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23/06/2021 21:19

DÉPARTEMENTALES : «Notre programme, c'est j'aime Dijon, en Côte-d'Or, passionnément», glisse François Sauvadet

«Rebsamen n'est pas l'héritier de Poujade», s'est agacé François Sauvadet qui a réuni les binômes dijonnais soutenus par la Côte-d'Or Passionnément pour réagir à la cérémonie de ce mercredi 23 juin et «répondre point par point» à «la campagne de désinformation» attribuée à François Rebsamen.
«Campagne de désinformation», «manœuvres», «mensonges»... les mots sont durs, le ton est déterminé. Ce mercredi 23 juin 2021, François Sauvadet (UDI) livre une charge farouche contre François Rebsamen (PS) dans le cadre de la campagne pour le second tour des élections départementales du 27 juin prochain.

Le premier est président sortant du conseil départemental de la Côte-d'Or, le second est maire de Dijon et président de Dijon Métropole. Les relations entre les deux hommes politiques sont particulièrement conflictuelles depuis le transfert de compétences entre le Département et la Métropole consécutif à l'application de la loi NOTRé promulguée durant le quinquennat de François Hollande.


Des interactions entre les deux campagnes électorales


Sur le canton de Semur-en-Auxois, en binôme avec Martine Eap-Dupin, François Sauvadet a été réélu dès le premier tour malgré la faible participation. Le centriste ne souhaite pas s'impliquer plus avant dans le second tour des élections régionales bien que des proches figurent sur la liste conduite par Denis Thuriot (LREM). Tout juste indique-t-il vouloir faire «barrage à l'extrême-droite comme à l'extrême-gauche».

De son côté, François Rebsamen appuie des conseillers municipaux se présentant aux élections départementales dans le cadre d'un accord liant socialistes, communistes et écologistes. Aux élections régionales, François Rebsamen appelle à la «victoire de la gauche» en soutenant la liste conduite par Marie-Guite Dufay (PS) bien que certains de ses adjoints dijonnais soient présents, eux aussi, sur la liste de Denis Thuriot ; leur particularité est d'être membres du Modem, un allié de La République En Marche au niveau national.

«Rebsamen n'est pas l'héritier de Poujade»


Alors que la campagne électorale se durcissait déjà en découvrant les résultats du second tour, l'inauguration d'une plaque rendant hommage à Robert Poujade à l'auditorium de l'Opéra de Dijon ce mercredi 23 juin 2021 a fait réagir François Sauvadet qui a réunit ce même jour les binômes qu'il soutient sur les six cantons dijonnais pour une conférence de presse commune. François Sauvadet signale «ne pas avoir été invité» à la cérémonie (lire notre article).

«C'est scandaleux pour l'idée qu'on doit avoir en partage de la République et de l'hommage que l'on doit rendre. Je n'en nourris pas d'amertume, je le constate. La mémoire, ça mérite mieux que des affaires politiciennes d'entre-deux tours», s'agace François Sauvadet.

«J'aurais préféré que l'hommage se rende hors campagne, hors entre-deux tours. D'un côté, il plaide pour Madame Dufay, (…) de l'autre, il organise un événement pour dire qu'il est l'héritier de Robert Poujade. Ce n'est pas sérieux. (…) Vouloir capter l'hommage, c'est falsifier l'histoire quelque part. (…) Je pense que c'est électoraliste, (…) c'est détourner une image à son propre profit entre les deux tours mais personne ne sera dupe : Rebsamen n'est pas l'héritier de Poujade», assène-t-il.

«François Rebsamen veut tous les pouvoirs sur Dijon»


C'est donc à une contre-attaque qu'entend se livrer François Sauvadet en s'exprimant entouré des candidats qui doivent encore affronter le second tour. «C'est un appel à la mobilisation et c'est pour dénoncer la campagne que l'on vient de vivre depuis plusieurs mois, une campagne de désinformation, de manœuvres, de mensonges de François Rebsamen et de son équipe», déclare-t-il d'emblée.

«La démocratie gagne beaucoup à ce qu'on avance projet contre projet, quand on dit ce qu'on veut pour la Côte-d'Or, pour Dijon. Ce que j'ai observé, c'est que François Rebsamen a un seul projet depuis ces derniers mois, c'est de critiquer le Département dans tout ce qu'il fait. Il passe son temps à dire qu'on n'aime pas Dijon. (…) C'est proprement scandaleux ! Ce qu'on n'aime pas, je le dis aux Dijonnaises et aux Dijonnais, ce qu'on n'aime pas, c'est sa mise sous coupe réglée de la Ville, c'est cette conception de la démocratie captée que l'on n'aime pas», développe le centriste.

