libéraux est d'organiser l'affrontement entre les pauvres et les très pauvres»


«La gauche a tellement reculé par le passé face à l'offensive libérale qu'elle a besoin aujourd'hui de se souder, (…) c'est fondamental pour qu'elle ne lâche plus un centimètre carré de terrain sur ces questions-là», rebondit Bastien Faudot qui laisse volontiers ses soutiens s'exprimer.

Alors que la crise sanitaire a remis sur le devant de la scène la redistribution et la dépense publique comme soutiens respectivement à l'emploi et à la relance de l'activité économique, le discours rigoriste sur le niveau d'endettement du pays s'est atténué, qui plus est dans un contexte de taux d'intérêt particulièrement faibles sur les marchés obligataires.

Dans ce cadre, Bastien Faudot incite à préférer l'original à la copie en quelque sorte : «si vous avez le choix entre des gens qui tiennent le même discours aujourd'hui, je vous recommande vigoureusement de choisir ceux qui tiennent le même depuis vingt ans et pas ceux qui, à la faveur des événements, ont pu bouger pour de pures raisons politiciennes leurs discours pour plaire à l'électeur dans des circonstances compliquées. (…) Oui, ils ont changé le temps de la crise, on entend déjà Bruno Le Maire [NDLR : ministre de l’Économie] expliquer que 'quoiqu'il en coûte, maintenant la plaisanterie a assez duré. (…) Ils sont indécrottables, ces gens-là !».

«Le projet politique des libéraux est d'organiser l'affrontement entre les pauvres et les très pauvres», selon le candidat. «On est là pour leur dire : 'cette histoire n'est pas finie, on n'est pas là pour organiser notre survie, on est encore là pour changer la vie'», glisse-t-il en référence au nom du programme socialiste adopté en 1972.

«L'acte politique citoyen a besoin d'un relais»


Autour de la tête de liste se trouve Pauline Ternon (Nouvelle Donne) qui est directrice de campagne et colistière en Côte-d'Or. «À côté, j'ai travail, j'ai deux enfants et je me bats pour cette liste parce que j'y crois», signale-t-elle pour donner un exemple de «l'engagement» des colistiers.

«L'acte politique est quotidien, il est collectif», déclare Lilian Brenot, lui aussi colistier de Côte-d'Or, qui a contribué à organiser la journée. «L'acte politique citoyen a besoin d'un relais parce que le collectif peut être une barrière ou un formidable accélateur», indique le militant syndical qui voit dans les initiatives menées à Mâlain «la preuve que l'on peut faire autrement et qu'il ne faut pas se résigner».

Bruno Léon (Génération.s) est colistier en Côte-d'Or. Il met en avant la diversité «sociologique et générationnelle» des membres de la liste régionale.

Est présent également Denis Lamard (GRS), conseiller régional sortant et numéro un de la section départementale de la Saône-et-Loire. Se faisant discret, il laisse la parole aux Côte-d'Oriens.

«Miser massivement sur la qualité de ce qui doit aller dans l'assiette»


«La Région, à travers sa politique d'aides économiques et d'aménagement du territoire peut être un acteur qui pèse», déclare Bastien Faudot après un échange avec la fondatrice de la ferme de la Cocotte d'Or qui produit des œufs bio à Mâlain.

Et d'ajouter : «encore faut-il que la Région accepte de redevenir une institution politique dans les relations avec l’État, dans les relations avec les autres acteurs – on parlait tout à l'heure de la SAFER – parce qu'on ne va pas s'en sortir les uns contre les autres. C'est une région de 2,8 milliards d'habitants, ça ne pèse pas lourd au regard des grandes régions métropolitaines en Europe. Le risque pour la Bourgogne-Franche-Comté, c'est qu'elle bascule dans la diagonale du vide et qu'elle ne soit même plus sur la carte. (…) Il y a des richesses humaines, territoriales formidables ; on a des atouts considérables, (…) on a des terroirs exceptionnels. Il faut qu'on travaille la question de la montée en gamme. On doit miser massivement sur la qualité de ce qui doit aller dans l'assiette. (…) Je propose qu'on mette en place un vrai établissement public foncier régional pour venir en aide y compris sur les parties agricoles».

Jean-Christophe Tardivon

D'anciens socialistes soutiennent le Temps des cerises


Laurent Grandguillaume s'exprime pour «mobiliser les citoyens»


L'association Risomes «redynamise l'agriculture et relocalise l'alimentation»


L'agriculture «bio, paysanne et locale» pour créer des emplois


La microbrasserie de la Roche Aigüe



























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