«Il ne s'occupe que de Dijon, je ne sais pas où sa vision de la Côte-d'Or, je ne sais pas d'ailleurs où est sa vision régionale parce qu'il considère que Madame Dufay est la banquière de la Ville de Dijon. (…) Il veut tous les pouvoirs sur Dijon», estime François Sauvadet.

François Sauvadet demande des comptes sur la prévention spécialisée


Le conseiller départemental réélu souhaite ainsi «répondre point par point» en commençant par la prévention spécialisée, sujet conflictuel s'il en est, qui est souvent revenu dans les prises de position des candidats et que, notamment Samia Djemali avait développé en début de campagne (lire notre article) après que Nathalie Koenders a lancé les hostilités (lire notre article).

«La prévention spécialisée, c'est être au cœur des quartiers les plus sensibles pour essayer de prévenir les risques. Ça fait exactement un an et demi que Monsieur Rebsamen a pris la compétence de la prévention spécialisée et en boucle ses adjoints continuent de dire 'que fait le Département pour la prévention spécialisée', c'est scandaleux ! Il l'a voulue, qu'il l'assume ! On lui verse 280.000 euros par an pour cette compétence, qu'est-ce qu'il en fait ? Je lui demander aujourd'hui des comptes», tacle le président sortant.

«En réalité, il n'a pas développé le service parce qu'il n'en voulait pas. Il a mis dans les quartiers un système en place avec des hommes qu'il maîtrise de A à Z en créant une association ad hoc», juge François Sauvadet.

Le tourisme en compétence partagée


Chaque collectivité du mille-feuille territorial peut s'emparer des enjeux touristiques sans exclusivité afin de promouvoir son échelon de territoire.

Ainsi, Dijon Métropole a développé un Établissement public à caractère industriel et commercial – Destination Dijon qui a lancé la marque territoriale Just Dijon – ayant repris les missions de l'office de tourisme. La Métropole a donc sollicité la compétence touristique.

«On lui verse 414.000 euros par an pour assurer une mission de tourisme que le Département assurait à ses côtés», signale François Sauvadet.

«Nous avons aidé pendant cette période de crise 4.200 familles à Dijon»


«[François Rebsamen] veut faire croire aux Dijonnaises et aux Dijonnais que le Département ne fait rien à  Dijon», s'agace François Sauvadet qui ajoute que «c'est méprisant pour nos 1.200 agents qui assurent les missions sociales au plus près des plus fragiles. Nous avons aidé pendant cette période de crise 4.200 familles à Dijon. Nous avons débloqué un plan de soutien et de solidarité de 32 millions d'euros. Nous avons multiplié par dix l'aide alimentaire», martèle le président sortant.

«Nous assurons à Dijon et dans la Métropole, 95% des missions sociales dans nos agences de solidarité», ajoute-t-il.

François Sauvadet défend également son bilan en matière de soutien aux associations sportives durant la crise sanitaire, soulignant la «période complexe» du club de foot DFCO.

«Si la Vapeur sort de ses murs, on les aidera»


Alors que les élus de la majorité municipale dijonnaise insistent régulièrement sur le fait que le Département ne subventionne plus ni la Vapeur ni l'Opéra, François Sauvadet signale que «si la Vapeur sort de ses murs, on les aidera, je n'aime pas la culture qui reste dans ses lieux. Pour moi, Dijon doit rayonner. C'est une ville qui doit s'ouvrir sur l'extérieur».

«Avant, nous avions des mini-opéras qui allaient dans tout le département. Le précédent directeur n'en voulait plus. (…) Nous sommes en train de discuter avec l'Opéra», indique-t-il alors que l'Opéra de Dijon envisage de se relancer pour la prochaine saison en commençant par être «une belle maison de quartier» (lire notre article).

Ça coince sur le corner de la Cité de la gastronomie


Autre grief, la place accordée au Département au sein de la Chapelle des climats de la Cité internationale de la Gastronomie et du Vin : «on m'a demandé un financement de trois millions d'euros en proposant pour les producteurs de la marque 100% Côte-d'Or un corner de cette taille et sans même que le nom figurât [NDLR : un espace large comme la pièce de la brasserie du Marais où se déroule la conférence de presse]. (…) J'attends de nouvelles propositions».

Chargé du suivi du dossier, l'élu métropolitain François Deseille a indiqué que les produits de Franche-Comté seront présents dans la chapelle, la Région ayant contribué au financement de la CIGV (lire notre article).

«Un projet d'un Département exemplaire de ce nouvel équilibre qui est à construire»


Alors que ce n'était pas le cas pour tous les binômes au premier tour, François Sauvadet annonce que les six binômes dijonnais en question sont dorénavant soutenus «sans réserve» par le microparti qu'il a fondé, la Côte-d'Or Passionnément : Clémentine Barbier (sans étiquette) et François-Xavier Dugourd (LR) sur Dijon 1, Agnès Livera (LR) et Axel Sibert (LR) sur Dijon 2, Julie Bligny (sans étiquette) et Stéphane Chevalier (Agir) sur Dijon 3, Anne Erschens (divers droite) et Ludovic Rochette (divers droite) sur Dijon 4, Bruno David (LR) et Caroline Jacquemard (LR) sur Dijon 5, Samia Djemali (sans étiquette) et Valentin Louot (LREM) sur Dijon 6.

«Ils se battent pour un projet départemental d'équilibre. On a besoin de la vitalité de la ville. On a besoin de son université, de son CHU. On a besoin aussi de la campagne. (…) C'est un projet d'un Département qui veut devenir exemplaire en France de ce nouvel équilibre qui est à construire. La bétonisation, plus personne n'en veut», explique le président de la Côte-d'Or Passionnément.

«Les violences urbaines sont là, je ne les pointe pas mais je ne les nie pas. Je connais aujourd'hui trop bien les conséquences de l'urbanisme sur la vie des gens. Je pense qu'il faudrait qu'il revoie complètement la vie des prochains cinquante ans du XXIème siècle. L'urbanisation croissante sera sources de graves difficultés dans Dijon. Nous y sommes déjà avec les violences urbaines», envisage le centriste.

L'enjeu d'un «contre-pouvoir» à Dijon


«François Rebsamen veut concentrer tous les pouvoirs. (…) Rebsamen, c'est just Dijon. C'est un peu juste comme programme. Notre programme, c'est j'aime Dijon, en Côte-d'Or, passionnément», glisse François Sauvadet.

«Cette conception de la vie politique est archaïque, elle est restée dans les années 1960, elle plombe le débat public. J'attends que l'on ait une vision beaucoup plus ouverte de la Ville de Dijon en Côte-d'Or», assène-t-il.

François-Xavier Dugourd va dans le même sens en développant les actions réalisées par le majorité sortante durant la mandature qui s'achève. Pour le candidat, l'enjeu est d'établir un «contre-pouvoir» au maire de Dijon pour que «le conseil départemental ne soit pas une annexe de la Ville de Dijon mais un véritable partenaire au quotidien pour l'ensemble des habitants et des acteurs de Dijon».

«Ouvrons les fenêtres», lance Ludovic Rochette qui signale que les six binômes se soutiennent entre eux, se retrouvant dans «les valeurs de la droite et du centre». Le candidat met en avant un «risque de fracture» entre Dijon et le reste de la Côte-d'Or : «tout le monde serait perdant» car «se replier sur soi-même, c'est faire le jeu des extrêmes». «Le conseil départemental doit travailler avec la Métropole, l'inverse aussi. (…) On a tout pour faire une belle Côte-d'Or», insiste-t-il.

Pour sa part, Samia Djemali demande aux Dijonnais d'«ouvrir les yeux» en évoquant une «emprise» sur le canton Dijon 6. Ce qui fait réagir François-Xavier Dugourd : «on a même menacé un ex-député PS parce qu'il a le malheur de nous soutenir et il dénonce le système sectaire de la Ville de Dijon», indique-t-il à propos de Laurent Grandguillaume qui a expliqué sa position à Infos Dijon durant la campagne de premier tour (lire notre article). «C'est très triste d'en arriver là», déplore Clémentine Barbier.

«Nous avons une vision complètement partagée de voir Dijon reprendre toute sa place dans cette vision de l'avenir en commun», conclut François Sauvadet qui fait même référence à Anne Hidalgo (PS), maire de Paris, concernant la «désimperméabilisation des sols», sujet qui intéresse le président du comité de bassin Seine-Normandie.

Derniers jours de campagne


Pour les quelques jours de campagne d'ici vendredi soir, les binômes dijonnais ne tiendront pas de meeting bien que la possibilité d'organiser des réunions publiques soit de nouveau offerte par le déconfinement.

Les candidats entendent porter le projet commun de la Côte-d'Or Passionnément chacun leur canton respectif car, selon François Sauvadet, «chaque quartier compte, chaque rue compte, chaque habitant compte».

Jean-Christophe Tardivon























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